lundi 18 mars 2019

Toutes les couleurs de Santiago de Cuba




Santiago de Cuba


Pour tous ceux qui cherchent le côté pratique, abordable et relaxant du tout-inclus des Caraïbes mais qui ne veulent pas rester confiner dans leur «resort» pour mieux rayonner sur la région, c'est la destination idéale à laquelle, pourtant, on ne songe pas assez souvent. Entre mer et montagnes, pour amateurs de plages, de plongées ou de randonnées et tout près d'une ville historique résolument colorée, j'ai adoré!


Pourquoi Santiago de Cuba ?

Avant de faire le choix de mon premier voyage de l’année, j’avais quelques critères de sélection. D’abord, bien évidemment, je voulais du soleil, des plages et de la chaleur pour fuir l’hiver. Ensuite, je visais une destination que je ne connaissais pas, à peu d’heures de vol de Montréal (lorsqu’on ne part que pour une petite semaine, on ne veut pas perdre trop de temps dans un avion). Je souhaitais découvrir une ville au passé historique mais avoir aussi la possibilité de randonner en montagne. Enfin (et non le moindre), je cherchais une destination abordable (partir 3 mois, un an auparavant, ça laisse des traces dans un compte en banque quand même)!

J’ai hésité sur bien des pays du sud avant de fixer mon choix mais en me renseignant un peu plus sur Santiago de Cuba et surtout, en voyant les prix affichés pour une semaine en février, j’avais définitivement trouvé mon coin de paradis! Je connaissais déjà Cuba, destination plutôt banale pour nous, québécois, mais pas du tout le bout de l’île qui s’est finalement avéré un excellent choix. Et Cuba est probablement l’un des pays les plus sécuritaires qui soit, ce qui n’est jamais à négliger lorsqu’on cherche farniente et escapades en solo.



Pourquoi un tout-inclus ?

Voyageurs purs et durs, fuyez maintenant! Parce que moi, je n’ai absolument rien contre les tout-inclus! En France, j’avais passé suffisamment de temps à gérer la location d’hébergements pour chaque ville, à organiser mes déplacements et mes transferts, à prendre en charge les repas, je n’en avais pas du tout envie cette fois-ci. Une fois de temps en temps, le tout-inclus rend la vie plus simple l’espace de quelques jours et permet tout de même de rayonner sur une région à moindre coût ou, si vous préférez, de passer sa journée allongé sur un transat.

Je crois que tous les tout-inclus du monde finissent par se ressembler! Entre la plage et les piscines, entre les différents bars et les restaurants à la carte, on y croise les retraités à la peau basanée par leurs trois dernières semaines au soleil, les petites familles adeptes de pédalo et de crème-glacées, le G.O. du club trop enthousiaste criant toujours trop fort dans son micro ou la horde de post-ados dont le but premier est de rester debout le plus de jours d’affilés en calculant le nombre de cocktails roses ingurgités! Mais lorsque, certains jours, tes principaux dilemmes se résument à plage ou piscine, pizza ou crevettes, mojitos ou pina coladas, tu ne te prends pas trop la tête avec les éléments extérieurs! Et surtout, ici, j’ai facilement pu profiter de moments calmes…



L’hôtel Club Amigo Carisol Los Corales

Trois raisons m’ont fait choisir cet hôtel. En premier lieu, la possibilité de prendre une navette gratuite pour la ville de Santiago de Cuba qui consiste en un bus qui nous amène au centre-ville en avant-midi et nous y laisse libre avant de nous ramener au resort en fin de journée (mais attention, la navette n’est disponible que le samedi). Malgré le fait qu’on nous avait dit qu’il fallait réserver une place très limitée sur le bus dès l’arrivée (place obtenue surtout parce que j’étais seule et parce que j’étais très gentille avec la fille des réservations), l’hôtel a tout de même ajouté d’autres autobus le matin du départ pour accommoder tous ceux qui désiraient se rendre en ville. La proximité du Parc de Baconao a aussi pesé dans la balance. À quelques pas face à l’hôtel, plusieurs sentiers permettaient d’aller se balader en montagnes. Mais c’est surtout le prix qui a fait la différence. J’ai payé $800 en occupation simple (vols, hébergement, repas, alcool et transferts inclus) pour une semaine en février réservée environ 3 semaines plus tôt auprès de Sunwing. Pour $80 de plus, j’ai réservé une chambre dans un bungalow avec vue sur la mer, la meilleure décision qui soit parce que, parfois, il faut bien peu pour qu’un endroit devienne un coup de coeur!

Les jolis bungalows colorés font face à la mer et suite à la lecture d’un commentaire sur un site de voyage, j’ai demandé à être installée au 2e étage. Je n’avais pas seulement qu’un balcon intime avec vue, j’avais une terrasse pour moi toute seule et y prendre son café le matin débutait vachement bien la journée! C’était aussi l’endroit parfait pour finir certaines soirées tranquillement, sous la lune et les étoiles, bercée par le bruit des vagues.

Adeptes d’hôtels 5 étoiles, fuyez maintenant! Par contre, si vous ne vous embarrassez pas trop de luxe et de haute gastronomie, l’hôtel a tout pour vous plaire : propre, bons services, personnel et clientèle sympathique, à un peu moins d’une heure de l’aéroport, entre autres. Le resort est séparé en deux parties. La partie Carisol où je me trouvais et la partie… Los Corales (bon, c’était pas très difficile à deviner quand même^^)! La partie Los Corales est plus jolie, moins vieillotte et plus fleurie (il y a même des canards dans l’étang du lobby) mais j’ai préféré Carisol où les chambres (et les balcons) ont plus d’intimité et de tranquillité. Bien sûr, on ne fréquente pas Cuba pour sa gastronomie mais j’ai toujours bien mangé à cet hôtel. J’ai connu mieux mais j’ai connu bien pire aussi! Le buffet de Los Corales est plus fourni et meilleur mais les touristes installés à Carisol ont aussi accès aux bars et restaurants de l’autre côté. Mention spéciale pour les plus difficiles d’entre vous, le midi à Los Corales, on vous sert des pâtes sauce bolognaise avec une montagne de fromage et des pizzas cuites au four à bois.

La plage se situe entre les deux parties (tout comme la terrasse couverte qui sert à la fois de snack-bar et de discothèque le soir venu). Attention, ici ce n’est pas la plage typique de Cuba, blanche et infinie. Elle est plus rocailleuse mais encastrée par une barrière de corail parfaite pour la plongée. On m’avait recommandé de porter des souliers d’eau mais je n’ai pas vu une grande différence avec mon lac. À considérer seulement si vous avez de petits pieds sensibles! Un gros avantage à cette plage c'est qu'elle est passablement boisée par les palmiers alors nul besoin (comme dans bien d’autres tout-inclus) de se disputer un coin à l’ombre d’un palapa dès 7h du matin et la vue sur les montagnes au loin est absolument magnifique!

La plage de l'hôtel Club Amigo Carisol Los Corales

Hôtel Club Amigo Carisol Los Corales



Toutes les couleurs de Santiago de Cuba :
récit personnel

Tout a commencé au milieu d’une nuit d’hiver. Vous savez cette méga-tempête le mois passé, le snowmageddon québécois qui a duré 3 jours??? Et bien bingo, c’est ce matin-là que je partais! Près de quatre heures de route pas vraiment déneigée au milieu de la nuit sur la 40 à 60 km/heure pour enfin rejoindre l’aéroport. Mais puisque j’ai un karma de fou, je me suis rendue à l’heure, plutôt fatiguée mais saine et sauve, avec une toute petite heure de retard sur mon vol (finalement avec le dégivrage pis toute, pis toute, on a quitté Montréal avec 2 heures de retard) mais vu les circonstances, c’était trrrès acceptable (on aurait reporté le vol au lendemain que j’étais trop KO pour protester)! Vous aurez compris qu’à ce moment même, je rêvais encore plus de quitter cet hiver! Quelques petits cafouillages plus tard en sol cubain (haaa l’efficacité cubaine lorsqu’il s’agit de gérer la récupération d’un nombre élevé de bagages^^), je me retrouve enfin dans ma chambre d’hôtel et parce qu’il fait déjà nuit, je devrai attendre le lendemain matin pour admirer la vue de mon précieux balcon!


La vue de mon balcon (pardon, ma terrasse) au lever du soleil!


Santiago de Cuba : relaxante

Santiago de Cuba est bleue. Bleue comme le ciel et la mer des Caraïbes qui se rencontrent à l’horizon. Bleue comme ces balades du matin le long de la côte à ne rien faire d’autre que d’observer le ressac sur les rochers ou les vautours voletant là-haut à la recherche d’un poisson échoué. Et bleu comme ces longues heures à la plage à plonger dans les histoires des autres à Bangkok, Acapulco ou Paris (lire, entre autres, Hemingway à Cuba, ça ne s’invente pas mais non, ce n’était pas Le vieil homme et la mer) entre deux plongées dans le grand bleu! Parce qu’on va se le dire, une semaine à Cuba, c’est aussi, beaucoup, des journées entières à relaxer sous un cocotier…



«Bleue comme ces balades du matin le long de la côte à ne rien faire d’autre que d’observer le ressac sur les rochers…»


Lorsqu’on débarque dans un tout-inclus, il est très, très (très) important de se mettre en mode «cool». Pas la peine de s’énerver parce que vous perdez 10 minutes en ligne afin de réserver une table au restaurant à la carte de l’hôtel, vous avez toutes les vacances devant vous (fait vécu jusqu’à ce que je demande cordialement à l’impatient en question s’il préférait être ici pendant quelques minutes ou pelleter son entrée au Québec^^). Pas la peine non plus d’être agacé lorsqu’un déluge s’abat sur la région. Ça finit par passer. Même si vous êtes accoudé au bar du lobby, café espagnol à la main et qu’une gentille famille vient chercher de nouveaux draps parce qu’il pleut dans leur chambre. Restez calme surtout, sans vous croire au-dessus de ça parce que vous, on le sait tous, vous logez dans un bungalow. Même les plafonds des jolis bungalows peuvent fuir lamentablement (c’est exactement le moment où vous devriez retourner à votre chambre pour sauver vos effets personnels et votre lit^^). Quelques serviettes feront le travail jusqu’au lendemain (désolée pour la télé inondée par contre)!





Santiago de Cuba : vivante

Santiago de Cuba est jaune. Jaune comme son architecture coloniale colorée visible à chaque coin de rue. Jaune comme le soleil qui se dresse fièrement au loin sur le port qu’on admire depuis la terrasse de l’hôtel Casa Grande en sirotant un mojito bien mérité. Jaune comme tous ces parcs et quartiers de la ville grouillant de vie sous la chaleur, qu’elle soit douce ou accablante, selon votre degré d’endurance! Jaune comme ces bananes plantains parfaitement salées qu’on avale trop vite. Et jaune comme l’odeur des cigares, symboles du pays, qu’on achète, parfois, en catimini après le repas…


Le rooftop de l'hôtel Casa Grande 


«Jaune comme son architecture coloniale colorée visible à chaque coin de rue.»


Lorsqu’on débarque à Santiago, impossible que notre teint pâle ne nous trahisse pas! Que ce soit au Parc Dolores, au Parc Cespedes (les deux parcs les plus touristiques de la ville) ou simplement en déambulant dans ses rues, on est bien souvent assailli par plusieurs habitants tentant de nous offrir leurs services de guide, de nous vendre un porte-clé ou une ceinture de cuir, de nous demander savon ou shampoing ou de nous proposer la meilleure table du coin. Si ça ne vous intéresse pas, soyez fermes tout en refusant poliment et n’ayez crainte, Cuba reste toujours très sécuritaire. Mais oubliez le «no comprendo, habla francés» parce que vous serez bien surpris de constater qu’ils baragouinent bien souvent un peu de français! Sachez aussi qu’après les nombreux embargos qu’a subis la population, les cubains manquent cruellement de produits hygiéniques de base alors qu’ils sont un peuple très fier. Si vous le pouvez, lorsque vous vous déplacez dans les zones où ils vivent, pensez à traîner savon, serviettes sanitaires, lunettes de soleil ou cette jolie paire de shorts dans laquelle vous ne rentrez plus. C’est souvent suffisant pour vous faire des amis fidèles.





Santiago de Cuba : historique

Santiago de Cuba est rouge. Rouge comme ce léger vertige en grimpant dans le clocher de la cathédrale (d’où la raison du mojito ci-dessus) achevée en 1526 mais reconstruite au rythme des séismes touchant la région. Rouge comme ces voitures emblématiques qui traînent à leur suite des relents de nostalgie américaine. Rouge comme la moiteur ressentie en montant cet escalier plus que centenaire qui vît d’anciens expatriés français et haïtiens s’installer sur son parcours. Rouge comme ces rythmes caribéens, reconnus mondialement et nés dans les rues de cette ville. Et rouge aussi comme le sang versé dans cette ancienne capitale, haut-lieu de l’indépendance du pays chèrement acquise contre l’Espagne ou de sa révolution menée durement par cet ancien chef qu’on n’a même plus besoin de nommer et qui repose maintenant ici pour l’éternité.




«Rouge comme la moiteur ressentie en montant cet escalier plus que centenaire…»


Se promener dans les rues de Santiago de Cuba, c’est marcher le nez en l’air et tomber sur des petits trésors d’architecture. C’est aussi fendre la foule sur cette rue piétonne bordée de vendeurs itinérants. C’est gravir l’escalier Padre Pico pour s’engouffrer dans Tivoli, ancien quartier français de la ville. C’est atteindre le mirador du Balcon de Velasquez qui permet d’avoir la meilleure vue sur la baie. C’est flâner sur la terrasse d’un café (oui, les mojitos, c’est la vie) pour se retrouver un peu malgré nous devant une représentation des talents de magicien d’un hurluberlu local. C’est aussi avoir faim et accepter la proposition de restaurant de ce rabatteur qui vous amène sur le toit d’un immeuble pour déguster salade, poisson et crevettes et où l’on se surprend à découvrir une agréable et excellente adresse. 





Santiago de Cuba : sauvage

Santiago de Cuba est verte. Verte comme la Sierra Maestra qui se dresse fièrement dans le décor de la région. Verte comme les montagnes du Parc Baconao qui se déploient devant nos yeux comme une vague infinie au cœur d’un monde sauvage. Verte comme l’environnement de ses paysans réfugiés dans ces paysages vallonnés que l’on devine derrière leurs clôtures de cactus ou bien derrière les vêtements sur la corde séchant au soleil. Verte comme l’herbe brûlée recherchée par les troupeaux de chèvres qui descendent des montagnes jusqu’aux terrains de l’hôtel en après-midi. Et verte comme sa faune domestique, curieuse ou fantaisiste, attachante et étonnante.




«Verte comme les montagnes du Parc Baconao qui se déploient devant nos yeux comme une vague infinie au cœur d’un monde sauvage.»


La randonnée dans les montagnes du Parc Baconao est facilement accessible à tous les types de randonneurs. À partir de l’hôtel, on n’a qu’à traverser la route pour accéder aux sentiers. De là, vous pouvez marcher pendant plusieurs kilomètres sur des chemins de terre battue. Impossible de vous perdre, même les paysans les traversent en chevaux ou les descendent à pied tous les jours pour venir travailler en ville. Après avoir franchi la première montagne, le paysage qui s’étend alors devant moi est simplement magnifique! À perte de vue, un décor tourmenté mais poétique. Plusieurs cubains habitent ces contrées. Je longe souvent de modestes propriétés paysannes et ma plus grosse surprise est de constater la présence des lignes électriques qui les relient entre elles au-delà des sommets. Après avoir atteint l’un de ces promontoires, j’aperçois la mer au loin. Instant magique. N’oubliez pas d’apporter une bonne réserve d’eau. C’est qu’il fait rapidement chaud ici.






Santiago de Cuba : surprenante

Santiago de Cuba est rose. Rose comme toutes ces fleurs qui font un bien fou à photographier au cœur de l’hiver. Rose comme ce ciel si romantique au soleil couchant sur la lagune de Baconao et qui nous surprend à s’extasier sur la beauté du monde au bout du quai. Rose comme le plaisir des pêcheurs à lancer leur filet dans ce bras de mer si paisible. Rose comme le reflet de cette lumière fabuleuse sur la route qui nous ramène ici pour une dernière fois. Rose comme le rayonnement de leur large sourire accueillant et bienveillant mais jamais complètement désintéressé. Et rose comme les fameuses langoustes cubaines fraîchement pêchées du matin pour lesquelles on ferait des milles pour les déguster!




«Rose comme ce ciel si romantique au soleil couchant sur la lagune de Baconao et qui nous surprend à s’extasier sur la beauté du monde au bout du quai.»


C’est complètement sous le charme que j’ai terminé ce voyage et réellement soufflée par la beauté de la scène qui se déroulait devant moi alors, le simple coucher du soleil sur la lagune de Baconao qui se révéla le grand coup de cœur photographique et émotionnel de ces vacances cubaines. Tout avait commencé plus tôt dans la journée. On nous avait dit qu’il était possible de manger de la langouste au restaurant de la laguna (absolument absente du menu de l’hôtel, allez savoir pourquoi)! Et puisque j’avais aussi très envie de voir cette lagune de plus près, je me suis mise à la recherche d’un transport pour m’y rendre. L’hôtel étant à bonne distance de la ville, les taxis se faisant donc plutôt rares, il est nécessaire de prévoir ses déplacements à l’avance. Le truc? Sortir juste à l’extérieur de l’hôtel (du côté Los Corales) où vous serez rapidement repérés! C’est avec Leo que j’ai pu tout négocier (n’hésitez pas à le demander pour organiser vos excursions). La lagune n’est pas très loin (environ 5 km) mais il faut aussi en revenir à la tombée de la nuit. Il m’a donc proposé de nous y guider en calèche (ou plutôt, une petite carriole tirée par un cheval, moyen de transport utilisée partout dans ce coin de pays) à 17h (parce que je voulais absolument voir l’endroit de jour). Insistez beaucoup sur l’heure de votre départ (l’heure cubaine n’est pas toujours au même diapason que l’heure canadienne^^). Mais Leo, sa carriole et son chauffeur étaient bien sur place à l’heure dite! Bon, les crocodiles en cage m’ont fait tiquer mais le déplacement valait toutes les peines du monde. Attention, on ne peut se baigner ici parce que les crocodiles ne sont pas seulement en cage…




Mais nous n’étions pas à une surprise près puisque Leo nous annonce nonchalamment que le restaurant en lequel nous avions mis tous nos espoirs est fermé ce soir-là. Je soupçonne d’ailleurs que notre nouvel ami s’en doutait bien avant notre arrivée puisque lorsque je lui dis qu’il peut nous amener n’importe où en autant qu’il y ait de la langouste, il n’a pas hésité longtemps sur le choix de notre prochain arrêt : le bâtiment anonyme à l’entrée de l’hôtel! Figurez-vous que personne au cours de cette semaine ne nous a mentionné l’existence d’un petit restaurant passant complètement inaperçu à quelques mètres de l’hôtel! Mais Leo le savait bien lui et ça lui a permis alors d'attirer 3 touristes à l’intérieur (oui, on peut dire que Leo a bien joué sur ce coup-là, qu’il s’est probablement mérité la récompense inhérente mais qu’au moins, il a été fiable et nous a donné ce qu’on voulait en échange de quelques pesos et de savon)! C’est donc ici, dans cette petite salle à manger trop peu fréquentée (il n’y avait que deux autres clientes à la table voisine) que s’est terminée cette très agréable semaine cubaine, à s’empiffrer de langoustes, de crevettes et de vin local (lui aussi plutôt surprenant)!





Trois bonnes adresses gourmandes à Santiago de Cuba

Comme j’ai souvent l’habitude, je partage avec vous les quelques bonnes adresses testées et approuvées au cours de ce voyage.

Hôtel Casa Grande (201 Calle Heredia, Santiago, Parc Cespedes) : Pour le bar-restaurant-terrasse sur le toit de l’immeuble. On y sert d’excellents cocktails rafraîchissants et des fruits de mer.

Restaurant Sabor Cubano (156 San Basilio, Santiago, Padre Pico) : Le restaurant est aussi situé sur le toit du bâtiment. Convivial et bonne table. Mention spéciale aux linguines aux crevettes, à la salade fraîche et au poisson à l’escabèche.




Restaurant inconnu : Je n’ai pas noté le nom de l’endroit (honte à moi) mais il est situé tout juste à quelques mètres de l’entrée de l’hôtel du côté Los Corales. Un peu trop éclairé mais les langoustes, les crevettes et leur salsa étaient excellentes (réservation recommandée).


            

Je n’avais pas lu beaucoup de commentaires positifs sur Santiago de Cuba avant de m’y rendre et les articles partagés en ligne étaient bien peu nombreux et souvent trop généraux, se concentrant uniquement sur les points d’intérêt touristiques de la ciudad. Mais j’ai bien fait de ne pas les écouter. Cette région avait vraiment tout pour me plaire : un peu wild mais colorée, vivante et émouvante, pleine de fougue et de caractère mais à la fois calme et rustique. Je m’y suis éclatée! À bientôt Santiago de Cuba (du moins, je l’espère)!

Petit coucou les garçons, si vous passez par ici, pour ces souvenirs partagés et merci de m’avoir accompagnée, plus souvent qu’autrement, dans mes escapades ici et là ou lors des soirées qui s’étirent au bar de l’hôtel et celles où l’on discute de questions beaucoup trop existentielles assis sur mon balcon (oups, pardon, ma terrasse plutôt)! Cette semaine était géniale!  :)



Un autre endroit près de la mer à découvrir??? Pourquoi pas Nerja par ici ou La Ciotat et Cassis par là!


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jeudi 28 février 2019

Poursuivre les gabians aux îles du Frioul



Ornithologie aux îles du Frioul
À la poursuite des gabians


Comme bien souvent en ce premier du mois, je me joins à l’équipe #EnFranceAussi dont le but est de faire découvrir les beautés de la France pour ce rendez-vous mensuel initié par Sylvie du blog Le Coin des Voyageurs. Toutefois, cette fois-ci, le rendez-vous est un peu spécial puisque I’m the boss! Et oui, j’ai eu l’honneur de choisir le thème du mois et parce qu’il n’avait encore jamais été abordé, c’est tout naturellement que j’ai proposé comme sujet : ornithologie! Mais attention, j’avais bien averti mes collègues blogueurs qu’il n’était aucunement nécessaire d’être un ornithologue amateur averti pour participer. La simple découverte d’un parc de quartier où se poser pour entendre chanter les oiseaux remplirait parfaitement la mission. 

Alors, prêts pour découvrir les plus beaux coins de France où admirer différents spécimens ailés??? Ça commence ici!



Je n’aurais jamais cru aimer autant les goélands avant de débarquer sur les îles du Frioul, un peu au large de Marseille. Je vous avais déjà parlé sommairement de l’endroit sur le webzine En France Aussi et ici, sur le blogue mais aujourd’hui, c’est un grand tour de ces îles que je vous propose à la poursuite des gabians. Mais qu’est-ce qu’un gabian me direz-vous? En fait, c’est le surnom, en langue occitane, que donnent les provençaux à ces oiseaux mal-aimés mais qui sont devenus, pour moi, symbole de poésie lors de ce passage à Marseille.



Avant d’y être, je ne connaissais de ces îles que le nom du château d’If, mondialement célèbre puisque étant devenu l’illustre prison du comte de Monte-Cristo dans le classique d’Alexandre Dumas, un de mes auteurs fétiches. Mais redonnons à César ce qui lui revient, c’est suite à la lecture de Benoît du blogue Des yeux plus grands que le monde que j’ai eu envie d’explorer ces îles (oui, il le sait déjà mais je le fais plus officiellement ici). Merci Benoît, tu as largement contribué à mon amour pour Marseille puisque c’est ici que j’ai eu véritablement le coup de foudre pour cette région du monde!
  

Seule façon d’accéder aux îles du Frioul, c’est par la navette Frioul Express au départ du Vieux-Port de Marseille. Plusieurs départs par jour lorsque la météo le permet pour le prix de 10,80€ aller-retour (vous pouvez aussi combiner une visite sur l’île d’If et sa prison pour 16,20€).



«…c’est ici que j’ai eu véritablement le coup de foudre pour cette région du monde!»


J’y suis débarquée par une magnifique journée de mai (mais y a-t-il des journées qui ne soient pas magnifiques dans cette ville)??!! Je tombais en plein dans la période de nidification de ces oiseaux. Il faut savoir que cet archipel est un site important pour la reproduction de ces petites bêtes méditerranéennes. Pour être précise, il s’agit de goélands leucophées qui nichent sur les flans de ces falaises de calcaire. De les entendre piailler et les voir voler au-dessus de la mer par milliers nous envoie directement dans une autre dimension. Malgré leur mauvaise réputation, c’est un spectacle fabuleux qui nous y attend! Et observer les bébés faire leurs premiers pas sur ce sol, à quelques mètres de soi, alors qu’on est simplement allongé près de l’eau pour un brin de bronzette, est une expérience passablement intéressante.
  


«De les entendre piailler et les voir voler au-dessus de la mer par milliers nous envoie directement dans une autre dimension. Malgré leur mauvaise réputation, c’est un spectacle fabuleux qui nous y attend!»








Plusieurs autres espèces ornithologiques peuvent aussi être observées aux îles du Frioul. On parle d’espèces marines comme le cormoran ou d’espèces rupestres comme le faucon pèlerin ou le grand-duc d’Europe ou même d’espèces des garrigues telles que le rouge-queue noir ou la fauvette. Mais le gabian reste le principal emblème des îles. Saviez-vous que l’envergure de ses ailes peut atteindre près de un mètre? Qu’il se distingue des autres types de mouettes par ses pattes jaunes? Que le point rouge sur le bec des adultes au printemps est causé par leur progéniture qui y frappe de leur petit bec pour réclamer la nourriture? Qu’il fut une espèce en voie de disparition pas plus tard qu’au début du XXe siècle? Avouez que même si on ne l’apprécie pas particulièrement, son extinction complète rendrait bien plus triste les ports de Provence! En vieillissant, les petits blanchissent pour atteindre leur maturité autour de 4 ans.



«Observer les bébés faire leurs premiers pas sur ce sol, à quelques mètres de soi, alors qu’on est simplement allongé près de l’eau pour un brin de bronzette, est une expérience passablement intéressante.»


Pour profiter de la journée (parce que je crois qu’il faut prévoir toute une journée pour mieux découvrir lentement les îles), je suis arrivée au port du Frioul dès le premier trajet du matin. L’archipel des îles du Frioul est composée de quatre îles : l’île d’If (où se trouve l’ancienne forteresse construite en 1516 devenue rapidement prison puis lieu touristique en 1890), l’îlot Tiboulen, l’île Ratonneau (où se situe les bâtiments historiques mais aussi la principale plage de l’endroit) et l’île Pomègues (parfaite pour la randonnée et plus sauvage). Les deux dernières îles sont reliées entre elles par la digue Berry érigée en 1822 sous Louis XVIII et le port se trouve en plein centre. Bordé de petits cafés, c’est ici que j’ai débuté cette journée, attablée à une terrasse avant de partir en randonnée. Vous pourrez aussi y manger mais je conseille largement de prévoir le pique-nique!

Île d'If et sa célèbre prison



Les deux plus grandes îles ont un passé militaire puisque l’archipel possède une localisation stratégique à l’entrée du port de Marseille et on y voit encore les forts de l’époque tout comme l’hôpital Caroline qui accueillit jusqu’en 1941 les voyageurs mis en quarantaine avant d’atteindre la ville. Elles regorgent aussi de sentiers et de petites calanques, criques ou plages que j’ai pris grand plaisir à traverser, à m’y poser ou à photographier.





D’abord, il y a la calanque de Frioul où je me suis prélassée bien plus longtemps que prévu, complètement seule au monde, puis la plage du Grand Soufre où je me suis assise en laissant mon regard voguer vers l’horizon. Ensuite, la calanque de Morgiret où semblait se rassembler la jeunesse chic de Marseille en sirotant leurs cocktails sur le pont de leur yacht. Enfin, j’ai terminé la journée doucement sur la jolie plage de la calanque de Saint-Estève, lieu familial s’il en est un le week-end. Et partout, si vous êtes un peu trop curieux, les amis gabians vous le feront savoir et tenteront de vous éloigner. C’est qu’ils peuvent être protecteurs de leurs petits ces oiseaux et lorsqu’ils foncent droit sur vous au détour d’un sentier, ça craint!




Et maintenant, j’espère que vous éprouvez vous aussi un nouvel attachement pour les goélands. Ils sont quand même mignons, non??!! Mais surtout, je souhaite vous avoir convaincus d’aller voir les îles du Frioul de plus près. Ça changera peut-être votre vie de voyageur à vous aussi, qui sait…





Pour découvrir tous les autres articles des collègues blogueurs sur le même thème, c’est par ici :

#EnFranceAussi sur le thème « ornithologie » (tous les liens à venir au cours des prochains jours).


Pour d’autres rendez-vous ornithologiques au Québec ou en France, suffit de suivre les liens ci-dessous!






VOUS AIMEZ? ÉPINGLEZ-MOI!

vendredi 8 février 2019

Bâton-Rouge, on y va ou pas ?




Bâton-Rouge
Petits plaisirs touristiques pour apprécier la ville


Un an après être revenue de la Louisiane et vous avoir abondamment parlé de la mythique Nouvelle-Orléans (tous les liens se trouvent à la fin de l’article), je termine enfin le récit de ce petit séjour américain ici! Vous ne vous en rappelez peut-être pas mais avant de déposer mon sac dans cette ville du sud de l’état, j’avais débuté mon escapade cajun par la capitale, Bâton-Rouge, où j’avais d’abord atterri avec plusieurs heures de retard. En débarquant trop tard dans la ville, je n’ai pu passer qu’une seule journée à Bâton-Rouge alors que j’avais prévu d’y passer presque 2 jours. Mais finalement, ce fut suffisant.

On m’avait prévenue avant le départ, Bâton-Rouge est loin d’être un incontournable en Louisiane mais je tenais quand même à aller voir par moi-même. Même s’il s’agit d’une capitale américaine, la ville est très tranquille (surtout en janvier) et beaucoup plus industrialisée que je ne me l’imaginais. Toutefois, elle est très accueillante et chargée d’histoire et possède quelques petits trésors touristiques que j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir malgré tout. Et elle possède véritablement sa propre personnalité. Voici donc ce que j’y ai repéré de plus intéressant en une journée et quelques heures (avec quelques bonnes adresses où bien manger à petit prix)…

Avertissement : le système de transports en commun n’est pas très développé à Bâton-Rouge (les bus sont peu fréquents, j’en sais quelque chose) et il est quasi-impossible de héler un taxi au coin d’une rue (même en plein centre-ville, je n’en ai pas vu un seul passer, il a fallu que je téléphone à la compagnie pour en avoir un). Ici, on est en plein dans la culture de l’automobile où tout le monde roule en ville par ses propres moyens, chacun dans sa voiture! Préparez-vous donc à marcher. Et petit conseil, prévoyez votre hébergement bien centralisé pour éviter les longs déplacements inutiles (surtout si vous voyagez sans voiture).



«…elle est très accueillante et chargée d’histoire et possède quelques petits trésors touristiques que j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir malgré tout. »


Quartier Ardenwood

Arrivée en fin de journée (plutôt qu’en début d’après-midi tel que prévu au départ), je suis allée directement m’installer au logement que j’avais réservé, un peu à l’écart du centre (ce qui me fait dire que j’aurais perdu moins de temps et d’argent en taxi si j’avais été mieux placée) et j’ai profité des dernières heures de la journée pour explorer le quartier, soit celui de Ardenwood. Quartier plutôt résidentiel, traversé par la longue Government Street, j’y ai surtout déniché de jolies œuvres de street-art et un petit café sympathique où me ravitailler avant d’aller dormir (voir l’adresse à la fin de l’article)!






La riverfront du Mississippi

Ce fut mon premier contact avec ce fleuve légendaire des États-Unis, le Mississippi. La promenade qui le longe est vraiment belle, parsemée de sculptures d’un artiste islandais se voulant une réflexion sur la diversité sociale et culturelle. Entre docks et bateaux à aubes, y flâner pour observer simplement les cormorans plongeants ou se recueillir au mémorial des anciens combattants du Vietnam sous un ancien avion de chasse de la Navy fut mon premier petit plaisir de ce séjour.

On y retrouve aussi le USS Kidd Museum, un ancien destroyer américain amarré le long des quais et ayant servi pendant la deuxième guerre mondiale. Je ne l’ai pas visité mais on dit que les enfants adorent.

Le riverfront et le USS Kidd




Old State Capitol et le New State Capitol

Étant capitale de la Louisiane, Bâton-Rouge héberge bien évidemment le siège du gouvernement d’état, l’ancien et le nouveau. Malheureusement pour moi, l’Old State Capitol était fermé lors de mon passage pour rénovations mais l’architecture extérieure m’a bien impressionnée le temps de quelques photos. En temps normal, il s’agit d’un musée d’Histoire politique.




Le Capitole actuel est le plus grand siège d’état du pays, haut de 34 étages et construit tout au bout d’un joli parc. Les touristes s’y rendent surtout pour atteindre l’observatoire du 27e étage mais personnellement, j’ai eu bien plus de plaisir à admirer les chambres des représentants ou du Sénat. Se retrouver dans l’antre de la politique américaine, entourée de sculptures, de riches tapisseries ou de gravures remarquables valait tout à fait la visite!






Pentagon buildings

Situé au coin de State Capitol Drive et de la River Road, je suis tombée tout à fait par hasard sur Pentagon buildings (aussi appelé Pentagon barracks). C’est son architecture caractéristique toute de briques rouges qui m’a fait traverser la rue pour aller voir de plus près. J’ai senti de loin que tout un pan de l’Histoire américaine s’était déroulé ici. Ayant longtemps servis de garnisons pour les troupes américaines, les bâtiments semblent sortir tout droit de la guerre de Sécession. On imagine aisément la vie quotidienne des soldats en ces lieux entre deux entraînements militaires. De nos jours, les locaux sont utilisés par les politiciens de passage. Une belle découverte dans cette tournée rapide de la ville.



«J’ai senti de loin que tout un pan de l’Histoire américaine s’était déroulé ici.»


Louisiana State University

J’ai terminé cette journée à Bâton-Rouge par une balade sur le campus de la Louisiana State University (LSU pour les intimes). Typique des grands campus universitaires américains, ce n’est pas Harvard mais l’atmosphère y est bien semblable. Entre anciennes facultés datant de 1860 et allées gazonnées, on finit tous par aller saluer la mascotte de l’école, Mike, septième du nom. Parce qu’évidemment, qui dit université américaine, dit équipe de football et ici, c’est les Tigers qui sont les héros du coin!






Quelques adresses pas chères testées et approuvées

Brew Ha-ha! (711 Jefferson Highway): Le petit café sympathique mentionné au tout début. Déjeuners, sandwichs et viennoiseries.

Poor Boy Lloyd’s (201 Florida Street) : Le temple du fameux sandwich Po’Boys! On commande au comptoir en entrant, on vient vous servir à table lorsque c’est prêt et on paie en ressortant par l’autre porte. C’est bon, c’est convivial et tout le monde se connaît ici.

Louie’s Cafe (3322 Lake Street, sur le campus) : Un «diner» dans la plus pure tradition américaine tant dans le menu que la déco et une institution à Bâton-Rouge.

The Big Squeezy (327 North Blvd) : Des jus détox, des smoothies frais ou des soupes santé, l’endroit parfait pour une pause. Plusieurs succursales dans la ville.




Si je n’y étais pas allée, j’aurais regretté de ne pas avoir découvert la capitale en me demandant si je n’avais pas raté quelque chose. C’est vrai que ce n’est pas nécessairement un incontournable mais elle mérite tout de même un arrêt si on passe par là. Elle reste une ville agréable et intéressante qui se visite bien en une journée si on est bien installé au centre-ville (pour éviter la perte de temps et d’argent en déplacements). Alors, Baton Rouge, on y va ou pas? Bien sûr! On s’y arrête, on prend le pouls de la ville, on n’en attend rien de particulier et finalement, on s’y plaît bien!


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