mardi 10 septembre 2019

Incontournable Percé




Incontournable Percé
Nature, histoire, gastronomie


J’étais passée à Percé, il y a plus de vingt ans (chuuut, je vous entends)! Je ne m’y étais arrêtée que le temps d’admirer son célèbre rocher. À l’époque, au bout du quai, il n’y avait que quelques cabines et deux ou trois petites boutiques de souvenirs. Cette fois-ci, j’allais m’y installer pendant quelques jours en compagnie de mon amie Sonia et de ses enfants, Amélie et Rémi. Quelle ne fut pas ma surprise de la découvrir immensément plus vivante et développée que dans mes vieux souvenirs. J’avais d’abord prévu une longue liste de choses à voir et à faire dans la pointe de la péninsule gaspésienne mais je me suis vite rendue compte que je pouvais consacrer tout ce séjour à visiter la ville sans jamais avoir tout vu. Et puis, après tout, c’est les vacances. Alors, pourquoi ne pas faire ce voyage en mode «slow travel» et bien profiter de ce coin de pays!




Certaines mauvaises langues disent de Percé qu’elle est trop fréquentée en été. Qu’après avoir vu le rocher et manger des fruits de mer, on en a fait le tour. Que sa culture et son histoire ne sont reliées qu’à la pêche. Ce n’est pourtant pas mon expérience. Mais il faut toutefois prendre le temps de la découvrir pour mieux la saisir. C’est pour cette raison que je partage avec vous mes découvertes, mes coups de cœur, mes bonnes adresses, quelques astuces et une déception et tout ça avec, en trame de fond (d’écran), son indéniable beauté naturelle et le passage de poètes québécois qui l’ont chantée de toutes les façons!

« Saint-Scholastique ou parc Forillon
Fallait partir de bon matin
Pour les touristes ou leurs avions
On est toujours dans l’chemin »

-Paul Piché
La gigue à Mitchounano


Le rocher percé

On le reconnaît de loin et même sans voir son célèbre trou. C’est la raison première de la venue des touristes à Percé depuis que le concept du tourisme existe alors autant épuiser le sujet dès le départ! Il en impose et fascine, avec raison. C’est un incontournable très photogénique mais je ne me suis jamais lassée de l’admirer, de près ou de loin. Vieux de quelques millions d’années et ayant déjà eu une deuxième arche disparue au milieu du XIXe siècle, cette masse de calcaire aurait dérivée jusqu’ici depuis l’équateur (selon un géologue rencontré sur place). Par érosion naturelle, jusqu’à 300 tonnes de roches par année s’en détacheraient. Selon les écrits des premiers découvreurs du pays, le rocher ne possédait pas encore de trou à l’arrivée de Jacques Cartier en 1534. Pourtant, moins d’un siècle plus tard, Samuel de Champlain mentionne l’existence d’un premier trou en 1608. Il est possible de s’aventurer jusqu’au rocher à marée basse mais attention, il est maintenant interdit de se rendre dans le trou et il est conseillé de garder une certaine distance de ce roc pour éviter, justement, une érosion trop rapide. Oh! J’allais oublier un dernier conseil. Assurez-vous de connaître l’heure des marées avant de vous en approcher!



« La Terre est restée la même
Le monde a changé.
Comme un vieux pirate qui veille
Toujours à Percé »

-Claude Dubois
Ti-Loup


Le mont Joli et la maison du pêcheur

Le mont Joli porte bien son nom, il offre, d’après moi, la plus jolie vue sur le rocher et le village! On le remarque tout de suite avec sa grande croix blanche à son sommet et la villa Frederick James au toit de bardeaux rouges, installée sur cette falaise depuis 1888 et qui servait de résidence à ce peintre américain tombé amoureux de l’endroit (comment faire autrement). La croix est installée là où les premiers missionnaires récollets l’avaient plantée vers 1672. La montée n’est pas très difficile et on y accède par la plage à ses pieds ou par la rue du Mont-Joli. Faisant partie du Parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé, des frais de passage d’un petit dollar vous seront exigés. Amateurs de photographie et de vues spectaculaires, ce sera le dollar le mieux investi de votre séjour!





Au début de la montée, faites un petit arrêt devant la Maison du Pêcheur. Mais attention, pas le restaurant mentionné plus bas mais bien l’authentique Maison du Pêcheur. Été 1969, un groupe de jeunes, principalement de Montréal, débarque à Percé pour y ouvrir cette maison, moitié auberge pour voyageurs, moitié lieu de rencontres et de discussions avec la jeunesse locale. C’est donc une espèce de communauté hippie qui dérange la population avec leurs cheveux longs, leur liberté un peu trop étalée sur la place publique et leur discours nationaliste. On tentera d’ailleurs de les expulser avec force. Et pour l’anecdote, c’est au coeur de ce microcosme, représentatif des transformations sociales de l’époque, que se développa une amitié qui allait secouer la province un an plus tard, celle des frères Rose, de Jacques Simard et de Bernard Lortie, figures de proue felquistes de la crise d’octobre 70. L’historienne en moi a eu un petit frisson d’être si près d’un lieu emblématique de notre récent passé, ayant eu un si fort retentissement sur notre identité québécoise.


« Y’a au fond de la mer
Des montagnes, des ravins
Des villes, des cimetières
Y’a des épaves dans la mer

- Félix Leclerc
La Gaspésie


Géoparc de Percé

Le Géoparc de Percé est un géoparc mondial de l’Unesco. C’est donc un espace d’apprentissages scientifiques qui mise sur l’éducation et le développement durable de sites géologiques. Plusieurs activités interactives y sont offertes (toujours intéressant avec des enfants ou les jours de pluie) et on y apprend beaucoup sur les lieux visités dans la région. Mais c’est aussi un accès aux sentiers du mont Ste-Anne, à la passerelle suspendue et à sa tyrolienne pour voir Percé d’en haut. C’est également un terrain de camping très agréable et pratique où nous avons dormi pendant tout notre séjour ici, en tente prêt-à-camper meublée et chauffée. Pratique parce qu’il est situé en plein cœur du village et qu’on pouvait y laisser l’auto et faire presque tout sur notre liste entièrement à pied. Restaurants, randonnées, boutiques, épicerie, cafés, buanderie, tout se trouvait au coin de la rue! Vous préférez le traditionnel camping sans service ? Je vous conseille de réserver les sites situés entre les numéros 19 et 39, plus boisés et intimes. Récent dans l’histoire de Percé, le Géoparc est rapidement devenu un incontournable et pour les bonnes raisons! Nous y avons passé un très chouette séjour.




« Si j’avais un char
Ça changerait ma vie
J’irais me promener su’l bord
De la Gaspésie »

-Steve Faulkner
Si j’avais un char


L’Île Bonaventure

J’ai mis du temps à écrire ces quelques lignes sur l’île Bonaventure tellement ce fut une expérience unique. J’étais très émue de la longer en bateau d’abord puis d’y mettre les pieds et j’espère que vous ressentirez bien fort mon énorme coup de cœur pour l’endroit. Ancien poste de pêche, la petite population de l’île y vécut pendant près de 300 ans, vivant principalement de la pêche et de l’agriculture. L’industrie de la pêche déclinant au XXe siècle, remplacée peu à peu par celle du tourisme, les derniers insulaires se sont vus contraints de retourner sur le continent lorsque le Québec en fit une réserve naturelle en 1971 afin de préserver ce milieu exceptionnel.




L’aventure débute par une petite croisière permettant de voir le rocher Percé de plus près et de faire le tour de l’île. Deux entreprises privées proposent de vous y amener : les Bateliers de Percé et les Croisières Julien Cloutier pour le même prix de $38 (auquel il faut ajouter les frais d’entrée au parc) qui ont leur comptoir de vente respectif tout près du quai. Petit conseil d’ami : installez-vous sur le pont supérieur, à droite, pour ne rien rater du spectacle (quitte à attendre le prochain départ s’il n’y a plus de place). Avant d’y débarquer, on est amusé par les phoques qui pointent leur museau curieux au-dessus des vagues. On est impressionné de voir les colonies de guillemots bien installées sur les falaises. Et on est séduit par le patrimoine bâti de l’île que l’on aperçoit au loin. En posant les pieds sur cette terre, j’ai rapidement acquitté les frais exigés pour partir randonner sur l’île. Une quinzaine de kilomètres sont facilement praticables ici dont le sentier du Chemin-du-Roy qui nous fait découvrir les anciennes maisons restaurées de ses habitants du passé. Et on se prend à rêver à une autre époque où couler paisiblement ses jours ici était possible…





D’abord on les entend de loin puis on les sent mais je crois qu’on ne peut pas être complètement préparé à la puissance de leur rencontre. Je parle bien évidemment de la colonie de Fous de Bassan de l’île, la plus accessible au monde et la raison principale qui nous amène jusqu’ici. 110 000 individus constituent cette colonie et la scène est absolument magnifique. On peut passer des heures à les observer pousser leurs cris, s’ébattre, nourrir leurs petits bien cachés sous leurs plumes ou disparaître derrière les rochers lors de leurs plongées alimentaires. Ce sanctuaire naturel est une merveille aux écosystèmes diversifiés. On traverse champs, prairies et forêts de conifères tout au long de la balade. Et l’île abrite plus de 200 espèces d’oiseaux, de quoi en voir littéralement de toutes les couleurs!




 « J’ai dans ma tête de goéland
Une mouette
J’aime comme un fou, Fou de Bassan
Une mouette »

-Claude Gauthier
Mouette et goéland


La Rivière aux Émeraudes

Que dire de la rivière aux Émeraudes ??!! Que c’est le site à la mode à Percé, mise de l’avant par l’office de tourisme depuis quelques temps. Que son eau est aussi verte que la pierre dont elle porte le nom. Qu’elle est facile d’accès (petite randonnée pour s’y rendre) et baignable. Mais, il y a un mais! C’est qu’elle est un peu trop fréquentée pour moi ce qui a causé ma déception de la semaine. Déjà, lorsque tu dois faire la file pour descendre au bord de la rivière, c’est peut-être un signe que l’endroit aurait dû rester un peu plus secret ou plus difficilement accessible. Le tourisme de masse qui voit les gens courir après leur photo parfaite, très peu pour moi et de nos jours, il devient primordial de penser au futur des sites naturels et touristiques lorsqu’on voyage. La réaction de déception de la belle Amélie (15 ans) qui m’accompagnait à la vue du stationnement bondé me rassure : les jeunes d’aujourd’hui sont bien conscients du problème et préfèrent, pour certains du moins, s’éloigner des sentiers trop souvent battus. Pour préserver la beauté du site, des mesures devront assurément être prises dans le futur. À vous de voir maintenant selon votre conscience de voyageurs, vous êtes avisés! Mais n’oubliez jamais de respecter les lieux marqués par votre passage (c’était mon seul coup de gueule, on peut continuer la visite de cette merveilleuse Percé maintenant parce qu’hormis cet endroit, elle reste merveilleuse).

Ne vous fiez pas nécessairement à cette photo. J'en ai choisi une où l'on ne peut pas reconnaître les gens présents mais ils étaient bel et bien très nombreux et j'ai bien du faire la file pour descendre l'escalier du fond!


« J’ai bien connu
Une plage à Percé
Où à la nuit venue
J’ai dit t’aimer »

- Pierre Létourneau
Percé


L’église de Saint-Michel-de-Percé

Lorsqu’on l’aperçoit, on est intrigué par son architecture particulière. On hésite : « Est-ce les tours d’un château que l’on voit poindre là-bas »? Non, il s’agit bien d’une église qu’avait fait construire le curé Lavoie en 1896 avec la pierre extraite de la carrière Cannes-de-Roches à proximité. Achevée en 1903, elle est un heureux mélange des styles roman et byzantin. L’intérieur, tout de blanc et de bois, est flanqué de deux belles chapelles latérales et garni de jolis vitraux. C’est en explorant le camping du Géoparc que je me suis retrouvée sur la rue qui mène à son porche. Petite découverte patrimoniale intéressante, je ne regrette pas de m’y être aventurée (j’y ai même laissé quelques dollars en espérant qu’ils contribueront à sa conservation)!



« J’ai entendu l’histoire de Madame Landry
Un peu inquiétant, ça se résume ainsi
Elle dit qu’y a trop de pêcheurs pour ce qu’y a de curés
Pis qu’y a trop de colons pour c’qu’y a de chevaliers »

-Kevin Parent
Ma Gaspésie



La plus belle terrasse de Percé

En revenant de notre petite escapade au mont Joli, j’ai eu soif! Idéalement située, elle m’appelait pour un cocktail avec vue sur la mer. Je parle de la terrasse de la Maison du Pêcheur mais pas celle de l’ancien repère historique mais bien celle de ce restaurant situé tout près du quai. Quelques bulles au soleil en observant les goélands dans la baie, le départ des bateaux de touristes et la faune locale déambuler sur le «boardwalk» de Percé furent les bienvenues. Ces petits moments en voyage sont souvent mes favoris!


« En Gaspésie, si vous allez,
A’ec la soif de poétiser
Vous risquez d’être 10 ans en r’tard
Soignez votre soif avec du fort »

- Plume Latraverse
Gaspoésie


Mes bonnes adresses gourmandes

Évidemment, l’histoire de Percé est intrinsèquement reliée à la pêche, on ne peut y échapper. Dès les tout débuts de la seigneurie de Percé, on fait construire des installations de pêche et de modestes maisons devant servir à accueillir des pêcheurs saisonniers dans l’espoir d’en faire un important comptoir de pêche. Ici, la morue était reine. Autour de 1780, la compagnie Robin s’implante le long du littoral gaspésien pour exploiter cette ressource qu’on y trouve alors en abondance et laissera de nombreuses traces dans la région. Elle y bâtit un véritable empire américain des pêcheries, sans concurrence, ce qui lui permit de profiter de sa position au détriment des pêcheurs qui se voient dans l’obligation de ne traiter qu’avec la compagnie pour des prix dérisoires. Charles Robin, son fondateur et propriétaire, contrôle alors toute l’économie de la péninsule et reste encore aujourd’hui durement jugé par les livres d’histoire. Depuis, et malgré le problème de surpêche (qui s’est néanmoins amélioré ces dernières années grâce à certaines mesures), poissons et fruits de mer se retrouvent abondamment sur les tables gaspésiennes et Percé possède ses petits trésors gourmands. Et dire que le homard fut jadis par ici un plat de pauvres…

La boîte à fruits de mer (155, route 132 O.) : Restaurant, poissonnerie et traiteur, c’est LA bonne adresse à noter pour votre visite à Percé. Leur soupe de poisson (servie avec pain à l’ail) est une tuerie! Le meilleur lunch de toutes mes vacances.




Boulangerie Le Fournand (194, route 132 O.) : Cafés, viennoiseries, sandwichs, pains artisanaux, pâtisseries décadentes et plus encore, ce sympathique endroit gourmand possède la terrasse idéale où prendre son petit-déjeuner, le dessert en soirée ou manger sur le pouce à midi. La qualité des produits est remarquable.




Le café champêtre (162, route 132 O.) : La guédille au homard y est excellente et c’est une bonne alternative lorsque certains de vos compagnons de voyage en ont un peu marre des fruits de mer puisque le restaurant propose aussi des plats plus rassembleurs, abordables et en portions généreuses comme la poutine ou la pizza. On y offre également les bières de la microbrasserie Pit Caribou, emblème brassicole de la région.


« L’on voit partout sur la grève les bateaux et les filets
Et quand les pêcheurs s’en viennent on mange du bon poisson frais
Mes bons amis j’en ai mangé, comme vous voyez j’ai profité
Mes bons amis j’en ai mangé, comme vous voyez j’suis en bonne santé »

- La Bolduc
La Gaspésienne pure laine


Pratique

J’étais à Percé en juillet, juste avant les vacances de la construction et contrairement à l’idée reçue, il n’y avait pas un achalandage démesuré (outre la rivière aux Émeraudes, bien sûr). Le territoire est tellement vaste que jamais on ne se marchait sur les pieds. Jamais non plus, nous n’avons eu à faire la file pour avoir une table au restaurant et sur la populaire passerelle du Géoparc, il n’y avait (au moment le plus fréquenté) que 5 autres personnes avec moi. Bien choisir la période où l’on y va est donc primordial si on craint le surtourisme (et puis, ça contribue à faire rouler les entreprises locales sur une plus longue période).

L’offre en hébergements à Percé est multiple et se décline de toutes les façons. Campings, auberges, cabines, hôtels, chalets ou motels, il y en a vraiment beaucoup, partout, pour toutes les bourses. Toutefois, il faut s’y prendre à l’avance pour dénicher les endroits les mieux situés et les plus agréables. En haute saison, sans réservation au préalable, vous pourriez bien perdre toute une journée à trouver une chambre pour vous loger.


Prêt-à-camper au Géoparc de Percé...
...ou hôtel de luxe, le choix est diversifié à Percé!

Je dis souvent que la Gaspésie est le plus bel endroit du monde et ce petit voyage pour mieux découvrir Percé confirme une fois de plus mes impressions. Je serais maintenant très curieuse de découvrir Percé en une autre saison…



« Si vous avez un jour la chance
Allez voir ce coin enchanteur
La musique, le chant et la danse
Vous feront passer des moments charmeurs
Avec tous ces beaux paysages
Que possèdent cette Gaspésie
La beauté de ces vastes plages
Vous voudrez y rester toute la vie »

-Marcel Martel
Ma belle Gaspésie


Pour d’autres histoires de pêche, c’est par ici ou par ici!

Pour des histoires ornithologiques, c’est plutôt ici ou même là!


VOUS AIMEZ ? ÉPINGLEZ-MOI!


mercredi 21 août 2019

La Réserve faunique Mastigouche en chalet Modik ou la nature sauvage en tout-inclus!



La Réserve faunique Mastigouche en chalet Modik
ou la nature sauvage en tout-inclus!


Vous rêvez de plein air, de grands espaces, de nature sauvage mais avec toutes les commodités de la vie quotidienne ??? Se poser à un endroit où vous pourriez vous sentir seul au monde l’espace de quelques jours, vous croyez que c’est un idéal de vacances impossible à notre époque ? Sachez que tout ceci existe réellement et probablement beaucoup plus près que vous ne le pensiez, à la Réserve faunique Mastigouche! Récit d’un week-end déconnecté dans un cadre idyllique…


Située à cheval sur les régions de Lanaudière et de la Mauricie, la Réserve faunique Mastigouche est d’abord réputée pour la qualité de sa pêche. Faisant partie du réseau de la SÉPAQ (Société des Établissements de Plein Air du Québec), à moins d’une heure trente de Montréal et tout près de Trois-Rivières, elle fut longtemps l’hôte des fameux clubs privés américains. Créée en 1971, dans le mouvement de démocratisation de l’accès au territoire québécois, on y dénombre plus de 500 lacs (dont 135 proposent de l’hébergement) et 13 rivières. C’est dire comme le terrain de jeux est grand et les possibilités infinies!

Je connais bien ce parc, habitant tout à côté. Au cours des ans, j’y ai expérimenté le camping et la randonnée. J’y ai nagé, canoté et j’ai même déjà participé au remplissage des salines de chasseurs de mon entourage en prévision de la saison automnale. Cette fois-ci, j’étais invitée par la réserve à tester leur récent chalet Modik offert en prêt-à-camper et la valeur de sa pêche au lac Orignac, lac que je ne connaissais pas encore.



Découverte du chalet Modik et du lac Orignac

J’y suis arrivée le vendredi après-midi en passant par l’accueil Catherine à Mandeville, première de mon équipage, mon frère qui m’accompagnait devant arriver un peu plus tard. Premier constat : même avec ma petite voiture de format standard, je me suis facilement rendue jusqu’au chalet (tout en restant prudente, bien sûr. On parle ici de chemins forestiers, quand même). Tout de suite, en voyant le chalet et son intérieur, ce fut un coup de cœur. Frigo, poêle et douche avec eau chaude fonctionnant à l’énergie solaire ou au propane pour les plus douillets d’entre nous. Vaisselles, BBQ, 2 chambres pouvant accueillir 4 personnes, oreillers, poêle à bois intérieur pour les nuits froides, table à pique-nique et poêle extérieur pour les soirées entre amis près du feu, on y retrouve même les produits nettoyants, amplement de bois pour tout un été ou le papier de toilette! Vraiment toutes les commodités de la maison y sont. Parfait pour ne pas se compliquer la vie, on n’a plus qu’à apporter son sac de couchage, son matériel de pêche, quelques vêtements et la nourriture.





Mais le plus grand bonheur de ce séjour, c’est sans aucun doute ce lac Orignac qui s’étend au pied du chalet et son quai flanqué de deux chaloupes où je me suis empressée de m’installer. Immédiatement, j’ai été conquise par le lieu, ses paysages, sa tranquillité. Imaginez, j’allais profiter d’un lac pour moi toute seule et d’un décor enchanteur pendant toute une fin de semaine! Accueillie par le seul cri des huards sur le lac, j’ai longuement profité de ce calme absolu, les pieds traînant au bout du quai, verre de vin à la main, du repas en plein air qui allait suivre et de cette soirée autour du feu où j’ai même aperçu une étoile filante traversant un ciel magnifique, signe que les prochaines journées seraient parfaites!

La réservation en chalet Modik donne droit à un lac (parfois même deux!) pour vous seul. Il est aussi possible de loger dans la réserve en chalet, en camp rustique, en prêt-à-camper de style Huttopia ou en camping. En chalet Modik, le tarif débute à 69,25$ par jour et par personne, droits de pêche inclus et embarcation fournie.



«Mais le plus grand bonheur de ce séjour, c’est sans aucun doute ce lac Orignac qui s’étend au pied du chalet et son quai flanqué de deux chaloupes où je me suis empressée de m’installer


Histoire de pêche à la Réserve faunique Mastigouche

Après une première douce nuit, on est réveillé par les rayons du soleil. Prendre le café sur le quai, en pyjama, devient un moment magique. Trois séances de pêche rythmeront la journée. D’abord plus courtes, des averses inopinées nous obligeant à se réfugier sur notre balcon pour lire un peu ou faire la sieste. Puis, vient une dernière séance de fin de journée de quelques heures. Chaque fois, ça mord rapidement et avec bien peu de répit. De jolies truites sont remontées à intervalle régulier du bout de nos lignes, tournant toujours autour d’une demi-livre chacune. De quoi prévoir d’excellents repas pour le futur. 





Encore mieux, au cours de cette dernière excursion sur le lac, on fait la rencontre de deux petites loutres nous observant de la rive d’un œil curieux, d’un castor traversant d’une île à l’autre pour rejoindre sa hutte et d’un canard grand harle prenant son envol à notre passage (mais il va falloir me croire sur parole parce que dégainer l’appareil-photo en même temps que de gérer une ligne frémissante, c’était mission impossible)! Ai-je vraiment besoin d’ajouter qu’ici, on prend la pleine mesure de cette nature encore à l’état sauvage… Frisson ultime, ce soir-là, au coucher du soleil, s’est fait entendre le cri d’un orignal dans cette montagne qui nous faisait face.





Vous n’êtes pas amateurs de pêche? Qu’à cela ne tienne! Quelques jours de villégiature seulement, déconnecté de la civilisation, à marcher en forêt, à se baigner près du quai lorsque la température est douce, à observer la faune ailée du parc, à partir en famille à la cueillette de bleuets ou à canoter quand bon nous semble sur le lac, ça annonce tout autant un séjour parfait. Adeptes de kayak? Pourquoi ne pas l’apporter jusqu’ici et en profiter pleinement!

Ici, c’est l’omble de fontaine indigène (la truite mouchetée) qui est reine. Dans quelques autres lacs, il est aussi possible de prendre du touladi (truite grise). Particularité très intéressante et méconnue, la ouananiche, une espèce dérivée du saumon et d’une grande rareté au Québec, se retrouve au lac Sorcier de la réserve. Ensemencée par les propriétaires américains des anciens clubs de pêche au début du XXe siècle, elle aurait disparu de certains lacs mais prospéré dans celui-ci. La légende veut que le lac tire son nom du sorcier des lieux qui hanterait son île. Oserez-vous vous laisser ensorceler??!!

Sachez aussi que vous pouvez louer un moteur sur place pour votre chaloupe. En chalet Modik, vous êtes assurés d’avoir votre propre lac pour la pêche, sans avoir à participer au tirage du soir.



«Ai-je vraiment besoin d’ajouter qu’ici, on prend la pleine mesure de cette nature encore à l’état sauvage…»


En randonnée à la Réserve faunique Mastigouche

Ce dernier matin au réveil, le vent s’est levé pendant la nuit et c’est devenu plus frisquet. Le café, on le prendra près du feu dehors et le déjeuner sera mangé à l’intérieur mais même là, on garde toujours cette belle vue sur le lac. Avant de partir, je m’imprègne complètement des lieux, éternisant les derniers moments au bord du lac, retardant le départ en explorant plus avant la forêt qui m’entoure. 





Mais avant de quitter définitivement le parc, un dernier arrêt s’impose. En effet, sur le chemin du retour, se trouve un petit sentier qui longe une rivière, celui des chutes Maubèche. On y découvre quelques petites cascades sinueuses pour atteindre rapidement une chute nichée au cœur de cette forêt et dont la berge invite à la pause et au pique-nique. Quelle merveilleuse façon de compléter ce séjour!

Pour les amateurs de randonnées, petites ou longues, faciles ou plus ardues, il y a de quoi faire à la Réserve faunique Mastigouche. Plusieurs sentiers sont possibles, proposant superbes points de vue, petits coins intimes et panneaux d’interprétation dont les plus fréquentés, celui des Six-Chutes et celui du lac Saint-Bernard. Le sentier national traverse aussi le parc, contournant certains lacs ou montant en altitude et quelques refuges ou abris sont disponibles le long du parcours.




«On y découvre quelques petites cascades sinueuses pour atteindre rapidement une chute nichée au cœur de cette forêt et dont la berge invite à la pause et au pique-nique


Je n’ai absolument rien à redire contre l’endroit. J’ai beau chercher un petit point négatif à ce séjour pour contrebalancer mon trop grand (mais sincère) enthousiasme, je ne trouve pas. À mon sens, il ne s’agit rien de moins que du secret le mieux gardé de la SÉPAQ! Amis lecteurs d’ici et d’ailleurs qui me suivez et qui recherchez la nature québécoise dans toute sa splendeur mais un peu moins l’achalandage de nos grands parcs, il s’agit de l’endroit idéal. L’été tire à sa fin par ici et la saison de chasse occupera le terrain prochainement mais il vous est déjà possible de réserver votre séjour pour l’an prochain et, je vous le garantis, vous en reviendrez enchantés. Moi, je reviendrai assurément!



«Je reviendrai assurément!»


J’ai été invitée gracieusement pour ce séjour par la Réserve faunique Mastigouche et je l’en remercie mais les opinions émises dans cet article reflètent complètement ma pensée. Sincèrement, c’était le paradis!


À voir ou à faire dans la région : suivez les liens ici, ici et ici!



Vous aimez? Épinglez-moi!