vendredi 6 mars 2020

De Lisbonne à Porto ~ chroniques portugaises : Lisbonne



De Lisbonne à Porto
chroniques portugaises

Première partie : Lisbonne

Un dimanche soir de janvier, aéroport de Montréal, je quitte pour le Portugal et je ne suis même pas encore convaincue que j’ai vraiment envie de m’y retrouver. Je ne connais que trois mots de portugais, pas tellement plus à propos de son Histoire et de sa gastronomie (que voulez-vous, c’est toujours ce qui m’attire d’abord dans les contrées que je visite) et j’ai plein de préjugés sur cette région du monde. Je crains tellement que ce soit envahi de touristes. J’ai l’impression que tout le monde va (trop) là, peu importe la saison et ça, c’est pas toujours compatible avec moi! En plus, lors de l’escale à Toronto, tout le personnel porte le masque. Vraiment? Mais bon, il est un peu tard pour reculer alors allons voir si le Portugal peut finalement réussir à me vendre du rêve…

À ce moment-ci, je sais que vous vous demandez pourquoi j’ai choisi d’aller passer une dizaine de jours au Portugal, de Lisbonne à Porto. Sachez qu’après avoir fait quelques recherches sur les destinations européennes qui entraient dans mon budget (parce que je dois retrouver des amis à Paris en février), le Portugal était le pays pour lequel le billet d’avion était le moins cher (fin de la justification de cette entrée en matière peu invitante mais si vous cherchiez de l’authentique, en vlà)!


Lisbonne

Arrivée à Lisbonne sous un ciel gris et une petite bruine (rien pour l’instant qui m’envoie du rêve ^^). Heureusement, le métro est tout simple et je rejoins facilement mon auberge. Ah! Ça semble plutôt convivial ici. En attendant que ma chambre soit prête, on me conseille la visite d’un musée pas très loin qui, selon le garçon à la réception, serait le musée le plus intéressant en ville (particulièrement lorsqu’il pleut). Mais pour l’instant, je ne rêve que d’un café pour mieux débuter ce séjour et ça tombe bien, il y en a un au coin de la rue. Bon, comment je commande ça en portugais un café? Tiens, la fille devant moi a un café au lait qui semble parfait. Je veux la même chose. On dit ça comment café au lait dans votre langue? Cafe galāo. Vendu! En prime, le café ne coûte qu’un seul euro, il est divin et le boire sous le grand parasol de la terrasse fait beaucoup de bien au cœur de l’hiver. Déjà, Lisbonne me semble plus engageante…




La Fondation Calouste Gulbenkian c’est la collection personnelle d’un ancien magnat du pétrole. Art égyptien, gréco-romain, perse, oriental, européen. Une chose est sûre, il avait des goûts éclectiques! Je craque pour les céramiques chinoises du XVIIe et les enluminures françaises.


Un premier matin à Lisbonne sous le soleil, ça s’annonce déjà mieux! Quelques minutes en métro et je me retrouve au cœur du quartier historique Alfama, l’un des plus anciens de la ville, bâti sous la domination musulmane de Lisbonne (vous savez maintenant d’où vient le «Al» de Alfama, de rien)! Il faut savoir qu’une bonne partie de la ville fut détruite lors du grand tremblement de terre de 1755 mais qu’ici, les bâtiments résistèrent plutôt bien. Ça monte, ça monte et ça redescend.






J’ai bien prévu me rendre au château, tout au sommet de la colline mais pour l’instant, je me perds avec délice au hasard de ses rues labyrinthiques (et puis bon, je l’avoue, je ne trouve pas vraiment mon chemin non plus et j’adore ça)! Impossible de ne pas s’arrêter aux miradors pour admirer les différents points de vue. Lisbonne m’y apparaît colorée d’un côté, fluviale de l’autre et toujours sincère. Elle ne cherche pas à se faire aimer à tout prix. Elle se présente telle qu’elle est. Parfois paumée mais sans se dérober à sa condition, parfois insaisissable nous donnant le sentiment d’en vouloir un peu plus (et probablement exaspérante mais assumée en d’autres saisons) et elle semble nous dire : «me voilà, alors, tu m’ouvres les bras ou pas» ?





Bien installée sur ses sept collines, c’est devenu un incontournable de voir Lisbonne par ses miradouros, les belvédères disséminés dans ce paysage vallonné. Chacun offre une vue remarquable sur la ville et possède un kiosque où se restaurer et prendre la pose. Mes favoris ? Celui de Santa Luzia et son voisin, celui de Portas do Sol pour la vue sur le fleuve apaisant et celui du Parque Eduardo VII pour prendre toute la dimension de la ville (et tomber sur une œuvre de Botero de l’autre côté de la rue).


Je redescends un peu (il me semble être déjà passée par ici) puis j’aperçois cet arbre aux racines enchevêtrées et peu communes. Je sors l’appareil-photo en me disant que ça serait bien si le tram passait juste à côté. Oh tiens! Lisbonne me donne ce que je demande. Parfois, il s’agit de peu pour que le coup de cœur s’installe tranquillement…


C’est le transport le plus authentique de Lisbonne qui dessert les quartiers historiques. Son plus célèbre représentant, le tram 28, brinquebalant à souhait, est toutefois fort achalandé. La meilleure astuce est sans doute de le prendre au tout début de la ligne.


Deux heures plus tard, j’atteins finalement le château Sāo Jorge. Léger détour pour découvrir un pan de l’histoire du pays. Du haut de sa colline, dominant toute la ville, je comprends bien l’importance stratégique qu’il a du avoir au cours des siècles pour les peuples qui l’ont défendu. Devenu palais royal puis caserne et prison, c’est toujours un sentiment indéfinissable de marcher sur ces vieilles pierres et d’aller fouiner dans tous les recoins en imaginant croisés ou rois déambuler sur ses murailles.




«Devenu palais royal puis caserne et prison, c’est toujours un sentiment indéfinissable de marcher sur ces vieilles pierres et d’aller fouiner dans tous les recoins en imaginant croisés ou rois déambuler sur ses murailles.»


Bon, il faudrait bien que je rentabilise un peu mieux ma Lisboa Card maintenant. Ça tombe bien, je me suis arrêtée le temps d’un verre de vin sur la Praça do Comércio, juste à côté du Lisboa Story Centre où, grâce à ma carte, l’entrée sera gratuite. On m’y raconte d’abord l’histoire des grands navigateurs portugais et de leurs périples sur la planète que je connaissais déjà. Mais plus la visite avance et plus je découvre l’âge d’or de Lisbonne et la vie lisboète au moment où elle acquiert son statut de ville la plus riche du monde. Encore mieux, j’apprends tout sur l’importance du tremblement de terre de 1755 (vous saviez qu’il s’agit probablement du tremblement de terre qui a connu la plus forte intensité de l’histoire de l’humanité?) et l’existence du marquis de Pombal qui prit en main la reconstruction de la ville. L’Histoire du Portugal est bien plus intéressante que je ne le croyais!





Cette Place du Commerce, ravagée ce jour fatidique de novembre 1755, je ne la vois plus du même œil. Curieuse de voir maintenant le quartier Baixa, complètement démoli et rebâti selon les plans du fameux marquis, j’y passe faire un petit tour de ses rues dorénavant bien quadrillées. L’atmosphère est plutôt cool ici, jeune et moderne. Tout comme ce marché, temple de la gastronomie portugaise, que j’aperçois de l’autre côté de la rue (promis, je vous reviens sous peu avec un petit guide gastronomique et mes bonnes adresses). C’est décidé, on termine la journée ici, à l’endroit où je me rends compte que moi et les accents, ça fait deux, surtout lorsque j’essaie bien fort de commander mes assiettes en portugais et que le serveur me répond… en français! Saúde!




Un peu partout à Lisbonne mais aussi au Portugal, impossible de ne pas remarquer la présence de tous ces azulejos, ces carreaux de faïences décorés et agencés pour représenter scènes historiques ou de la vie quotidienne ou simplement quelques motifs abstraits ou géométriques. Généralement bleus et blancs, selon la technique rapportée par les Maures, ces célèbres carreaux se sont aussi raffinés et colorés au cours des siècles. De véritables œuvres d’art que l’on retrouve tant comme revêtement extérieur que comme élément décoratif à l’intérieur des maisons. On peut même visiter le Musée National des Azulejos.


Un autre jour à Lisbonne où je m’éloigne un peu du centre. Direction le quartier de Bélem pour suivre les traces des grands explorateurs du passé. On m’avait dit de descendre à l’arrêt de bus dès que j’apercevrais le monument aux Découvertes. En effet, il faut être bien distrait pour rater les monuments emblématiques du quartier dont, également, la Tour de Bélem. On dit de cette construction militaire qu’autrefois, elle se dressait au beau milieu du Tage mais que le tremblement de terre de 1755 ayant modifié le cours du fleuve, elle se retrouva ensablée et rattachée à la terre…





Le fameux monastère des Hiéronymites (j’aime mieux l’appeler dans la langue portugaise, le monastère des Jerónimos, c’est plus simple à retenir) se trouve juste à côté. Allons-y! À voir les longues allées cernées de cordons pour concentrer les files d’attente, il doit parfois avoir bien du monde par ici. Mais là, au milieu de l’hiver, je suis la 3e en ligne et très heureuse (j’haïs les files d’attente)! Entre le monastère et moi, c’est un coup de foudre instantané. Son cloître est certainement le plus beau que j’ai vu de ma vie et le faste de ses détails sculpturaux me laisse le souffle coupé. Ici, je prends toute la mesure de l’ancienne toute-puissance du pays.





Le Monastère des Hiéronymites (ou mosteiro dos Jerónimos) fut érigé dès 1502 par le roi Manuel I grâce aux richesses amassées par le royaume avec le commerce des épices pour accueillir l’ordre des Hiéronymites. Les marins venaient y chercher protection avant leur départ pour des contrées lointaines. On y retrouve d’ailleurs le tombeau de Vasco de Gama (et de plusieurs membres de la famille royale).


À ma sortie du monastère, je m’attarde encore un peu sur son parvis pour admirer ses tours magnifiquement ouvragées avant de retourner me poser près du fleuve, hypnotisée par le va-et-vient des mouettes, jusqu’à ce que mon estomac me fasse signe. Je m’attable rapidement au premier restaurant rencontré, à quelques mètres du passage incessant des touristes. Oui, je sais, ces endroits trop bien situés sont rarement gage de qualité. Mais même si la terrasse et les sardines dans l’assiette du client qui s’y trouve me font envie, je ne me fais pas trop d’illusions. Au moment où mes sardines grillées et ma carafe de vin atterrissent devant moi, c’est alors que la révélation se fait! Mon dieu que l’on mange bien au Portugal, partout et pour tellement pas cher! L’Europe de l’ouest encore plus abordable que le Québec, je peine à y croire et pourtant.




Encore une journée à Lisbonne demain. J’hésite. Je poursuis mon exploration de cette ville qui me surprend agréablement et qui s’avère finalement un coup de cœur bien sympathique ou j’embarque dans un train pour découvrir sa région? Bah! On verra bien au réveil. Ferais-je le bon choix? C’est ce qu’on verra dans ma prochaine chronique…


INFOS PRATIQUES


Hébergement testé : Chalet d’Avila Guest House

Une auberge conviviale et accueillante avec de grande chambre privative. $48 CAN la nuit (déjeuner compris). Idéalement située, juste en face de la station de métro Saldanha (transport direct de l’aéroport et jusqu’aux quartiers touristiques). N’hésitez pas à vous renseigner à la réception pour plus d’infos sur votre séjour, on y donne d’excellents conseils. Et les déjeuners sont certainement parmi les plus délicieux et copieux que j’ai connus en auberge!





Transport en commun illimité (incluant les trams et les ascenseurs et le train pour Sintra et Cascais).

Entrées gratuites pour plusieurs monuments et musées de Lisbonne et Sintra (dans cet article : Lisboa Story Center, la Tour de Bélem, le Monastère Hiéronymites mais pas pour le château Sāo Jorge) et réduction pour une soixantaine d’attractions (dont le Musée Calouste Gulbenkian).

Tarif : 20€/24 heures, 34€/48 heures, 42€/72 heures (disponible dans les offices de tourisme dont celui de l’aéroport).

À moins d’être très actif en peu de temps et d'avoir le temps d'inclure Sintra dans le forfait, il est difficile de la rentabiliser.



Météo de janvier

Non, ce n’est pas l’été. Oui, c’est souvent plus gris. Mais outre mon arrivée sous la pluie, j’ai vu le soleil qui fait rapidement monter le mercure jusqu’à 18o et qui permet de dîner en terrasse le midi. Et puis, être hors-saison, ne pas faire la file nulle part et payer son vol bien moins cher, est nettement un avantage!


Transport

J'ai voyagé avec Air Transat: Vols toute l'année de Montréal (escale à Toronto en hiver, vol direct en été). Possibilité de multi-destinations (arrivée à Lisbonne et départ de Porto ou Faro). Dans mon cas, je suis repartie de Paris. Prix payé pour l'aller-retour: $648 CAN.


Je ne vous ai pas parlé de restaurants et de gastronomie portugaise volontairement. Je reviendrai avec un article complet parce que j’ai beaucoup trop de bonnes adresses à partager avec vous!



Vous poursuivez votre voyage vers l’Espagne? Vous trouverez de quoi faire en cliquant ici mais aussi par ici!


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8 commentaires:

  1. Je ne suis pas surprise que tu aies aimé Lisbonne ! Mais je m'étonne que tu en aies eu une image si négative avant de partir. Cela dit, en France on a des liens très proches avec le Portugal et c'est une destination très populaire. J'aime tellement Lisbonne, je n'ai que de bons souvenirs là bas ! Ton article me donne bien envie d'y retourner !

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    1. Mais ici aussi c'est une destination très populaire. D'où mon image négative d'ailleurs! ;)

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  2. Tes photos sont magnifiques et me donnent envie de retourner à Lisbonne. Notre premier séjour était un peu trop court à mon goût (3/4 jours), et puis j'ai envie aussi de découvrir Porto.
    Tu l'as compris j'aime le Portugal :)
    Et toi, maintenant je crois que tu l'aimes un peu plus qu'au départ? :)

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    1. Une ville qui se découvre lentement et c'est trop vrai que ce fut court pour moi aussi! Attend de voir mon article dédié à Porto, tu auras encore plus envie d'y aller! ;)

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  3. Je vois que tu as fini par succomber toi aussi au charme de la belle Lisboa, pour moi ce fut un véritable coup de coeur. Merci pour cette belle balade à ta suite et à travers tes jolies photos. Tu as pu goûter les fameuses Pastéis?

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    1. Évidemment! Le Portugal sans pastéis, ce n'est pas vraiment le Portugal! J'en reparlerai d'ailleurs.

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  4. Comme quoi, tout tient parfois à un café pour démarrer du pied.
    Sinon, je prends bonne note pour la cabane en bois, aller chercher de l'inspiration dans le monastère des Jerónimos ;-)

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    1. Haha! Là, tu m'as fait bien rire! Mais tu sais, je suis pas si exigeante en matière de cabanes en bois. Tant qu'elles sont au bord de la mer! :p

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