lundi 16 novembre 2020

De Lisbonne à Porto ~ chroniques portugaises 2 : Sintra et Peniche

De Lisbonne à Porto

chroniques portugaises 

Deuxième partie : Sintra et Peniche

 

Après une première chronique portugaise qui, il me semble, a du être écrite en des temps immémoriaux (mon rapport au temps pendant ce confinement historique est complètement déréglé, ça vous a fait la même chose?!?) et où je vous amenais découvrir Lisbonne, je reprends la plume pour poursuivre mes pérégrinations à travers le pays. On se souviendra que Lisbonne m’avait agréablement surprise pour une foule de raisons que je vous racontais ici. Est-ce que la poursuite de ce roadtrip en bus et en train vers le nord allait confirmer que j’avais eu, jusqu’à ce mois de janvier 2020, beaucoup trop de préjugés sur le Portugal???

 

Sintra 

Je sais que vous aimez Sintra. Oui, oui, ne dites pas le contraire, je sais que vous la recommandez toujours, partout! Et donc, je vous écoute. J’hésite (trop) longuement ce matin entre « je reste un jour de plus à Lisbonne » ou « je vais à Sintra pour la journée » et finalement, j’opte pour la deuxième option. Je saute donc dans le train pour cette ville où les riches et puissants de Lisbonne ont, jadis, établi leurs quartiers d’été en y faisant construire de somptueux palais tous plus éclectiques les uns que les autres.

 




En 1995, l’UNESCO a classé Sintra au Patrimoine Culturel de l’Humanité, dans la catégorie « paysage culturel », vu son équilibre parfait entre nature et patrimoine.

 

Sur les bons conseils du garçon à la réception de l’auberge de Lisbonne (toujours le même garçon, toujours à la même auberge), dès ma sortie de la gare, je rejoins lentement le palais de la Regaleira qu’il m’a dit être moins fréquenté. Je traverse le centre de la ville, plutôt agréable et charmant et longe la route qui mène au château. Tout le long, art et architecture s’entremêlent joliment et je constate qu’en effet, culture et nature ne font qu’un par ici et de belle façon.

 




La ville de Sintra s’étend au pied et sur le versant nord de la chaîne de montagnes de la Serra de Sintra. Elle jouit d’un micro-climat unique qui offre une verdure abondante. On doit surtout au roi Ferdinand II son aménagement entre urbanisme et foresterie.

 

C’est alors que ça se gâte légèrement (beaucoup)… Bon, tentons de rester objective et optimiste ici. En été, sous le soleil, la ville doit être magnifique. Mais sous la pluie, que dis-je sous la pluie, sous l’averse (que dis-je sous l’averse, sous des trombes d’eau qui te tombent dessus comme une douche à pression), c’est beaucoup moins impressionnant! C’est quelques minutes après mon entrée au palais de la Regaleira que tout débute. Disons que je suis moins tentée par la longue promenade dans les jolis jardins promis aux touristes et je me rabats sur la visite intérieure qui n’est pas dénuée d’intérêt cependant. C’est peut-être la visite la plus intéressante à faire par ici (mais bon, c’est vrai que je n’ai pas vu grand-chose non plus)!


 



La Quinta de Regaleira, comme on la connaît aujourd’hui, fut créée au début du XXe siècle. Son architecture et son parc, de conception particulière, se veulent un voyage initiatique aux références puisant dans l’univers des alchimistes ou de la franc-maçonnerie.

  

À la sortie du palais, parce qu’il continue de pleuvoir abondamment, je hèle un tuk-tuk qui m’amène directement au sommet de la ville, là où m’attend l’eldorado du parfait touriste au Portugal : le palais national de Pena, celui-là même que l’on voit souvent en photos parce qu’il reste très photogénique avec ses couleurs éclatantes. Éclatantes sous le soleil sans aucun doute mais beaucoup moins au cœur d’une importante formation de brouillard causée par l’humidité ambiante! À l’arrivée, je constate que je devrai faire la queue sous la pluie pour entrer (d’ailleurs, au cours de ce voyage, c’est la seule fois où j’ai du faire une longue file, c’était déjà pas bon signe)! On oublie donc la balade dans le parc qui l’entoure et qui semble superbe, avouons-le, pour se concentrer sur la visite intérieure. Une visite qui s’avère somme toute très décevante : peu d’explications pertinentes sur le lieu, son histoire, les personnages qui y sont passés et une visite trop courte pour son prix plutôt élevé. Par une belle journée, je crois que je me serais largement contentée d’admirer le palais depuis ses jardins.





Propriété du roi Ferdinand, érigé sur le site d’un ancien monastère, le Palacio Nacional de Pena devint sa résidence d’été au milieu du XIXe siècle mais fut achevé l’année de sa mort, en 1885 seulement. Il mélange les styles architecturaux et les teintes colorées. Il est abandonné par la famille royale en 1910, forcée de s’exiler suite à la révolution portugaise.

 

Oui, je suis déçue par Sintra qui promettait tant. Oui, je l’aurais sans doute mieux apprécié sous le soleil. Mais je n’ose même pas imaginer les hordes de touristes qui doivent prendre la ville et ses palais d’assaut en été. Les files d’attente doivent être monstrueuses! En plus, les prix d’entrée aux différents palais sont bien trop élevés pour ce que ça vaut. Finalement, Sintra, c’est pas fait pour moi (ça arrive)! Mais bon, malgré tous mes avis, vous finirez sans doute par faire comme moi, par écouter tous les autres et par aller vous faire une idée par vous-mêmes mais au moins, vous serez prévenus de l’autre côté de la médaille (surtout si vous avez les mêmes critères que moi).

 

INFOS PRATIQUES

S’y rendre : Plusieurs départs de Lisbonne par train chaque jour (jusqu’à trois à l’heure selon la saison) aux stations Rossio ou Oriente. Durée du trajet : 45 minutes. Prix pour un aller-retour : 4,50€.

Se déplacer à Sintra : À pied pour le centre ou la Quinta de Regaleira depuis la gare. Mais plusieurs palais sont plus éloignés les uns des autres et les montées pour les atteindre sont parfois ardues. Vous pouvez attraper un tuk-tuk un peu partout (l’alternative la plus chère mais la plus rapide et originale) ou prendre les bus touristiques 434 ou 435 à la gare offrant deux circuits différents pour environ 8€ aller-retour. Il existe aussi les bus « Hop-on Hop-off » qui partent de l’autre gare (la gare routière) pour 6,90€ la boucle.

Dormir à Sintra : J’ai fait l’aller-retour dans la même journée mais vous pouvez facilement y rester deux ou trois jours sans vous ennuyer. Je vous réfère à l’Office de Tourisme du Portugal pour trouver un hébergement. 

Prix des visites : Regaleira : visite guidée : 15€ / non guidée : 10€

Pena (palais et parc) : 14€ / Pena (parc seulement) : 7,50€

 

  

Peniche

La mer, les plages et moi, c’est un amour qui ne s’est encore jamais démenti. Sur la route pour Porto, je ressens le besoin immense de m’approcher de la grande bleue, de me poser près du roulis des vagues, de simplement me reposer. C’est sur Peniche que je jette mon dévolu. En ce début de février, la ville est parfaitement calme et le ciel crache encore un peu de bruine par intermittence. Le temps de poser mon sac à dos dans mon auberge vide (vide comme vraiment vide, je suis la seule et unique occupante des lieux, même pas l’ombre d’un réceptionniste ou d’une propriétaire, le déjeuner du lendemain m’attend déjà à la cuisine), je repars explorer les alentours. 

La jetée, à quelques pas de là, au bord de laquelle tanguent quelques bateaux de pêche même en hiver est invitante. Impossible de ne pas me rendre jusqu’au bout en remplissant mes poumons d’air salin. Dommage que les traversiers pour l’Archipel des Berlengas ne soient pas en fonction à cette période de l’année. Oh! Mais c’est une des plages qui m’appelaient à Peniche avant toute autre chose que je distingue au loin dans la baie! J’irai certainement passer une partie de la journée sur l’une d’elles demain. Mais pour l’instant, vu les nuages qui s’amoncellent, je vais opter pour la visite de la forteresse au coin de la rue de l’auberge.



Amateurs d’Histoire, cette forteresse et ancienne prison, vaut résolument la visite. C’est probablement ici que j’ai le plus appris sur l’Histoire du pays. Des invasions espagnoles et françaises contre lesquelles elle avait peu de succès à la prison politique qu’elle est devenue sous le régime dictatorial du siècle passé, je me fais raconter la mémoire du pays dans un cadre idéal. Je passe d’une cellule à une salle d’exposition ou de vidéos, d’artéfacts fascinants à cette chapelle face à la mer, de façon passionnante et touchante. Et je ris à la barbe des fascistes d’alors d’apprendre que leurs prisonniers s’évadaient plutôt régulièrement d’ici! Bon, maintenant, on va aller prendre un verre au bar plus bas en attendant le retour d’une éclaircie!

 




La forteresse de Peniche se dresse à l’entrée de la péninsule depuis le XVIe siècle. La Révolution des Œillets de 1974 qui a libéré le Portugal du fascisme instauré par Salazar a, du même coup, libéré les prisonniers du régime. Elle est classée monument historique.

  

Impossible de ne pas découvrir une région du monde sans y faire un peu de randonnée. C’est donc ici, à Peniche, que je foulerai les sentiers portugais. Les sentiers par ici ne sont pas d’une grande difficulté mais parce qu’ils longent les falaises escarpées de la côte, ils offrent à mes yeux de superbes paysages maritimes. À l’Est de la péninsule, on suit la route jusqu’au Cap Carvoeiro en rencontrant parfois une petite plage ou un banc de parc judicieusement installé pour faire une pause. À l’Ouest, on atteint les hauteurs de Papôa, un îlot rocheux surplombant la mer, où les points de vue sont magnifiques et où pêcheurs et oiseaux migrateurs s’en donnent à cœur joie. Je pousse jusqu’à la pointe pour embrasser la région du regard et m’imprégner de l’océan que je ne reverrai pas avant plusieurs mois!

 






Peniche (et particulièrement Papôa) est reconnu comme un paradis géologique ayant conservé la mémoire historique de 20 millions d’années portugaises qui se sont inscrites dans sa pierre.

  

Entre la ville et les plages de Peniche, mon cœur balance! D’un côté, des terrasses et des restaurants, des maisons colorées sur un cap haut perché, des chapelles blanches et une église surmontée d’une horloge rassembleuse appellent à la découverte. De l’autre, des étendues infinies de sable blond que l’on contemple du haut des dunes, des vagues qui font le bonheur des surfers du monde entier (mais comment ils font pour sauter à l’eau à cette période de l’année) et des barques de pêcheurs amarrées au creux d’une crique, tout ici porte à la contemplation. Que cette région doit être vivante en été. Et les commerçants du centre sont si accueillants et sympathiques que je ne peux faire autrement que de prolonger la journée, après quelques heures en bord de mer, en hésitant sur le bistro à fréquenter. Pas question de choisir entre la plage et la ville, je prends les deux! Ah, tiens! Et si j’optais pour une soirée tapas…







La plage de Gamboa se trouve à deux pas de la ville, est donc facilement accessible sans voiture et reste relativement protégée par la végétation de ses dunes. Mais Peniche compte une bonne quinzaine de plages, de la plus petite, nichée au fond d’une anse, jusqu’à celles devenues de véritables stations balnéaires. On vient de partout dans le monde y pratiquer le surf et on trouve des écoles pour apprentis surfers partout en ville.


Décidément, malgré le faux pas de Sintra, le Portugal continue de me séduire. Il est maintenant l’heure de rejoindre l’incontournable Porto pour voir si la magie opère jusqu’à la fin de ce voyage (à suivre)…

 

 

INFOS PRATIQUES 

Hébergement testé : O Forte Guest House

Belle petite chambre privative dans une auberge bien située, à deux pas de la forteresse, du port et de plusieurs restaurants et bars. 29$ CAN la nuit, déjeuner inclus. En février, c’est résolument très tranquille, vous pourriez bien en être le seul occupant!


Se déplacer à Peniche

Je ne me suis déplacée qu’à pied pendant tout mon séjour. Mais il ne faut pas avoir peur de marcher sur de longues distances.

S’y rendre

De Lisbonne, en bus, à partir de la gare Sete Rios. 1h35 pour le trajet express. Quatre départs par jour. De 10€ à 12€ (14$ à 18$ CAN).

La forteresse de Peniche

Ouverte du mardi au dimanche. Prix d’entrée : 2€ (bien investi)!

L’Archipel des Berlengas

Les traversiers vers les îles à partir du port sont en fonction de juin à septembre. Les espèces marines et aviaires y sont nombreuses et on dit que les sentiers de rando sont magnifiques. L’aller-retour est de 20€ (31$ CAN avec surplus si vous ajoutez la visite des grottes).







Voyage effectué en janvier et février 2020. Les prix peuvent avoir changé et surtout, en période de pandémie, certaines visites ou trajets de bus/trains peuvent ne plus exister. Je vous conseille l'application Rome 2 Rio pour vérifier vos déplacements. Je rappelle aussi qu’un article portant exclusivement sur mes adresses gourmandes au Portugal sera publié… le plus rapidement possible! 😉

Pour découvrir Lisbonne, c’est par ici!

Pour vous rendre jusqu’à Malaga, on clique ici!

 

                                     VOUS AIMEZ? ÉPINGLEZ-MOI! 

6 commentaires:

  1. ça faisait des lustres que je n'avais pas lu un récit de voyage ... faut dire que le temps ne se prête pas trop à la découverte ^^ Alors Sintra, je connaissais mais sans connaître. Au moins maintenant j'en sais un peu plus : ta visite aura au moins servi à ça ! Et Peniche, mais pourquoi n'y sommes nous pas en ce moment même ?? C'est tellement choupinou ... ça ressemble un peu à Sète.

    (non pas du tout en fait ^^)

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    1. On sait tous qu'une ville au bord de la mer, ça ressemble toujours à Sète, voyons! ;)

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  2. Un joli voyage qui me fait rêver présentement. Merci pour ce moment!

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    1. Merci à vous! Si je réussis à vous faire rêver un peu en ce moment, ça fait ma journée!

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  3. je connais Lisbonne, mais pas ces deux escales, peut-être pour une autre fois (c'est surtout Porto qui me tente!)

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    1. Attend de lire mon article sur Porto, elle te tentera encore plus! ;)

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