J’écris rarement des billets qui portent à laréflexion (jamais en fait)! Je n’écrirai pas sur un sujet comme letourisme durable si je ne crois pas lemaîtriser parfaitement et plusieurs le font très bien. Ni sur le voyage en soloau féminin parce que pour moi, ç’a toujours coulé de source, je n’ai jamais eude crainte de sauter le pas et je n’ai jamais rencontré d’obstacle à ce type devoyage (que voulez-vous, personne de mon entourage n’a jamais émis de doute surl’un de mes voyages en solitaire et je n’en inventerai pas non plus pour fairecool)! Mais le présent sujet me tient trop à cœur pour ne pas y consacrerquelques lignes et je crois, très humblement, bien le connaître. Et c’est aussiune excuse pour vous parler de ma région.
Sortir des sentiers battus ? Impossible, dirontcertains. Risible, pour d’autres. Existent-ils vraiment encore des sentiers nonbattus à notre époque ? Je réponds par un énorme OUI! Suffit de se donner lapeine!
Lesvacances d’été seront là d’ici quelques semaines. Sur vos réseaux sociaux, vouspublierez vos photos de Paris, Barcelone ou Bali. Plus près de nous, ce seraQuébec, La Malbaie, Percé ou les grands parcs nationaux qui seront à l’honneur.Normal, je plaiderai coupable aussi! Ce n’est quand même pas pour rien si tousces endroits de la planète sont si courus par les touristes. Ils ont un charme,une aura ou une beauté indéniable. Mais pourtant…
Pourtant, ilexiste des milliers de villages enchanteurs qui ne demandent pas mieux que devous accueillir.Leur offre touristique est peut-être plus limitée, néanmoins, on y fait deformidables découvertes bien loin des foules agressantes et des instagrammeurstrop intenses. Ces petites villes, ces petits parcs, ces petits sentiersreprésentent bien souvent une évasion parfaite dans le calme de la nature.
Pourplusieurs de ces villages occidentaux, le tourisme représente un apportconsidérable à l’économie locale. Dansces endroits plus ou moins reculés, les retombées contribuent directement à lavitalité du milieu. Lorsqu’on sort des sentiers battus, on encourageinévitablement des petites entreprises familiales, des artisans qui bossent durpour se maintenir à flots, des initiatives citoyennes créatives etintéressantes, des organisations dévouées au développement de leur collectivité.Honni ailleurs, ce tourisme ici sert à maintenir les services, lesinfrastructures sociales ou commerciales, des emplois, l’environnement. Et on yopte presque toujours pour du développement durable parce qu’on reconnaît sonimportance.
Saint-Didace dans Lanaudière, un exemple de ces petits villages accueillants, prêt à faire la joie des touristes…
… avec son petit parc près de la rivière, ses sentiers pédestres du Mont-Marcil et ses Jardins du Grand-Portage pour amateurs d’horticulture.
Une alternative aux grandsparcs
L’association des parcs régionaux du Québec est un exemple concret de ces organismes prônant ces valeurscommunautaires. Loin de l’achalandage des grands parcs, ces plus petits parcsproposent des alternatives récréotouristiques exploitées par le secteurmunicipal et prônant le développement responsable, l’innovation et lacollaboration. De nombreux bénévoles ayant simplement à cœur leur régions’occupent de ces parcs. Avec une cinquantaine de membres, offrant activités deplein air et hébergements, vous aurez l’embarras du choix pour l’organisationde vos vacances.
Le Parc Régional de la Chute à Bull à Saint-Côme
Le Parc des Chutes Monte-à-Peine-et-des-Dalles, une régie inter municipale et un autre exemple de ces petits parcs qui méritent la découverte
Une histoire devillage
Laissez-moiégalement vous raconter l’histoire de mon village pour mieux illustrer monpropos. Saint-Gabrieldans Lanaudière fut, au cours desannées ’50 jusqu’en 1976, une station balnéaire immensément courue par lestouristes de l’Est de l’Amérique du Nord. On y débarquait par milliers en été,sur sa plage, dans ses restaurants, boutiques et salles de spectacle. Tous lesgrands noms de la chanson québécoise y séjournaient à un moment ou l’autre deleur carrière. Les plus vieux racontent souvent qu’il y avait des filesd’attente, tous les jours de l’été, devant tous les bars et restaurants de laplace. L’hiver, ses sentiers de ski et de motoneige étaient largementfréquentés. Et c’est tout le grand secteur Brandon qui en profitait. Puis, àl’hiver 1976, s’abat sur la ville une épidémie de fièvre typhoïde (qui, onl’apprit au printemps, fut causée par l’eau bue par les résidents). Bien sûr,on remédia alors à la situation et plus jamais le problème ne se représentamais le mal était fait et les touristes prirent peur. Les saisons qui suivirentfurent dorénavant boudés, la plage désertée, plusieurs commerces fermèrentleurs portes ou eurent bien de la difficulté à survivre pendant quelquesdécennies. Et conséquemment, la population s’est appauvrie et des services ont disparus.
Image d’archive tirée d’une carte postale: la plage de Ville Saint-Gabriel au cours des années ’60
Image d’archive: L’arrivée des skieurs à la gare de Saint-Gabriel au début des années ’40
Ici,le tourisme est véritablement primordial à l’économie locale comme biend’autres petits coins méconnus du pays. Heureusement, depuis quelques années,les gens reviennent tranquillement. Des événements sont créés, les gens dumilieu se sont relever les manches pour développer de nouvelles offres. Ici, uncharmant vignoble biologique, là, une boutique gourmande de produits duterroir, ici encore, une petite galerie d’art très intéressante et partoutautour, l’aménagement de sentiers de randonnée. Mais nous pourrions accueillirune bien plus forte concentration de touristes. Nous les recevons d’ailleurs àbras ouverts tout comme le font tous ces résidents fiers de leur coin du monde,qu’il soit situé au cœur des Laurentides ou au milieu de la savane africaine!
Maisil est difficile de convaincre les gens de venir jusqu’ici et il faut que lesmentalités changent dans ce domaine pour qu’une vraie curiosité et l’envieréelle de contribuer au développement des régions «hors des sentiers battus»s’installent en chacun de nous. Lorsque vient le temps de planifier lesvacances, Québec, Percé et La Malbaie remportent toujours la faveur. Pourtant, la région a de multiplesatouts : son magnifique lac Maskinongé, ses grands espaces enforêt, d’excellentes tables proposées par une nouvelle génération de chefs, despetits producteurs locaux qui s’y installent de plus en plus nombreux. Etsurtout, on n’y est pas à l’étroit, on ne bouscule personne pour se trouver unpetit coin pour pique-niquer, on ne fait pas la file pour faire une photo desmontagnes environnantes et je vous le jure, c’est vraiment beau par ici! Etc’est comme ça dans toutes les campagnes de la province. En prime, on découvresouvent ces régions à moindre coût.
Plage du Lac Maskinongé à Ville Saint-Gabriel
Les sentiers Brandon: pédestres du printemps à l’automne, pour les skieurs et raquetteurs en hiver
Des obstacles àvaincre et une concertation politique
Nousl’avons vu et lu cette semaine, le fédéral a finalement compris l’importance dutourisme pour ces petites communautés rurales et tentera de l’encourager (selonle discours de Mélanie Joly, ministre du tourisme au Conseil des relationsinternationales de Montréal et l’enveloppe budgétaire de 58,5 millions dudernier budget d’Ottawa). Ça peut paraître peu lorsque distribué à l’ensemble duterritoire canadien mais c’est déjà un début.
Évidemment,des problèmes de taille surgiront. D’abord la rareté de l’hébergement pourcertains de ces centres éloignés. Chez-moi, les possibilités sont limitées, ilfaut le dire mais ne sont pas nulles. Ça demande un peu plus de travail derecherche pour le touriste mais parfois, ça nous fait aussi découvrir de petitespépites bien accueillantes et l’expérience devient plus personnalisée. N’est-cepas ce que toutes les études affirment, que les voyageurs désirent de plus enplus vivre des expériences? Voyager en région en devient une, assurément!
Aussi,n’oublions pas le problème du transport. Nous sommes de plus en plusconscientisés par les effets néfastes du transport sur l’environnement. Letransport en commun devient la principale solution et les gens l’utilisent deplus en plus pour voyager. Toutefois, bien des communautés ne sont pas desserviespar un simple système de bus ou de train efficace. Il faut collectivement l’exiger,se convaincre les uns et les autres de sa nécessité et surtout, les adopter.
Maisrestons positifs. Si l’on démontre un véritable intérêt pour ces endroits, lesinvestisseurs suivront. Si on le demande, les intervenants se concerteront pouraméliorer ces situations.
Les grands espaces des réserves et pourvoiries des régions. Ici, la Réserve faunique Mastigouche à Mandeville
Par ce petit cri du cœur, je souhaitevraiment conscientiser le plus grand nombre à l’importance de voyager en dehorsdes traditionnels lieux de vacances parce que partout, il y a du beau et dubon.
Et si, cet été, on consacrait une seule finde semaine à sortir véritablement des sentiers battus, à aller rendre visite àun petit village de région pour encourager son tourisme local, pour ne pas quemeurent ses infrastructures, ses productions régionales et sa communauté. Onfinit tous par faire une différence. Et ne vous inquiétez pas, le wi-fi yexiste, vous pourrez donc publier vos magnifiques paysages sauvages et vosassiettes gourmandes sur vos réseaux sociaux!
Vous habitez, vousaussi, un village qui gagnerait à être connu? N’hésitez pas à en parler dansles commentaires ci-dessous et à nous le présenter. Vous piquerez peut-être lacuriosité d’un voyageur qui cherche de la nouveauté ou qui se sent concerné parla cause!
Sortir des sentiers battus est un état d'esprit porté vers la découverte, la nouveauté et l'envie de s'ouvrir au monde! Nul besoin de partir loin ou dans des coins reculé, c'est bien le regard porte qui est le plus important ! Le tourisme de masse permet a de nombreuses personnes de ressentir l'attrait de sortir de sa routine et de s'échapper de son quotidien ! Néanmoins, peu se laisse aller vers l'inconnu, vers l'envie d'être émerveillé, surpris ou étonné! Il faut avoir de la curiosité pour porter son regard là où les autres ne regardent pas ! Et la curiosité, ca s'apprend à n'importe quel âge, dans n'importe quel culture, dans n'importe quel lieu ! Que ce gout pour la curiosité développe une économie locale de proximité est à rechercher. N'empêche cette economie en s'ouvrant a la mondialisation par le web risque aussi un effet de masse ou la personnalisation n'est plus compatible ! Vraiment, un vaste sujet ….Mer Me d'avoir pose les bases d'une réflexion !
C'était le but. Simplement une petite prise de conscience qu'il y a du beau et du bon même dans ces régions oubliées et une forme de tourisme qui va bien plus loin que de faire "check" sur une liste d'incontournables. Merci de ton retour!
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Sortir des sentiers battus est un état d'esprit porté vers la découverte, la nouveauté et l'envie de s'ouvrir au monde! Nul besoin de partir loin ou dans des coins reculé, c'est bien le regard porte qui est le plus important !
Le tourisme de masse permet a de nombreuses personnes de ressentir l'attrait de sortir de sa routine et de s'échapper de son quotidien !
Néanmoins, peu se laisse aller vers l'inconnu, vers l'envie d'être émerveillé, surpris ou étonné! Il faut avoir de la curiosité pour porter son regard là où les autres ne regardent pas ! Et la curiosité, ca s'apprend à n'importe quel âge, dans n'importe quel culture, dans n'importe quel lieu !
Que ce gout pour la curiosité développe une économie locale de proximité est à rechercher. N'empêche cette economie en s'ouvrant a la mondialisation par le web risque aussi un effet de masse ou la personnalisation n'est plus compatible ! Vraiment, un vaste sujet ….Mer Me d'avoir pose les bases d'une réflexion !
C'était le but. Simplement une petite prise de conscience qu'il y a du beau et du bon même dans ces régions oubliées et une forme de tourisme qui va bien plus loin que de faire "check" sur une liste d'incontournables. Merci de ton retour!
Va falloir que je vienne faire un tour chez toi. Qui sait, peut être que j'aurais envie d'y rester définitivement… ��
On est le secret le mieux gardé en Amérique! 😉