
Louxor est considérée comme le plus grand musée à ciel ouvert du monde. Rien de moins! Et c’est surtout une ville incontournable lors d’un voyage en Égypte où s’est écrit l’histoire des grands pharaons sur deux millénaires et où leurs traces sont encore bien visibles. Bien avant les pyramides, c’est Louxor que je rêvais de voir par-dessus tout. Mais en autonomie, sans visite guidée où tout va souvent trop vite ou pas assez et qui peut gruger un petit budget. Mon bagage d’une autre époque en égyptologie me servait bien, je l’avoue. J’ai été éblouie à maintes reprises mais il est possible de faire l’impasse sur certains sites moins intéressants quand on est serré dans le temps. Si vous vous demandez quoi prioriser à Louxor et quoi laisser tomber et que vous aussi, vous préférez visiter par vous-mêmes, cet article est pour vous. Il vous offre une petite page d’histoire pour mieux comprendre les hauts lieux de l’antiquité égyptienne et vous dit quoi voir absolument (et quoi éviter) à Louxor sans guide!

Quoi voir (et quoi éviter) sur la rive Est de Louxor sans guide
On était arrivé tôt à Louxor et en attendant que notre chambre soit prête, on a débuté nos visites par le Musée de la momification, situé le long de la corniche. Il est tout petit mais ce fut une belle découverte pour moins de 6$ CAD! Avant de se lancer à l’assaut de la Vallée des Rois, il représente un arrêt très utile à voir absolument à Louxor sans guide pour en apprendre plus sur les rites funéraires et l’art de la momification, au cœur de la culture égyptienne antique.


Tout le monde va au temple de Karnak… et ça se comprend! Vous ne pourrez donc pas éviter les foules mais vous y verrez des merveilles de l’antiquité avec sa grande salle abritant une véritable forêt de colonnes recouvertes d’hiéroglyphes, ses statues pharaoniques, ses obélisques et son lac sacré. Si vous prenez votre billet d’entrée sur place, évitez le tarif supplémentaire pour le temple de Mout, non restauré et peu intéressant comparativement au joyau que représente Karnak.


Petite histoire de Karnak à Louxor sans guide
Karnak est un sanctuaire où les pharaons se sont succédés sur 2000 ans pour y rivaliser de richesses et de puissance. Tous voulaient alors y imposer sa marque pour prouver sa foi et impressionner. C’était le principal centre religieux de l’Égypte dédié avant tout au dieu suprême de la mythologie égyptienne, le dieu Amon-Rê, qui y sera représenté sous toutes les formes mais où d’autres dieux y seront aussi vénérés au cours des siècles : Osiris (dieu de l’agriculture et du royaume des morts, représenté par une haute coiffe blanche et portant crosse et fléau agricole), Horus (dieu du ciel et de la lumière représenté par un faucon) et Isis (déesse de la fertilité et de la magie, portant la perruque ornée du disque solaire et de cornes).
Au centre du complexe, on retrouve le lac sacré, un bassin d’eau construit sous Thoutmôsis III (autour de 1470 avant J.-C.) qui servait aux ablutions des prêtres du temple. Jusqu’à 80 000 prêtres officiaient à Karnak et percevaient impôts et cadeaux, ce qui allait en faire de très riches citoyens.

L’allée des Sphinx relie le temple de Karnak au temple de Louxor. C’est une longue allée bordée de sculptures et récemment restaurée au prix de plusieurs expropriations. Si vous visitez les deux édifices dans la même journée, vous pourrez emprunter cette ancienne artère de trois kilomètres d’un bout à l’autre. Sinon, il vous faudra en sortir à mi-chemin pour rejoindre la rue. La partie la mieux préservée est du côté du temple de Louxor. Mais à partir de Karnak, elle permet d’observer la vie des habitants dans les cours qui la bordent et d’en apprendre un peu plus sur le lieu grâce à de grands panneaux informatifs.

Le temple de Louxor était aussi un sanctuaire religieux où l’on célébrait les grands dieux égyptiens qui entraient au temple (ou plutôt, leurs statues) à partir de Karnak par l’allée des Sphinx, portés sur des barques appelées barques solaires. Son nom officiel est le temple d’Amon. Plusieurs pharaons y ont ajouté leur touche personnelle mais on retiendra surtout celle de Ramsès II pour ses énormes colosses de pierre le représentant et ses deux imposantes obélisques de granit rose dont l’une fut offerte en cadeau à la France en 1830 de notre ère et que l’on retrouve désormais sur la place de la Concorde à Paris.



La religion en ancienne Égypte
Il faut retenir une chose lorsqu’on visite Louxor sans guide. La religion et la mythologie égyptienne prenaient toute la place dans la vie quotidienne. On vénérait plusieurs dieux associés à des forces de la nature, on les représentait sur les murs des temples pour les invoquer et leur rendre grâce, on organisait cérémonies et grands rituels dans les temples pour leur faire des offrandes, on promenait leurs statues, on reconstituait les mythes qui leur étaient associés en priant pour des retombées positives. Et les pharaons eux-mêmes, dignes descendants de ces dieux, faisaient la même chose pour leur propre personne en inscrivant leur histoire sur les monuments. C’est donc beaucoup de ces traces que l’on retrouve sous formes d’hiéroglyphes ou d’objets anciens dans tous ces lieux sacrés de l’Égypte.

Impossible aussi de ne pas se perdre un peu dans le souk de Louxor, particulièrement en fin d’après-midi pour relaxer à l’ombre d’une terrasse d’un café, le temps d’un thé à la menthe ou d’une chicha ou en soirée pour tester vos aptitudes dans l’art du marchandage!

La rive Ouest de Louxor sans guide… mais avec chauffeur!
Outre la Vallée des Rois, les principaux sites de la rive Ouest du Nil à Louxor sont dispersés dans le désert. Pour nous simplifier la vie, on a donc réservé les services d’un jeune chauffeur de taxi, qui s’installait chaque jour au coin de la rue de notre hôtel, pour nous balader d’un endroit à l’autre. Si vous optez pour cette façon de faire, soyez clairs dès le départ sur ce que vous vous attendez à voir et restez fermes. Après avoir choisi quatre sites, on a voulu revenir sur notre accord et nous en proposer seulement trois pour le prix établi. Sur l’heure du lunch, le chauffeur nous a menés vers un restaurant entre deux visites (voir mes bonnes adresses à la fin de l’article) et alors qu’il s’apprêtait à nous attendre sagement à l’extérieur, nous l’avons plutôt invité à se joindre à nous pour un repas qui s’est avéré vraiment sympathique et où il a pu mieux prendre ses aises et nous raconter sa vie d’égyptien. Pour vous donner une idée, nous avons déboursé 55 $ CAD pour cinq heures d’accompagnement incluant le repas du chauffeur.
Premier arrêt, le temple d’Hatshepsout, une des rares femmes à atteindre le pouvoir suprême. Imposant comme la reine qu’elle était (on l’aperçoit même de la rive Est), presque aux allures d’un bâtiment de l’ère soviétique, il trône sur trois étages au bout d’un longue allée, au milieu du désert. Ce n’est pas que le bâtiment qui en impose. C’est aussi le décor planté entre de hautes falaises de calcaire et c’est d’abord ce qui mérite la visite. Le temple connut malheureusement certaines époques de destruction notamment lorsque le beau-fils et successeur de la reine, Thoutmosis III, tenta d’effacer son existence en défigurant les statues et sculptures à son effigie.


C’est au deuxième arrêt que j’ai eu un méga coup de cœur: Medinet Habou! Construit par Ramsès III en 1184 avant J.-.C., ce temple funéraire est plutôt méconnu et sous-estimé, en témoigne le faible achalandage sur les lieux, mais il est ô combien magnifique. Si vous ne deviez consacrer votre temps qu’à un seul monument, choisissez celui-ci! Lieu de culte il fut aussi le centre administratif et économique de Thèbes (ancien nom de Louxor) pendant quelques siècles et résidence personnelle de celui qui est considéré comme le dernier des grands pharaons et de sa famille. En plus d’une architecture remarquablement bien conservée, on entre dans les cours de l’ancien palais, dans les appartements des nobles ou dans les salles du harem royal.



Deir el-Médineh, c’est le village des artisans chargés de construire les tombes et les temples et dont leurs propres tombeaux regorgent de scènes de la vie quotidienne. Parce que l’Égypte antique n’était pas qu’une affaire de grands rois, aller à la rencontre des petits ouvriers d’il y a 4000 ans et de leurs maisons enfouies dans la montagne est une extraordinaire aventure. Avec le billet d’entrée, on peut accéder au site, au petit temple et à trois tombes. Parce qu’entre deux contrats de pharaon, eux aussi creusaient leur tombe! Les tombes sont étroites, de petite taille et sous terre, mais les dessins qu’on y trouve sont touchants par leur représentation de la vie de tous les jours.

C’est au Ramesseum que nous avons terminé cette première incursion sur la rive Ouest de Louxor sans guide. Site funéraire de Ramsès II, disons qu’il manque un peu d’amour! On dit que sa statue était la plus grande de tout le pays mais… elle gît maintenant sur le sol en trois morceaux! Peut-être que si nous avions débuté la journée ici, avant de voir des splendeurs antiques plus impressionnantes, j’aurais été moins déçue de ce dernier arrêt. Toutefois, on avait tous les vestiges de l’endroit que pour nous.



Et la Vallée des Reines ?
Parce qu’on ne peut pas tout voir en voyage, qu’on doit faire des choix et qu’on ne souhaitait pas courir du matin au soir, on a fait l’impasse sur la Vallée des Reines. Il faut savoir aussi que seulement quatre sépultures sont normalement ouvertes au public et que la plus importante d’entre elles (et celle qui m’intéressait le plus), celle de Néfertari, épouse bien-aimée de Ramsès II, était fermée lors de notre passage.

Quoi voir absolument dans la Vallée des Rois à Louxor sans guide
C’est souvent par la Vallée des Rois que culminera un voyage à Louxor et pour cause. Dans notre imaginaire collectif, les tombeaux des pharaons possèdent une part de magie et de mystère. Et contrairement à l’idée qu’on peut s’en faire, ici, il n’y a pas de couloir étroit où on doit se plier en quatre pour atteindre une chambre funéraire. Une entrée générale donne accès à trois tombes de la vallée parmi une dizaine accessibles au public. Quatre tombes nécessitent des billets d’entrées supplémentaires: Séti 1er, Ramsès V et VI (une seule tombe partagée), Hatshepsout (vue précédemment) et Touthankamon.



Rites funéraires et croyances en ancienne Égypte pour voir Louxor sans guide
En ancienne Égypte, on croyait en l’au-delà et on se préparait toute sa vie au passage vers cet autre monde. Le pharaon se faisait enterrer avec tous les objets nécessaires à sa vie dans l’au-delà : vêtements, bijoux, nourriture, armes. C’était beaucoup dans l’abstrait, le surnaturel. S’il avait besoin d’une barque pour se déplacer, on lui confectionnait une réplique d’une petite barque qu’on ajoutait au trésor royal dans sa tombe. On pouvait aussi simplement dessiner sur les murs ce qu’il apportait avec lui. Lorsqu’un pharaon arrivait au pouvoir, il s’ingéniait à bâtir son trésor royal jusqu’à la fin de sa vie. Les pharaons à la longévité exceptionnelle eurent donc un tombeau exceptionnel. Par exemple, Ramsès II (au pouvoir pendant 60 ans) et Hatshepsout eurent des monuments grandioses.

Et on en arrive inévitablement à… Touthankamon! Touthankamon qui fut en fait un pharaon mineur au pouvoir pendant seulement 6 ou 7 ans. Pourquoi est-il donc devenu une vedette de l’égyptologie moderne ? En 1920, lorsque Howard Carter découvre sa tombe, elle n’a pas encore été pillée et elle est intacte contrairement aux autres. Les trésors qui s’y trouvent sont tous intacts et éblouissent tous ceux qui les voient. On mesure mieux la richesse qui devait se trouver dans les tombeaux des grands pharaons lorsqu’on visite le nouveau Grand Musée Égyptien (le GEM) au Caire et qu’on constate tout ce qui fut retrouvé dans celui de Touthankamon.

Sur les murs des monuments, on remarquera ces cartouches, cadre arrondi où était gravé le nom du pharaon et qui devait le protéger des mauvais esprits.
Les sépultures de la Vallée des Rois sont plus magnifiques les unes que les autres. Privilégiez les tombes colorées des Ramsès et celle de Touthankamon où l’on observe facilement le travail remarquable des artisans. Pour tout vous dire, je croyais que les couleurs avaient été bien plus altérées au fil des siècles! Nous n’avons pas opté pour la visite de celle de Séti 1er, beaucoup plus chère mais moins fréquentée et qui, semble-t-il, est une merveille. Mais j’ai été subjuguée par celles des Ramsès, mais aussi par celle de la reine Taousert partagée avec le roi Sethnakht, de purs inconnus jusque là. Elle est peut-être moins flamboyante que d’autres mais reste très intéressante. Plus on s’éloigne de l’entrée principale, moins il y a de monde même si le site n’est pas si grand. Pas besoin d’aller bien loin pour se retrouver quasi seul au cœur de la nécropole.



Bonnes adresses à Louxor
On dort où à Louxor ?
Nefertiti Hotel Luxor (Al-Sahaby Lan, Rive Est): Pour sa localisation stratégique face au temple de Louxor et tout près du Nil, sa belle terrasse avec vue pour des petits-déjeuners copieux et ses tarifs économiques. Mais aussi pour l’histoire du lieu et ses chambres qui ont gardé leur cachet d’origine.

On mange où à Louxor ?
Jamboree Restaurant (Abd El-Hameed Taha, Rive Est): Au cœur du souk, avec une terrasse au dernier étage offrant une vue directe sur les étals des marchands et où les locaux ont leurs habitudes, ce fut mon restaurant préféré de la ville au point d’y retourner plusieurs fois. Un service aux petits soins et des prix imbattables pour une qualité inégalée. Les tajines, les keftas et les poissons sont tous excellents.

Al-Sahaby Lane Restaurant (Al-Sahaby Lan, Rive Est) : Situé au dernier étage du Nefertiti Hotel Luxor, il a l’avantage de sa vue donnant directement sur le temple de Louxor et le Nil et celui de pouvoir passer facilement de la terrasse à sa chambre. Les shish taouk servis sur le grill sont à recommander.

Restaurant Paris (Al Bairat, Rive Ouest) : À quelques pas des Colosses de Memnon, c’est immanquablement un restaurant à vocation touristique où nous a menés notre chauffeur lors de notre virée sur la rive Ouest et fait pour de grands groupes de visiteurs. Et même si les prix sont légèrement élevés, on y mange vraiment bien et en grande quantité puisqu’on vous apportera une foule de plats typiques à partager. Ici, on a pu négocier le prix à la baisse (prix fixe pour tous selon un menu déjà établi) et on a laissé le patron décider du repas et ma foi, c’était parfait comme ça et hyper sympathique!

Pour un thé ou une chicha à Louxor
Cafe Om Kalthoum Since 1970 (Abd El-Hameed Taha, Rive Est): Situé au coin d’une ruelle du souk de Louxor, ce café porte le nom de celle qui avait la réputation d’être la plus grande chanteuse du monde arabe et qui, selon les photos affichées sur les murs de l’établissement, l’a déjà visité. Avec sa terrasse ombragée, c’est l’endroit idéal pour faire une pause et profiter d’un jus de fruit, d’un thé ou d’une chicha. Charmant endroit!

Mes études en histoire m’ont bien servie en Égypte. Elles m’ont accompagnée pour mieux visiter et m’imprégner des lieux à voir absolument (ou à éviter) à Louxor sans guide. Toutefois, je conçois bien qu’on puisse vouloir en faire le tour grâce à une visite guidée qui restera toujours pertinente. Mais si vous rêvez aussi à un séjour à Louxor entièrement autonome, j’espère que ce petit guide virtuel vous sera utile.
Louxor, c’était mon eldorado. Mais je ne savais pas encore que j’allais prendre une claque avec ce qui suivrait mon séjour à Louxor. À suivre bientôt sur le blogue!

Voyage effectué en janvier 2026.
Pour connaître mon budget et mon itinéraire en Égypte, suivez ce lien.
Pour une étape au bord de la mer Rouge, c’est par ici.
Pour préparer votre séjour à Assouan, on clique ici.
Envie de remonter le Nil en croisière ? Vous saurez tout ce qu’il y a à savoir par là!



je regrette tellement de ne pas avoir pu faire la valee des reines….
Mais visiter l’Égypte en autonomie, c’est possible entre homme ou en couple.
Moi seule je ne m’y risquerais pas, même si l’idée est plus que tentante.
Pour cette première fois, j’ai pas osé partir seule. Mais maintenant que je connais les codes, je n’aurais aucun problème! C’est plutôt facile, on finit toujours par faire affaire avec des gens habitués avec les touristes et les égyptiens sont respectueux.