De Lisbonne à Porto ~ chroniques portugaises : Lisbonne
De Lisbonne à Porto
chroniques portugaises
Première partie : Lisbonne
Un dimanche soir de janvier, aéroportde Montréal, je quitte pour le Portugal et je ne suis même pas encoreconvaincue que j’ai vraiment envie de m’y retrouver. Je ne connais que troismots de portugais, pas tellement plus à propos de son Histoire et de sagastronomie (que voulez-vous, c’est toujours ce qui m’attire d’abord dans lescontrées que je visite) et j’ai plein de préjugés sur cette région du monde. Jecrains tellement que ce soit envahi de touristes. J’ai l’impression que tout lemonde va (trop) là, peu importe la saison et ça, c’est pas toujours compatible avecmoi! En plus, lors de l’escale à Toronto, tout le personnel porte le masque.Vraiment? Mais bon, il est un peu tard pour reculer alors allons voir si lePortugal peut finalement réussir à me vendre du rêve…
Àce moment-ci, je sais que vous vous demandez pourquoi j’ai choisi d’allerpasser une dizaine de jours au Portugal, de Lisbonne à Porto. Sachez qu’aprèsavoir fait quelques recherches sur les destinations européennes qui entraientdans mon budget (parce que je dois retrouver des amis à Paris en février), lePortugal était le pays pour lequel le billet d’avion était le moins cher (finde la justification de cette entrée en matière peu invitante mais si vous cherchiezde l’authentique, en vlà)!
Lisbonne
Arrivéeà Lisbonne sous un ciel gris et unepetite bruine (rien pour l’instant quim’envoie du rêve ^^). Heureusement, le métro est tout simple et je rejoinsfacilement mon auberge. Ah! Ça semble plutôt convivial ici. En attendant que machambre soit prête, on me conseille la visite d’un musée pas très loin qui,selon le garçon à la réception, serait le musée le plus intéressant en ville (particulièrement lorsqu’il pleut). Maispour l’instant, je ne rêve que d’un café pour mieux débuter ce séjour et çatombe bien, il y en a un au coin de la rue. Bon, comment je commande ça enportugais un café? Tiens, la fille devant moi a un café au lait qui sembleparfait. Je veux la même chose. On dit ça comment café au lait dans votre langue? Cafe galāo. Vendu! En prime, lecafé ne coûte qu’un seul euro, il est divin et le boire sous le grand parasolde la terrasse fait beaucoup de bien au cœur de l’hiver. Déjà, Lisbonne me semble plus engageante…
La Fondation Calouste Gulbenkian c’estla collection personnelle d’un ancien magnat du pétrole. Art égyptien,gréco-romain, perse, oriental, européen. Une chose est sûre, il avait des goûtséclectiques! Je craque pour les céramiques chinoises du XVIIe et lesenluminures françaises.
Unpremier matin à Lisbonne sous lesoleil, ça s’annonce déjà mieux! Quelques minutes en métro et je me retrouve aucœur du quartier historique Alfama,l’un des plus anciens de la ville, bâti sous la domination musulmane deLisbonne (vous savez maintenant d’oùvient le «Al» de Alfama, de rien)! Il faut savoir qu’une bonne partie de laville fut détruite lors du grand tremblement de terre de 1755 mais qu’ici, lesbâtiments résistèrent plutôt bien. Ça monte, ça monte et ça redescend.
J’aibien prévu me rendre au château, tout au sommet de la colline mais pourl’instant, je me perds avec délice au hasard de ses rues labyrinthiques (et puis bon, je l’avoue, je ne trouve pasvraiment mon chemin non plus et j’adore ça)! Impossible de ne pas s’arrêteraux miradors pour admirer les différents points de vue. Lisbonne m’y apparaît colorée d’un côté, fluviale de l’autre ettoujours sincère. Elle ne cherche pas à se faire aimer à tout prix. Elle seprésente telle qu’elle est. Parfois paumée mais sans se dérober à sa condition,parfois insaisissable nous donnant le sentiment d’en vouloir un peu plus (et probablement exaspérante mais assumée en d’autressaisons) et elle semble nous dire : «me voilà, alors, tu m’ouvres lesbras ou pas» ?
Bien installée sur ses sept collines, c’estdevenu un incontournable de voir Lisbonne par ses miradouros, les belvédèresdisséminés dans ce paysage vallonné. Chacun offre une vue remarquable sur laville et possède un kiosque où se restaurer et prendre la pose. Mes favoris ? Celuide Santa Luzia et son voisin, celui de Portas do Sol pour la vue sur le fleuveapaisant et celui du Parque Eduardo VII pour prendre toute la dimension de laville (et tomber sur une œuvre de Botero de l’autre côté de la rue).
Jeredescends un peu (il me semble être déjàpassée par ici) puis j’aperçois cet arbre aux racines enchevêtrées et peucommunes. Je sors l’appareil-photo en me disant que ça serait bien si le trampassait juste à côté. Oh tiens! Lisbonne me donne ce que je demande. Parfois,il s’agit de peu pour que le coup de cœur s’installe tranquillement…
C’est le transport le plus authentique deLisbonne qui dessert les quartiers historiques. Son plus célèbre représentant,le tram 28, brinquebalant à souhait, est toutefois fort achalandé. La meilleureastuce est sans doute de le prendre au tout début de la ligne.
Deuxheures plus tard, j’atteins finalement le châteauSāo Jorge. Léger détour pour découvrir un pan de l’histoire du pays. Duhaut de sa colline, dominant toute la ville, je comprends bien l’importancestratégique qu’il a du avoir au cours des siècles pour les peuples qui l’ontdéfendu. Devenu palais royal puis caserne et prison, c’est toujours unsentiment indéfinissable de marcher sur ces vieilles pierres et d’aller fouinerdans tous les recoins en imaginant croisés ou rois déambuler sur ses murailles.
«Devenu palais royal puis caserne et prison,c’est toujours un sentiment indéfinissable de marcher sur ces vieilles pierreset d’aller fouiner dans tous les recoins en imaginant croisés ou rois déambulersur ses murailles.»
Bon,il faudrait bien que je rentabilise un peu mieux ma Lisboa Card maintenant. Çatombe bien, je me suis arrêtée le temps d’un verre de vin sur la Praça do Comércio, juste à côté du Lisboa Story Centre où, grâce àma carte, l’entrée sera gratuite. On m’y raconte d’abord l’histoire des grandsnavigateurs portugais et de leurs périples sur la planète que je connaissaisdéjà. Mais plus la visite avance et plus je découvre l’âge d’or de Lisbonne et lavie lisboète au moment où elle acquiert son statut de ville la plus riche dumonde. Encore mieux, j’apprends tout sur l’importance du tremblement de terrede 1755 (vous saviez qu’il s’agitprobablement du tremblement de terre qui a connu la plus forte intensité del’histoire de l’humanité?) et l’existence du marquis de Pombal qui prit enmain la reconstruction de la ville. L’Histoiredu Portugal est bien plus intéressante que je ne le croyais!
CettePlace du Commerce, ravagée ce jour fatidique de novembre 1755, je ne la voisplus du même œil. Curieuse de voir maintenant le quartier Baixa, complètement démoli et rebâti selon les plans du fameuxmarquis, j’y passe faire un petit tour de ses rues dorénavant bien quadrillées.L’atmosphère est plutôt cool ici, jeuneet moderne. Tout comme ce marché, temple de la gastronomie portugaise, quej’aperçois de l’autre côté de la rue (promis,je vous reviens sous peu avec un petit guide gastronomique et mes bonnesadresses). C’est décidé, on termine la journée ici, à l’endroit où je merends compte que moi et les accents, ça fait deux, surtout lorsque j’essaiebien fort de commander mes assiettes en portugais et que le serveur me répond…en français! Saúde!
Un peu partout àLisbonne mais aussi au Portugal, impossible de ne pas remarquer la présence detous ces azulejos, ces carreaux de faïences décorés et agencés pour représenterscènes historiques ou de la vie quotidienne ou simplement quelques motifsabstraits ou géométriques. Généralement bleus et blancs, selon la techniquerapportée par les Maures, ces célèbres carreaux se sont aussi raffinés etcolorés au cours des siècles. De véritables œuvres d’art que l’on retrouve tantcomme revêtement extérieur que comme élément décoratif à l’intérieur desmaisons. On peut même visiter le Musée National des Azulejos.
Unautre jour à Lisbonne où jem’éloigne un peu du centre. Direction le quartier de Bélem pour suivre les traces des grands explorateurs du passé. Onm’avait dit de descendre à l’arrêt de bus dès que j’apercevrais le monument aux Découvertes. En effet, il faut être bien distrait pour rater les monuments emblématiques du quartier dont,également, la Tour de Bélem. On ditde cette construction militaire qu’autrefois, elle se dressait au beau milieudu Tage mais que le tremblement de terre de 1755 ayant modifié le cours dufleuve, elle se retrouva ensablée et rattachée à la terre…
Lefameux monastère des Hiéronymites (j’aime mieux l’appeler dans la langueportugaise, le monastère des Jerónimos, c’est plus simple à retenir) se trouvejuste à côté. Allons-y! À voir les longues allées cernées de cordons pourconcentrer les files d’attente, il doit parfois avoir bien du monde par ici.Mais là, au milieu de l’hiver, je suis la 3e en ligne et trèsheureuse (j’haïs les files d’attente)!Entre le monastère et moi, c’est un coup de foudre instantané. Son cloître estcertainement le plus beau que j’ai vu de ma vie et le faste de ses détailssculpturaux me laisse le souffle coupé. Ici, je prends toute la mesure del’ancienne toute-puissance du pays.
Le Monastère des Hiéronymites (ou mosteirodos Jerónimos) fut érigé dès 1502 par le roi Manuel I grâce aux richessesamassées par le royaume avec le commerce des épices pour accueillir l’ordre desHiéronymites. Les marins venaient y chercher protection avant leur départ pourdes contrées lointaines. On y retrouve d’ailleurs le tombeau de Vasco de Gama(et de plusieurs membres de la famille royale).
Àma sortie du monastère, je m’attarde encore un peu sur son parvis pour admirer sestours magnifiquement ouvragées avant de retourner me poser près du fleuve,hypnotisée par le va-et-vient des mouettes, jusqu’à ce que mon estomac me fassesigne. Je m’attable rapidement au premier restaurant rencontré, à quelquesmètres du passage incessant des touristes. Oui, je sais, ces endroits trop biensitués sont rarement gage de qualité. Mais même si la terrasse et les sardinesdans l’assiette du client qui s’y trouve me font envie, je ne me fais pas tropd’illusions. Au moment où mes sardines grillées et ma carafe de vinatterrissent devant moi, c’est alors que la révélation se fait! Mon dieu quel’on mange bien au Portugal, partout et pour tellement pas cher! L’Europe del’ouest encore plus abordable que le Québec, je peine à y croire et pourtant.
Encoreune journée à Lisbonne demain. J’hésite. Je poursuis mon exploration de cetteville qui me surprend agréablement et qui s’avère finalement un coup de cœur biensympathique ou j’embarque dans un train pour découvrir sa région? Bah! On verrabien au réveil. Ferais-je le bon choix? C’est ce qu’on verra dans ma prochainechronique…
Une auberge conviviale etaccueillante avec de grande chambre privative. $48 CAN la nuit (déjeuner compris). Idéalementsituée, juste en face de la station de métro Saldanha (transport direct del’aéroport et jusqu’aux quartiers touristiques). N’hésitez pas à vousrenseigner à la réception pour plus d’infos sur votre séjour, on y donned’excellents conseils. Et les déjeuners sont certainement parmi les plus délicieuxet copieux que j’ai connus en auberge!
Transport en commun illimité(incluant les trams et les ascenseurs et le train pour Sintra et Cascais).
Entrées gratuites pourplusieurs monuments et musées de Lisbonne et Sintra (dans cet article :Lisboa Story Center, la Tour de Bélem, le Monastère Hiéronymites mais pas pour le château Sāo Jorge) etréduction pour une soixantaine d’attractions (dont le Musée CalousteGulbenkian).
Tarif : 20€/24 heures,34€/48 heures, 42€/72 heures (disponible dans les offices de tourisme dontcelui de l’aéroport).
À moins d’être très actif enpeu de temps et d’avoir le temps d’inclure Sintra dans le forfait, il est difficile de la rentabiliser.
Météode janvier
Non, ce n’est pas l’été. Oui,c’est souvent plus gris. Mais outre mon arrivée sous la pluie, j’ai vu lesoleil qui fait rapidement monter le mercure jusqu’à 18o et quipermet de dîner en terrasse le midi. Et puis, être hors-saison, ne pas faire lafile nulle part et payer son vol bien moins cher, est nettement un avantage!
Transport
J’ai voyagé avec Air Transat: Vols toute l’année de Montréal (escale à Toronto en hiver, vol direct en été). Possibilité de multi-destinations (arrivée à Lisbonne et départ de Porto ou Faro). Dans mon cas, je suis repartie de Paris. Prix payé pour l’aller-retour: $648 CAN.
Jene vous ai pas parlé de restaurants et de gastronomie portugaisevolontairement. Je reviendrai avec un article complet parce que j’ai beaucouptrop de bonnes adresses à partager avec vous!
Je ne suis pas surprise que tu aies aimé Lisbonne ! Mais je m'étonne que tu en aies eu une image si négative avant de partir. Cela dit, en France on a des liens très proches avec le Portugal et c'est une destination très populaire. J'aime tellement Lisbonne, je n'ai que de bons souvenirs là bas ! Ton article me donne bien envie d'y retourner !
Tes photos sont magnifiques et me donnent envie de retourner à Lisbonne. Notre premier séjour était un peu trop court à mon goût (3/4 jours), et puis j'ai envie aussi de découvrir Porto. Tu l'as compris j'aime le Portugal 🙂 Et toi, maintenant je crois que tu l'aimes un peu plus qu'au départ? 🙂
Une ville qui se découvre lentement et c'est trop vrai que ce fut court pour moi aussi! Attend de voir mon article dédié à Porto, tu auras encore plus envie d'y aller! 😉
Je vois que tu as fini par succomber toi aussi au charme de la belle Lisboa, pour moi ce fut un véritable coup de coeur. Merci pour cette belle balade à ta suite et à travers tes jolies photos. Tu as pu goûter les fameuses Pastéis?
Comme quoi, tout tient parfois à un café pour démarrer du pied. Sinon, je prends bonne note pour la cabane en bois, aller chercher de l'inspiration dans le monastère des Jerónimos 😉
Je comprends que tu aies aimé, on ressent une ambiance très agréable dans tes photos. Je pense qu'en effet à cette période de l'année, visiter Lisbonne doit être un régal. Du Portugal, je ne connais que Porto, mais je suis sûre que Lisbonne trouverait une petite place dans mon cœur et ton article le confirme 😀 !
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Je ne suis pas surprise que tu aies aimé Lisbonne ! Mais je m'étonne que tu en aies eu une image si négative avant de partir. Cela dit, en France on a des liens très proches avec le Portugal et c'est une destination très populaire. J'aime tellement Lisbonne, je n'ai que de bons souvenirs là bas ! Ton article me donne bien envie d'y retourner !
Mais ici aussi c'est une destination très populaire. D'où mon image négative d'ailleurs! 😉
Tes photos sont magnifiques et me donnent envie de retourner à Lisbonne. Notre premier séjour était un peu trop court à mon goût (3/4 jours), et puis j'ai envie aussi de découvrir Porto.
Tu l'as compris j'aime le Portugal 🙂
Et toi, maintenant je crois que tu l'aimes un peu plus qu'au départ? 🙂
Une ville qui se découvre lentement et c'est trop vrai que ce fut court pour moi aussi! Attend de voir mon article dédié à Porto, tu auras encore plus envie d'y aller! 😉
Je vois que tu as fini par succomber toi aussi au charme de la belle Lisboa, pour moi ce fut un véritable coup de coeur. Merci pour cette belle balade à ta suite et à travers tes jolies photos. Tu as pu goûter les fameuses Pastéis?
Évidemment! Le Portugal sans pastéis, ce n'est pas vraiment le Portugal! J'en reparlerai d'ailleurs.
Comme quoi, tout tient parfois à un café pour démarrer du pied.
Sinon, je prends bonne note pour la cabane en bois, aller chercher de l'inspiration dans le monastère des Jerónimos 😉
Haha! Là, tu m'as fait bien rire! Mais tu sais, je suis pas si exigeante en matière de cabanes en bois. Tant qu'elles sont au bord de la mer! :p
je garde aussi un très bon souvenir de Lisbonne ! En revanche, je ne connais pas Porto.
Lisbonne est surprenante et très accueillante! Jet ne peux que te conseiller Porto, un coup de coeur (que je raconterai bientôt, promis)!
Je comprends que tu aies aimé, on ressent une ambiance très agréable dans tes photos. Je pense qu'en effet à cette période de l'année, visiter Lisbonne doit être un régal. Du Portugal, je ne connais que Porto, mais je suis sûre que Lisbonne trouverait une petite place dans mon cœur et ton article le confirme 😀 !
Je ne m'attendais pas à aimer cette ville autant! Et je parlerai de Porto aussi bientôt, un plus gros coup de coeur pour moi!