Aller au contenu
MatanteA » Amériques » États-Unis » Le jour où je me suis prise pour Scarlett O’Hara

Le jour où je me suis prise pour Scarlett O’Hara

 
LOUISIANE
Le jour où je me suisprise pour Scarlett O’Hara
 
Sur la route desanciennes plantations
 
Sivous me suivez régulièrement (commentpourriez-vous faire autrement, non??!!), vous savez déjà que la visited’anciennes plantations sudistesétait un incontournable de mon voyage en Louisiane.Je ne pouvais absolument pas passer à côté. Depuis mon adolescence (en fait, depuis que j’avais vu le magnifique«Autant en emporte le vent»vers l’âge de 14 ou 15 ans), je rêvais de voir de près l’une de cesplantations typiques du Sud des États-Unis où trône en reine au milieu deschamps l’une de ces immenses demeures aux colonnades blanches sortiesdirectement d’un épisode de la guerre de Sécession. Haaa ce que peut engendrerchez une fille l’imaginaire hollywoodien!
Puisqueje voulais que cette journée reste gravée dans ma mémoire, j’avais faitbeaucoup de recherches au préalable sur les différents circuits proposés parles tour-opérateurs de la Nouvelle-Orléanspuisque j’allais voyager sans voiture. Comme je vous l’ai déjà expliqué ICI et ICI, ilen existe plusieurs qui offrent diverses excursions combinant habituellementdeux plantations situées dans la région de Vacherie,à quelques kilomètres au Nord de NOLA (certains proposent aussi le comboplantation-bayous en une journée). Si vous louez une voiture sur place, vouspourrez visiter toutes celles que vous désirez en suivant la route desplantations longeant le Mississippi.
 
J’aichoisi de faire affaire avec Louisiana Tour Company pour un tarif de 82$ US.Pourquoi? D’abord parce que je voulais absolument mettre les pieds à Oak Alley Plantation, la plus connue (oui, c’est aussi la plus touristique maisque voulez-vous, c’était non négociable et j’étais hors-saison après tout!)mais surtout, celle qui répondait exactement aux idées que je me faisais d’uneplantation : majestueuse, toute blanche et, avec sa longue allée de grandschênes, ultra photogénique!
 

L’imposante demeure de Oak Alley Plantation impressionne dès le premier regard

 
Autrepoint très important pour moi, la compagnie nous laissait plus d’une heurelibre sur place avant la visite guidée. De quoi m’en mettre plein la vue (et l’appareil-photo! J’ai d’ailleursmitraillé le domaine sous tous ses angles pendant ce temps libre).  C’est par curiosité que j’ai choisi commedeuxième visite celle de LauraPlantation. Aux accents créoles et tout à fait différente de l’idée quel’on se fait des luxueuses demeures de planteurs, j’étais intriguée de la voirde plus près. Et je vous le dis d’emblée : ce fut un excellent choix!

L’invitant balcon de Laura Plantation

Oak AlleyPlantation
 
 

Avant même d’y être, je voulais absolument immortaliser cet endroit. Cette photo a été prise des milliers de fois mais c’est toujours spécial quand c’est toi qui la prends!

 
Lemini-bus de la compagnie qui offrait cette excursion est venu me chercher à laporte de l’auberge à l’heure prévue pour nous mener d’abord vers Oak Alley Plantation. L’heure du midiapprochant, j’ai choisi de me restaurer à la cafétéria de l’endroit (il existe aussi un vrai restaurant sur leslieux mais je voulais profiter au maximum du temps qui m’était alloué avant lavisite guidée et on nous avait prévenus que le service pouvait être un peu long)et le sandwich était très bon. Nous y avons même débarqué plus tôt que prévu etj’avais donc du temps devant moi pour faire le tour de la propriété. Et je n’aipas été déçue, loin de là! Entourée de champs de cannes à sucre (ha oui, j’ai oublié de vous mentionner qu’enLouisiane, c’était la canne à sucre qu’on y cultivait!), je me suispromenée entre les anciens bâtiments réservés aux esclaves jusqu’au manoir.
 

Quartier des esclaves à Oak Alley Plantation. Chaque case comprenait deux pièces séparées qui étaient chacune occupée par une famille différente de 6 à 15 personnes.

 
 
 
Etce manoir, photographié maintes fois, avec sa longue allée de 28 grands chênesplantés dès le début du XVIIIe siècle est encore plus beau etmajestueux en vrai. J’ai aussi pris le temps de déambuler dans les jardinsattenants en m’imaginant maîtresse des lieux. J’ai même cru que la dure maispassionnée Scarlett du filmsommeillait en moi! Tout semble carrément magnifié ici.

Les jardins de Oak Alley Plantation aménagés par Josephine Stewart, dernière maîtresse des lieux

Au-delà de la propriété se dressent les champs de cannes à sucre

 
 
Lavisite guidée de l’intérieur est aussi fort intéressante. On nous raconteprincipalement l’Histoire des familles françaises et américaines qui ontexploité les lieux depuis 1837, date de sa fondation, de leur mode de vie et deleurs petits et grands secrets.
 

L’inventaire des domestiques de la maison.Ligne 91: Antoinette âgée de 34 ans estimée douze cents piastresLigne 92: Simon (fils d’Antoinette) âgé de 18 ans estimé mille piastresLigne 93: Marianna mûlatresse couturière âgée de 30 ans, cinq enfants, Charles de 10 ans, Raphaël de 7 ans, Rosalie de 5 ans, Elizabeth de 2 ans, Geneviève de 10 mois, estimés ensemble quinze cents piastresLigne 94: Anna négresse blanchisseuse de 45 ans estimée neuf cents piastresLigne 95: Rose mûlatresse créole âgée de 36 ans, deux enfants Nicholas de 3 ans, Céleste de 10 mois, estimés ensemble mille piastres…

 
 
Lorsqueles portes à l’étage s’ouvrent et que je m’avance sur le grand balconprincipal, la fameuse allée de chênes s’élevant devant moi, je vous jure quej’ai entendu à mon oreille la célèbre : «Ma chère, I don’t give a damn!» Non Rhett Butler, c’est trop beau,trop parfait ici, je ne peux pas m’en ficher!
 
 
 
 
 
LauraPlantation
 
 
 
 
Unde mes grands plaisirs lorsque je voyage, c’est de découvrir un endroitinattendu qui devient un coup de cœur et ce fut le cas à Laura Plantation. Peut-être parce que je n’avais pas d’attenteparticulière, j’ai vraiment été charmée par cette plantation colorée. Charméeoui, mais surtout émue. Malgré mon grand intérêt pour l’Histoire de la guerrecivile américaine et même si ma formation d’historienne m’a appris beaucoup surle passé esclavagiste des grandes plantations, voir de près les lieux et lesconditions de vie de ces esclaves de la Louisiane m’a profondément touchée.Parce qu’ici, on vous montre et vous raconte surtout ce triste pan del’Histoire des noirs en Amérique.
 

Habitation du contremaître de Laura Plantation

La canne à sucre

Ancienne maison de Henriette, une des femmes de la famille, qu’elle se fit construire sur le domaine

 
Lavisite de Laura Plantation débuteavec la riche histoire de la famille Duparc qui fit construire la maison dès1804 et de plusieurs générations de femmes qui s’y succédèrent au fil dessiècles. De Nanette à la fameuse et moderne Laura, en passant par Elizabeth, toutesont laissé leur marque sur cette propriété qui fut exploitée jusqu’en 1984. Àla mort de Laura (née en 1861 sous Lincoln et décédée en 1963 sous Kennedy), onimagine bien que c’est toute une facette de l’histoire du sud des États-Unisqui disparaît.
 

Laura, de l’âge de 18 ans jusqu’à ses derniers jours

Les jardins de Laura Plantation

 
Ladeuxième partie de la visite nous amène dans les quartiers des esclaves. C’estalors qu’on prend toute la mesure de leur pauvre vie, entassés à plusieurs dansde minuscules cases d’une seule pièce, non chauffées. Et comme il faisait froidquand j’y suis passée, je pouvais imaginer la misère qu’on pu éprouver ceshommes, ces femmes, ces enfants lors de certaines nuits d’hiver. L’émotion yest vraiment palpable.
 
 
L’esclavageavait bien été aboli après la guerre de Sécession en 1865 mais la plupart desesclaves, sans argent et n’ayant pas d’autres endroits où poursuivre leur vied’hommes libres, demeurèrent sur les plantations. Pour la quitter définitivement,les familles devaient alors rembourser leurs frais de subsistance (vêtements,nourriture) à leurs anciens maîtres. C’est ainsi que j’ai appris avecstupéfaction que la toute dernière famille noire à avoir quitté LauraPlantation le fit en… 1977! Bouleversant, n’est-ce pas ???
 

Case où habita la toute dernière famille d’esclaves de Laura Plantation

Toute une famille d’esclaves s’entassait dans une unique pièce dépouillée, modeste et non chauffée. On installait des hamacs au plafond pour dormir. Les familles cuisinaient à l’extérieur. Dans les dernières années d’exploitation, on construisit enfin des cheminées et on ajouta une pièce de rangement.

 
Àla fin de la journée, en nous ramenant vers la Nouvelle-Orléans, notrechauffeur nous propose de faire un petit arrêt photo à Evergreen Plantation et tout le monde à bord acquiescèrentrapidement pour une seule raison. Tout aussi typique que sa grande sœur, OakAlley Plantation, Evergreen et l’interminable allée d’arbres qui la jouxte vousdira peut-être quelque chose puisque son principal intérêt est d’avoir été lelieu de tournage de Django Unchained,chef-d’œuvre du cinéaste Quentin Tarantino!
 

Evergreen Plantation

 
 
J’attendaisbeaucoup de cette journée qui s’avéra forte en émotions et je n’ai, en aucunmoment, été déçue. Ce fut réellement à la hauteur de mes attentes. J’aibeaucoup appris, les guides rencontrés étaient intéressants, je me suisextasiée devant la beauté des lieux, j’ai été remuée et impressionnée. Quedemander de plus??!! Je ne peux donc que vous recommander ce passage lors d’unséjour en Louisiane et je crois que peu importe les plantations visitées, vousen reviendrez agréablement surpris.
 

Non, ce sourire n’est pas feint!

 
Dites-moi,si vous avez déjà fait la visite d’une ancienne plantation, avez-vous aimél’expérience autant que moi??? Et sinon, est-ce un rêve que vous caressez?
 
 
En Louisiane, il y a bien d’autres choses à voir. Pour plus d’histoires, c’est par là:Voir les bayous en LouisianeLa Nouvelle-Orléans
 

 

Vous aimez ? Épinglez-moi !

Infolettre

Inscrivez-vous pour recevoir chaque nouvel article par courriel

14 commentaires sur “Le jour où je me suis prise pour Scarlett O’Hara”

  1. hoooo comme c'est intéressant!! Celle de Houma's était super mais j'avoue qu'ils ne parlent quasiment pas des esclaves. il n'y avait pas de vestiges de leurs cases (du moins je n'en ai pas vu). Bon, ça me fait 3 raisons de plus pour y retourner! :-p

  2. Passionnant ce voyage historique! J’ai adoré autant en emporte le vent! Tes visites me rappelent aussi sans conteste les plantations dans les films tels que Django ou Twenty years a slave! Belles photographies!!

  3. Superbe article, tu es parfaite en Scarlett' o'Harah pour nous faire découvrir cette plantation !! Tu m'as transportée loin avec ces belles photos, une visite que je garde en tête si je viens en Louisiane !!

  4. Les photos reflètent vraiment ce qu’on voit dans le film 12 years a slave. Un pan de l’histoire atroce mais important et passionnant. J’aimerais beaucoup visiter une plantation un de ces jours. En plus ces allées de chênes centenaires, wouah.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *