lundi 28 décembre 2020

Le Portugal gourmand

 


Le Portugal gourmand

Manger au Portugal

(Gastronomie, spécialités et bonnes adresses)

 

À mon arrivée au Portugal, je connaissais bien mal sa gastronomie. Mais pendant mon séjour, je me suis lancée à la découverte de ses spécialités de mille et une manières et du sud au nord. La plus belle surprise de ce voyage, c’est que je me suis régalée, partout, tout le temps! À mes lecteurs gourmands qui, comme moi, hésitaient peut-être à ajouter le Portugal sur la liste de leurs prochaines destinations, je vous fais la promesse que vos découvertes culinaires seront à la hauteur de vos espoirs les plus fous!


C’est dès mon arrivée à Lisbonne que je me suis rendue compte du plaisir que j’aurais à manger dans ce pays. Plaisir accru lorsque j’ai constaté les prix affichés. Ici, on se régale pour vraiment pas cher! Dès le premier café au lait à un petit euro au premier jour, parfaitement délicieux qui plus est, j’ai su que je serais ravie.

Bien sûr, il y a les désormais célèbres tartelettes de notre docteur Arruda mais la gastronomie portugaise c’est bien plus que cela! Elle est diversifiée, parfois surprenante, souvent internationale et jamais ennuyante tellement elle regorge de saveurs et de fraîcheur. Permettez-moi de vous livrer mes découvertes parce que j’ai sillonné une partie du pays pour goûter la cuisine portugaise dont une formidable expérience foodie que j’avais très hâte de vous raconter!


 

 

Petit guide de la gastronomie portugaise classique

Débutons par le dessert avec le Pastel de Nata, cette fameuse tartelette portugaise à la costarde que l’on retrouve absolument partout. La légende veut que la pâtisserie fût créée par les religieuses du monastère des Hiéronymites de Belem et c’est d’ailleurs tout à côté que l’on retrouve le temple de cette sucrerie, la boutique officielle du Pastel de Belem qui a donné ses lettres de noblesse à cette délicieuse invention. Bon, ici, je passerai sans doute pour une hérétique mais je fais l’humble aveu d’en avoir préférés d’autres à la pâte feuilletée plus croustillante (vous retrouverez toutes les adresses à la fin de l’article)!


 
 

Sa proximité avec la mer fait du Portugal un endroit rêvé pour les amateurs de poissons. La sardine est la grande vedette et symbole du pays. Grillée entière, salée, bon marché et délicieuse (en preuve la photo dans la dernière section de l’article qui vous fera saliver), elle a permis à quelques reprises aux portugais au cours de leur histoire d’échapper à la famine. On la rapporte aussi comme cadeau en visitant les «conserveira» où on l’achète dans de jolies conserves colorées!


 

L’autre icône du Portugal, c’est le beignet de morue (ou pastel de bacalhau en portugais). Mélange de morue et pommes de terre frit auquel on ajoute du fromage dans la version pour touriste (mais sans fromage dans la recette originale). C’est une petite bombe de saveurs!


 

Le plat populaire par excellence au Portugal, c’est la Caldo verde. Une recette de soupe venue du nord qui s’est répandue jusqu’au sud. Consistante, elle est faite de chou, de pommes de terre et de chorizo bien épicé et accompagne les grandes fêtes familiales. Si vous êtes amateurs de soupes tout comme moi, il vous faut absolument la goûter si elle se retrouve au menu d’un restaurant de passage!


 

Comment vous décrire la francesinha ?!? Ça ressemble à notre hot chicken mais comme si on avait remplacé le poulet par de la viande fumée et qu’on l’avait fait gratiné. Mais comme ici, elle est recouverte de sauce et on la mange avec des frites. C’est bourratif (le mot est faible) mais parce qu’on est en vacances, ne reste plus qu’une chose à faire : marcher pour la digérer!


 

Histoire d’un foodtour et spécialités portugaises authentiques

L’histoire débute par une (très) longue hésitation devant le comptoir du bureau de l’office de tourisme de Porto! Entre la visite des caves de la vallée du Douro (pour laquelle j’étais venue ici à la base) ou le tour guidé plus traditionnel des incontournables de Porto, mon cœur balance. Tout me semble intéressant. Et puis, sur l’un des dépliants qu’on m’a remis, mes yeux s’arrêtent sur un « food & wine walking tour » qui me promet de découvrir les authentiques spécialités de la ville. Le pressentiment est bon. Petit appel à la compagnie pour vérifier les disponibilités d’un guide (en hiver, ce n’est pas toujours possible auprès de tous les excursionnistes) et c’est vendu! 

Je vous l’annonce d’emblée, il s’agit ici de la meilleure expérience de ce voyage au Portugal et sans aucun doute, le plus extraordinaire tour guidé auquel j’ai pu participer! C’est Mariana de l’entreprise Bluedragon Porto City Tours qui m’a donné rendez-vous dès 10h devant un immeuble de Porto. Maîtrisant parfaitement le français et le contenu de la visite, connaissant très bien le passé des établissements qui nous accueilleront (et où, en temps normaux, je ne me serais pas arrêtée) ou des mets qui me seront présentés, c’est en sa compagnie que je m’apprête à entrer dans des lieux typiques et chargés d’Histoire pour goûter à la cuisine authentique de la région.



 

Bluedragon Porto City Tours

Bluedragon Porto City Tours proposent plusieurs types de visites guidées en ville. Le Food & Wine Walking Tour de 3 heures nous amène dans cinq établissements de la ville pour plusieurs dégustations de produits portugais traditionnels. Coût : 58 euros (environ 90$ CAN) payé avec mes sous.

Si je mentionne les endroits visités sans vous préciser leur adresse, c’est délibéré. Je souhaite avant tout vous convaincre d’utiliser les services de cet excursionniste hors-pair et puis, les guides connaissant personnellement les chefs et propriétaires des établissements, vous aurez le privilège de vous voir proposer de petits bonus et des compléments d’informations que vous n’auriez pas nécessairement en tant que touriste lambda. Mais surtout, en période Covid, je crois important d’encourager le boulot des travailleurs du tourisme lourdement touchés par cette pandémie…

 


Ce lieu de rencontre, c’est aussi l’endroit de notre première dégustation. Quand on entre au Café C’alma, on s’aperçoit rapidement que le café, c’est du sérieux! Déjà, l’intérieur du bâtiment est magnifique. Ancien club privé pour riches commerçants de Porto, les salles ont conservé leurs apparats d’origine. Le café en lui-même se situe dans ce qui était le salon de thé des épouses. Pendant que je déguste mon café et une délicieuse madeleine (appelée ici queque, une espèce de cupcake ou de muffin portugais), ma guide m’explique la provenance du café. Le Portugal importe des cafés de qualité du Brésil, bien sûr mais aussi de Jamaïque ou de Colombie. Toutefois, le plus important des exportateurs de café ici, c’est l’Éthiopie. Les grands navigateurs portugais introduisirent tôt le café éthiopien, un Arabica raffiné à l’excellente réputation. Ce foodtour commençait bien!



Au deuxième arrêt, on passe déjà aux choses plus sérieuses! J’entre dans une authentique tasca familiale. Les tascas sont de petites tavernes qui ne paient pas toujours de mine mais qui servent une cuisine familiale et pittoresque du Portugal. Quelques tables, un long comptoir, les clients sont des habitués par ici. Je m’attable pendant que Mariana va commander ce pourquoi nous sommes ici, une bifana, petit sandwich de porc mariné et épicé très savoureux. On le mange sur le pouce en l’accompagnant d’une bière fino (essentiellement une bière pression). Il existe toute une déclinaison de recettes de bifanas portugaises mais à la base, sa marinade est faite de vin blanc, de citron, de feuille de Laurier, d’ail et de paprika.



 

Autre arrêt, autre café mais ce sera pour tester un autre liquide, typique du nord. Le Café Sanzala est une marque élevée en institution au Portugal. Arrive rapidement sur ma table un pastel de bacalhau (la fameuse croquette de morue ci-haut mentionnée) mais ici, elle est véritablement authentique puisqu’elle ne contient pas de fromage. Aussi, on me l’apporte en compagnie d’un verre de vin blanc. Aux premiers abords, on croirait sans doute à un banal verre de vin mais attention, il s’agit plutôt de vinho verde. Les vinho verde sont des vins provenant de Minho, une région plus au nord et représentent 15% de la production viticole portugaise. Le verde ne veut pas dire vert mais bien « non mûr ». Il s’agit de vins jeunes, frais, fruités et légèrement pétillants et partout au pays, on le boit en accompagnement des plats traditionnels, spécialement avec le poisson.



 

Lorsque les portes du prochain stop se sont ouvertes devant moi, j’ai senti que je pénétrais l’antre de tout gourmand qui se respecte. L’épicerie fine Comer e Chorar Por Mais, fondée en 1916, est l’un des premiers distributeurs de produits portugais de qualité à travers tout le pays. Petite caverne d’Ali Baba, on m’y propose de goûter le terroir portugais par ses fromages d’appellation d’origine contrôlée fabriqués selon un savoir-faire centenaire et même un fromage parfumé au paprika dont l’affinage est fait sur place et par leurs charcuteries classiques (viandes fumées et jambons secs bien épicés) que l’on mange ici avec un pain de seigle costaud et des olives. Mon bonheur est à son comble et mon estomac ravi!


 

Comment terminer une telle dégustation au cœur de Porto? Évidemment, en goûtant LA boisson emblématique de la région, le porto (n’existe-t-il pas plus lifegoal que de boire du porto… à Porto)! Plutôt néophyte en matière de portos, c’est chez Vinologia, caviste réputé offrant plus de 200 variétés de portos, que je vais parfaire mes connaissances. Entre explications historiques et géographiques et dégustations de blanc, de tawny ou de ruby, j’en ressors un peu plus instruite. Mais surtout, je quitte Mariana pleine d’informations gustatives et convaincue d’avoir vécu ici un moment parfait et tellement sympathique!


 

Porto et son… porto!

Pour simplifier la chose, expliquons d’abord que le porto est un vin auquel on a ajouté de l’eau-de-vie pour le fortifier tout en conservant la douceur du raisin et sa teneur en alcool parce qu’au départ, on voulait qu’il supporte les longs trajets en bateau. Et pour mieux découvrir le porto de Porto, deux autres alternatives s’offrent aux voyageurs.

L’excursion la plus populaire au départ de Porto est de rejoindre la vallée du Douro d’où le fameux vin fortifié tire ses origines. Située à une centaine de kilomètres de Porto, vous traverserez cette région viticole par excellence du Portugal en passant par les villages de Pinhäo, Alijó ou Vila Flor, entre autres, pour découvrir les vignobles en terrasses qui font la fierté du pays. Il est aussi possible de découvrir la région, classée au Patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco, en voguant sur le fleuve à partir de Porto. Vous pouvez, bien sûr, tout faire par vous-mêmes, en voiture ou en bus mais il existe une multitude de tours guidés pour vous y accompagner en une ou plusieurs journées. Une visite à l’office du tourisme de Porto pourra mieux vous éclairer (comptez environ 130$ CAN pour une journée d’excursion avec transports, visites, dégustations et croisière).


 

L’autre façon de goûter aux meilleurs portos, c’est de traverser le pont Dom-Luís pour se rendre sur la rive gauche de Porto, plus précisément sur les quais de Vila Nova de Gaia. C’est ici que les grands cavistes et négociants en porto ont élu domicile. Les plus importants sont la maison Sandeman (fondée en 1790), la cave Càlem (créée en 1859), celle de Ramos Pinto (1880) ou encore les chais de Ferreira (depuis 1751) et de Taylor (1692). À chaque endroit, vous pouvez prendre part à la visite classique de la maison et à deux dégustations (parfois trois). Tous s’affichent fièrement le long des quais, impossible de les rater. Vous remarquerez aussi facilement que chacun possède son rabelo amarré tout près, ces barques traditionnelles à fond plat servant à transporter le vin sur le fleuve Douro jusqu’aux établissements de Porto. Comptez entre 12€ et 17€ la visite (soit entre 18$ et 27$ CAN).



 

 

Bonnes adresses gourmandes au Portugal

 

Mise en garde! Il faut savoir une chose importante lorsqu’on mange au restaurant au Portugal surtout si on voyage à petit budget. Les petits amuse-gueules qu’on place devant vous sur la table à votre arrivée et souvent bien tentants (pain, olives, beurre ou fromage) vous seront facturés si vous y touchez. Parfois, on vous demandera d’abord si vous désirez le couvert (c’est comme ça que ça s’appelle et non, il ne s’agit pas de vous apporter des ustensiles!) mais parfois, ils seront mis directement sur votre table. Ils ne sont pas très chers mais si le chef y ajoute du jambon sec, ça peut rapidement faire grimper l’addition. Soyez prévenus!

 

Quant au pourboire, il n’y a pas vraiment de règle établie contrairement à ici, où l’on doit ajouter 15% à l’addition ou à la France, où il y est automatiquement ajouté. Toutefois, depuis quelques années, il est bien vu de laisser environ 5% à 10% de la note finale au serveur.


Où manger les tartelettes portugaises

Pastéis de Belém (84-92 rue de Belém, Lisbonne) : Le temple du pastel depuis sa création en 1837. C’est une adresse incontournable et mythique de Lisbonne.

 

Manteigaria (2 rue de Loreto, Lisbonne) : L’autre paradis du pastel de nata et, avouons-le franchement, les meilleurs pasteis du pays! Une succursale se trouve aussi au Time Out Market ci-dessous. 

Fábrica de Nata (331-335 rue Santa Catarina, Porto et 275 rue Augusta, Lisbonne) : Petite chaîne de pâtisseries portugaise également spécialisée dans le célèbre pastel. Excellents aussi mais au final, on aime tous les pasteis peu importe d’où ils proviennent! 

Le prix d’un pastel de nata tourne toujours autour de 1€ (soit environ 1,60$ CAN).


Un marché incontournable

Time Out Market Lisbon (49 Avenue 24 de Julho, Lisbonne) : C’est un marché mais c’est avant tout une énorme halle gourmande regroupant 26 restaurants (dont certains appartenant à des chefs étoilés), des boutiques culinaires et 8 bars et où l’on s’attable à l’une des longues tables en bois après avoir choisi parmi des menus des quatre coins du monde.

 

Où manger de bons poissons

Flor Dos Jerónimos (128 rue de Belém, Lisbonne) : Situé juste à côté du monastère, j’ai d’abord craint l’attrape-touriste mais pas du tout. Une délicieuse assiette de sardines grillées incluant le vin pour un tout petit 10€ (environ 15$ CAN), ça ne se refuse pas!

 

Comur – Conserveira de Portugal (72 rue da Prata, Lisbonne) : Une boutique de belles conserves illustrées fondée en 1942 pour ramener un peu de la mer portugaise à la maison (sardine, morue, anguille, bar et plus encore)!


Casa Portuguesa de Pastel de Bacalhau
(106 rue Augusta, Lisbonne) : Une petite chaîne de comptoirs alimentaires (dont une succursale à l’entrée du château Sāo Jorge et d’autres à Porto) qui sert la fameuse croquette de morue dans des lieux dédiés aux touristes (donc, avec le fromage) accompagnée d’un verre de porto. Un peu cher mais pour une première rencontre rapide avec ce met, c’était parfait! La croquette et le verre de vin pour 6€ (10$ CAN). 

Entre Tapas (76 Avenue Do Mar, Peniche) : Un restaurant de tapas à deux pas du port mais avant tout, un très bon restaurant de poissons et fruits de mer frais et, qui plus est, très convivial. Entrée et plat principal pour moins de 20€ (30$ CAN).

 

Gastronomie d’ailleurs au Portugal

Mezze (40D 22/23 rue Angela Pinto, Lisbonne) : Une cuisine du Moyen-Orient savoureuse où l’on choisit son repas parmi une multitude de petits plats. Repas complet entre 13€ et 16€ (20$ et 25$ CAN). 

Nagoya (30-32 Avenue Do Mar, Peniche) : Envie de japonais et de sushis ? Ce petit restaurant sans prétention de Peniche où on commande à mesure sur la carte devrait vous contenter! La soupe miso est un must. Repas complet entre 10€ et 16€ (15$ et 25$ CAN).

 

Oficina do Hamburguer (8 Travessa dos Remedios, Peniche) : Parce que parfois, un bon burger est tout ce dont on a besoin! Burger entre 4,50€ et 8€ (7$ et 13$ CAN).


 
 

Pour boire cool au Portugal

Java House (14 Largo da Ribeira, Peniche) : Un bar très cool à quelques pas du port. Grand choix de bières, de cocktails et de cafés.

A Padaria Portuguesa (plusieurs succursales) : Pour un bon café au lait à 1€, cette chaîne de boulangeries présente partout dans les villes (une soixantaine d’établissements) et souvent avec terrasse saura vous plaire.

 

Vous l’avez deviné, j’ai divinement mangé à petit prix partout où je suis passée au Portugal. C’est définitivement une destination gourmande de choix. Allez, une dernière tartelette portugaise pour la nouvelle année! 

Voyage effectué en janvier et février 2020. Les prix peuvent avoir été modifiés et surtout, en période de pandémie, certains établissements peuvent avoir fermé leurs portes temporairement…

  

À lire aussi :

Chronique portugaise à Lisbonne  

Chronique portugaise à Sintra et Peniche

 

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lundi 16 novembre 2020

De Lisbonne à Porto ~ chroniques portugaises 2 : Sintra et Peniche

De Lisbonne à Porto

chroniques portugaises 

Deuxième partie : Sintra et Peniche

 

Après une première chronique portugaise qui, il me semble, a du être écrite en des temps immémoriaux (mon rapport au temps pendant ce confinement historique est complètement déréglé, ça vous a fait la même chose?!?) et où je vous amenais découvrir Lisbonne, je reprends la plume pour poursuivre mes pérégrinations à travers le pays. On se souviendra que Lisbonne m’avait agréablement surprise pour une foule de raisons que je vous racontais ici. Est-ce que la poursuite de ce roadtrip en bus et en train vers le nord allait confirmer que j’avais eu, jusqu’à ce mois de janvier 2020, beaucoup trop de préjugés sur le Portugal???

 

Sintra 

Je sais que vous aimez Sintra. Oui, oui, ne dites pas le contraire, je sais que vous la recommandez toujours, partout! Et donc, je vous écoute. J’hésite (trop) longuement ce matin entre « je reste un jour de plus à Lisbonne » ou « je vais à Sintra pour la journée » et finalement, j’opte pour la deuxième option. Je saute donc dans le train pour cette ville où les riches et puissants de Lisbonne ont, jadis, établi leurs quartiers d’été en y faisant construire de somptueux palais tous plus éclectiques les uns que les autres.

 




En 1995, l’UNESCO a classé Sintra au Patrimoine Culturel de l’Humanité, dans la catégorie « paysage culturel », vu son équilibre parfait entre nature et patrimoine.

 

Sur les bons conseils du garçon à la réception de l’auberge de Lisbonne (toujours le même garçon, toujours à la même auberge), dès ma sortie de la gare, je rejoins lentement le palais de la Regaleira qu’il m’a dit être moins fréquenté. Je traverse le centre de la ville, plutôt agréable et charmant et longe la route qui mène au château. Tout le long, art et architecture s’entremêlent joliment et je constate qu’en effet, culture et nature ne font qu’un par ici et de belle façon.

 




La ville de Sintra s’étend au pied et sur le versant nord de la chaîne de montagnes de la Serra de Sintra. Elle jouit d’un micro-climat unique qui offre une verdure abondante. On doit surtout au roi Ferdinand II son aménagement entre urbanisme et foresterie.

 

C’est alors que ça se gâte légèrement (beaucoup)… Bon, tentons de rester objective et optimiste ici. En été, sous le soleil, la ville doit être magnifique. Mais sous la pluie, que dis-je sous la pluie, sous l’averse (que dis-je sous l’averse, sous des trombes d’eau qui te tombent dessus comme une douche à pression), c’est beaucoup moins impressionnant! C’est quelques minutes après mon entrée au palais de la Regaleira que tout débute. Disons que je suis moins tentée par la longue promenade dans les jolis jardins promis aux touristes et je me rabats sur la visite intérieure qui n’est pas dénuée d’intérêt cependant. C’est peut-être la visite la plus intéressante à faire par ici (mais bon, c’est vrai que je n’ai pas vu grand-chose non plus)!


 



La Quinta de Regaleira, comme on la connaît aujourd’hui, fut créée au début du XXe siècle. Son architecture et son parc, de conception particulière, se veulent un voyage initiatique aux références puisant dans l’univers des alchimistes ou de la franc-maçonnerie.

  

À la sortie du palais, parce qu’il continue de pleuvoir abondamment, je hèle un tuk-tuk qui m’amène directement au sommet de la ville, là où m’attend l’eldorado du parfait touriste au Portugal : le palais national de Pena, celui-là même que l’on voit souvent en photos parce qu’il reste très photogénique avec ses couleurs éclatantes. Éclatantes sous le soleil sans aucun doute mais beaucoup moins au cœur d’une importante formation de brouillard causée par l’humidité ambiante! À l’arrivée, je constate que je devrai faire la queue sous la pluie pour entrer (d’ailleurs, au cours de ce voyage, c’est la seule fois où j’ai du faire une longue file, c’était déjà pas bon signe)! On oublie donc la balade dans le parc qui l’entoure et qui semble superbe, avouons-le, pour se concentrer sur la visite intérieure. Une visite qui s’avère somme toute très décevante : peu d’explications pertinentes sur le lieu, son histoire, les personnages qui y sont passés et une visite trop courte pour son prix plutôt élevé. Par une belle journée, je crois que je me serais largement contentée d’admirer le palais depuis ses jardins.





Propriété du roi Ferdinand, érigé sur le site d’un ancien monastère, le Palacio Nacional de Pena devint sa résidence d’été au milieu du XIXe siècle mais fut achevé l’année de sa mort, en 1885 seulement. Il mélange les styles architecturaux et les teintes colorées. Il est abandonné par la famille royale en 1910, forcée de s’exiler suite à la révolution portugaise.

 

Oui, je suis déçue par Sintra qui promettait tant. Oui, je l’aurais sans doute mieux apprécié sous le soleil. Mais je n’ose même pas imaginer les hordes de touristes qui doivent prendre la ville et ses palais d’assaut en été. Les files d’attente doivent être monstrueuses! En plus, les prix d’entrée aux différents palais sont bien trop élevés pour ce que ça vaut. Finalement, Sintra, c’est pas fait pour moi (ça arrive)! Mais bon, malgré tous mes avis, vous finirez sans doute par faire comme moi, par écouter tous les autres et par aller vous faire une idée par vous-mêmes mais au moins, vous serez prévenus de l’autre côté de la médaille (surtout si vous avez les mêmes critères que moi).

 

INFOS PRATIQUES

S’y rendre : Plusieurs départs de Lisbonne par train chaque jour (jusqu’à trois à l’heure selon la saison) aux stations Rossio ou Oriente. Durée du trajet : 45 minutes. Prix pour un aller-retour : 4,50€.

Se déplacer à Sintra : À pied pour le centre ou la Quinta de Regaleira depuis la gare. Mais plusieurs palais sont plus éloignés les uns des autres et les montées pour les atteindre sont parfois ardues. Vous pouvez attraper un tuk-tuk un peu partout (l’alternative la plus chère mais la plus rapide et originale) ou prendre les bus touristiques 434 ou 435 à la gare offrant deux circuits différents pour environ 8€ aller-retour. Il existe aussi les bus « Hop-on Hop-off » qui partent de l’autre gare (la gare routière) pour 6,90€ la boucle.

Dormir à Sintra : J’ai fait l’aller-retour dans la même journée mais vous pouvez facilement y rester deux ou trois jours sans vous ennuyer. Je vous réfère à l’Office de Tourisme du Portugal pour trouver un hébergement. 

Prix des visites : Regaleira : visite guidée : 15€ / non guidée : 10€

Pena (palais et parc) : 14€ / Pena (parc seulement) : 7,50€

 

  

Peniche

La mer, les plages et moi, c’est un amour qui ne s’est encore jamais démenti. Sur la route pour Porto, je ressens le besoin immense de m’approcher de la grande bleue, de me poser près du roulis des vagues, de simplement me reposer. C’est sur Peniche que je jette mon dévolu. En ce début de février, la ville est parfaitement calme et le ciel crache encore un peu de bruine par intermittence. Le temps de poser mon sac à dos dans mon auberge vide (vide comme vraiment vide, je suis la seule et unique occupante des lieux, même pas l’ombre d’un réceptionniste ou d’une propriétaire, le déjeuner du lendemain m’attend déjà à la cuisine), je repars explorer les alentours. 

La jetée, à quelques pas de là, au bord de laquelle tanguent quelques bateaux de pêche même en hiver est invitante. Impossible de ne pas me rendre jusqu’au bout en remplissant mes poumons d’air salin. Dommage que les traversiers pour l’Archipel des Berlengas ne soient pas en fonction à cette période de l’année. Oh! Mais c’est une des plages qui m’appelaient à Peniche avant toute autre chose que je distingue au loin dans la baie! J’irai certainement passer une partie de la journée sur l’une d’elles demain. Mais pour l’instant, vu les nuages qui s’amoncellent, je vais opter pour la visite de la forteresse au coin de la rue de l’auberge.



Amateurs d’Histoire, cette forteresse et ancienne prison, vaut résolument la visite. C’est probablement ici que j’ai le plus appris sur l’Histoire du pays. Des invasions espagnoles et françaises contre lesquelles elle avait peu de succès à la prison politique qu’elle est devenue sous le régime dictatorial du siècle passé, je me fais raconter la mémoire du pays dans un cadre idéal. Je passe d’une cellule à une salle d’exposition ou de vidéos, d’artéfacts fascinants à cette chapelle face à la mer, de façon passionnante et touchante. Et je ris à la barbe des fascistes d’alors d’apprendre que leurs prisonniers s’évadaient plutôt régulièrement d’ici! Bon, maintenant, on va aller prendre un verre au bar plus bas en attendant le retour d’une éclaircie!

 




La forteresse de Peniche se dresse à l’entrée de la péninsule depuis le XVIe siècle. La Révolution des Œillets de 1974 qui a libéré le Portugal du fascisme instauré par Salazar a, du même coup, libéré les prisonniers du régime. Elle est classée monument historique.

  

Impossible de ne pas découvrir une région du monde sans y faire un peu de randonnée. C’est donc ici, à Peniche, que je foulerai les sentiers portugais. Les sentiers par ici ne sont pas d’une grande difficulté mais parce qu’ils longent les falaises escarpées de la côte, ils offrent à mes yeux de superbes paysages maritimes. À l’Est de la péninsule, on suit la route jusqu’au Cap Carvoeiro en rencontrant parfois une petite plage ou un banc de parc judicieusement installé pour faire une pause. À l’Ouest, on atteint les hauteurs de Papôa, un îlot rocheux surplombant la mer, où les points de vue sont magnifiques et où pêcheurs et oiseaux migrateurs s’en donnent à cœur joie. Je pousse jusqu’à la pointe pour embrasser la région du regard et m’imprégner de l’océan que je ne reverrai pas avant plusieurs mois!

 






Peniche (et particulièrement Papôa) est reconnu comme un paradis géologique ayant conservé la mémoire historique de 20 millions d’années portugaises qui se sont inscrites dans sa pierre.

  

Entre la ville et les plages de Peniche, mon cœur balance! D’un côté, des terrasses et des restaurants, des maisons colorées sur un cap haut perché, des chapelles blanches et une église surmontée d’une horloge rassembleuse appellent à la découverte. De l’autre, des étendues infinies de sable blond que l’on contemple du haut des dunes, des vagues qui font le bonheur des surfers du monde entier (mais comment ils font pour sauter à l’eau à cette période de l’année) et des barques de pêcheurs amarrées au creux d’une crique, tout ici porte à la contemplation. Que cette région doit être vivante en été. Et les commerçants du centre sont si accueillants et sympathiques que je ne peux faire autrement que de prolonger la journée, après quelques heures en bord de mer, en hésitant sur le bistro à fréquenter. Pas question de choisir entre la plage et la ville, je prends les deux! Ah, tiens! Et si j’optais pour une soirée tapas…







La plage de Gamboa se trouve à deux pas de la ville, est donc facilement accessible sans voiture et reste relativement protégée par la végétation de ses dunes. Mais Peniche compte une bonne quinzaine de plages, de la plus petite, nichée au fond d’une anse, jusqu’à celles devenues de véritables stations balnéaires. On vient de partout dans le monde y pratiquer le surf et on trouve des écoles pour apprentis surfers partout en ville.


Décidément, malgré le faux pas de Sintra, le Portugal continue de me séduire. Il est maintenant l’heure de rejoindre l’incontournable Porto pour voir si la magie opère jusqu’à la fin de ce voyage (à suivre)…

 

 

INFOS PRATIQUES 

Hébergement testé : O Forte Guest House

Belle petite chambre privative dans une auberge bien située, à deux pas de la forteresse, du port et de plusieurs restaurants et bars. 29$ CAN la nuit, déjeuner inclus. En février, c’est résolument très tranquille, vous pourriez bien en être le seul occupant!


Se déplacer à Peniche

Je ne me suis déplacée qu’à pied pendant tout mon séjour. Mais il ne faut pas avoir peur de marcher sur de longues distances.

S’y rendre

De Lisbonne, en bus, à partir de la gare Sete Rios. 1h35 pour le trajet express. Quatre départs par jour. De 10€ à 12€ (14$ à 18$ CAN).

La forteresse de Peniche

Ouverte du mardi au dimanche. Prix d’entrée : 2€ (bien investi)!

L’Archipel des Berlengas

Les traversiers vers les îles à partir du port sont en fonction de juin à septembre. Les espèces marines et aviaires y sont nombreuses et on dit que les sentiers de rando sont magnifiques. L’aller-retour est de 20€ (31$ CAN avec surplus si vous ajoutez la visite des grottes).







Voyage effectué en janvier et février 2020. Les prix peuvent avoir changé et surtout, en période de pandémie, certaines visites ou trajets de bus/trains peuvent ne plus exister. Je vous conseille l'application Rome 2 Rio pour vérifier vos déplacements. Je rappelle aussi qu’un article portant exclusivement sur mes adresses gourmandes au Portugal sera publié… le plus rapidement possible! 😉

Pour découvrir Lisbonne, c’est par ici!

Pour vous rendre jusqu’à Malaga, on clique ici!

 

                                     VOUS AIMEZ? ÉPINGLEZ-MOI!