vendredi 9 août 2019

Une maison à Perpignan



Une maison à Perpignan
En France Aussi


1892, Monsieur Pierre Bardou, richissime homme d’affaires français décède. Sa fille Jeanne mais surtout son gendre Jules Pams héritent d’une magnifique demeure rue Saint-Sauveur, à Perpignan. C’est le début de l’histoire de l’Hôtel Pams…


Avec quelques jours de retard (haaa les longues fins de semaine d’été où l’on va à la pêche), cet article participe au rendez-vous interblogueurs En France Aussi. Ce rendez-vous mensuel, créé par Sylvie du blogue Le Coin des Voyageurs, invite les blogueurs à faire découvrir chaque premier jour du mois les richesses du patrimoine de la France selon un thème donné. Ce mois-ci, le thème « Beaux châteaux / Belles demeures » a été choisi par Sarah du blogue Soulier Vert.


Rendez-vous au bas de cette page pour savoir comment participer au concours (parce que oui, en plus, il y a un prix à gagner ce mois-ci)!


L’an dernier, je vous amenais déjà à Perpignan ici en vous présentant le Palais des Rois de Majorque, aussi pour le rendez-vous En France Aussi. J’y retourne encore une fois pour vous parler, cette fois, d’une des belles demeures de la ville (et qui constitue un beau coup de cœur touristique avec le Palais, pour moi, dans cette ville), l’Hôtel Pams. C’est la propriétaire du logement que je louais, à quelques pas de là, qui m’avait recommandé la visite. Heureusement, parce que n’en ayant pas vraiment entendu parler jusqu’alors, j’aurais probablement raté la beauté de l’immeuble.




Un peu d’Histoire

Comme dit en introduction, c’est d’abord Pierre Bardou, détenteur d’une fortune familiale obtenue grâce à une entreprise de fabrication de papier à cigarettes, qui se porta acquéreur de la maison en 1852. Au cours des années qui suivirent, il achète aussi les maisons voisines et y installent ses ateliers. À sa mort, quarante ans plus tard, sa fille Jeanne et son influent époux Jules Pams (conseiller municipal, député, sénateur ministre et presque président de la République) reprennent la demeure qu’ils habitaient déjà pour lui imposer d’importantes transformations.

Pams, amateur d’art, a le goût du faste et du beau et son mode de vie bourgeois sera mis à l’honneur dans cette demeure. Il s’adjoint l’architecte Léopold Carlier (à qui l’on doit l’aspect actuel de l’édifice) et le peintre Paul Gervais, déjà renommé à l’époque, qui sublimera les différentes salles de la maison.

Son épouse décède en 1916 et il se remarie avec Marguerite Holtzer qui fera restaurer et paver, après son décès en 1930, le magnifique patio intérieur pour finalement revendre la propriété en 1946 à la ville de Perpignan (qui, entre temps, a vu son adresse officielle passer de la rue St-Sauveur à la rue Émile Zola, changement de nom oblige).




Visite de l’hôtel Pams

L’hôtel Pams est un joyau bien caché de Perpignan, une curiosité méconnue de la ville. Il faut avoir franchi l’entrée pour prendre toute la mesure de l’endroit. De l’extérieur, ça semble un immeuble plutôt banal avec façade sur la rue mais lorsqu’on y entre, toute sa beauté se révèle.

D’abord, ce sont les superbes fresques ornant les murs de l’endroit qui nous frappent. Il avait du talent l’artiste Gervais pour habiller un lieu! C’est d’ailleurs le même artiste qui avait eu la tâche d’orner certaines salles du Capitole de Toulouse qui, on s’en souvient, m’avait complètement éblouie! Puis, en faisant quelques pas, on aperçoit l’imposant escalier, tout en marbre rose et fer forgé, magnifié par la lumière provenant de la verrière tout en haut. Déjà, on remarque la prospérité et le raffinement de l’époque que l’ancien propriétaire a voulu nous faire bien ressentir. Et c’est les thèmes de l’amour et de la séduction qui défilent en dessins tout au long de cette visite.




Les dimensions sont impressionnantes. Particulièrement lorsqu’on atteint la cour intérieure. On mesure ici l’ampleur des bâtiments de l’ancienne usine qui s’y trouvait et qui devait avoir très fière allure. D’ailleurs, n’oubliez pas de chercher ce qui reste des mentions « JOB » (du nom de la compagnie de Bardou) sur les balcons ou les fenêtres. La dernière épouse de Monsieur Pams en avait fait disparaître plusieurs mais il en reste encore.




Entrée gratuite mais attention, l’hôtel est fermé en hiver.


Et sinon à Perpignan?

Je tiens à terminer cet article en vous recommandant de toutes mes forces une excellente adresse à Perpignan pour bien terminer votre visite et où j’y ai pris un de mes meilleurs repas à vie (rien de moins)! À distance de marche de l’hôtel Pams, le restaurant Le Figuier Cal Tap, spécialisé dans la cuisine méditerranéenne, est un petit bijou de la ville dans une petite rue calme et peu fréquentée (7 rue du Figuier). C’est aussi la propriétaire de mon logement qui me l’avait suggéré (décidemment, elle avait du goût). Un menu composé, entres autres, de plusieurs tapas, un gaspacho vert divin et un filet de canette cuit à la perfection qui ont réjoui mon palais! En bonus, un personnel vraiment sympathique et une très agréable terrasse.





Ce mois-ci, le collectif En France Aussi en collaboration avec les Éditions Gallimard vous offre la chance de gagner le guide Châteaux de la Loire. Pour ce faire, vous n’avez qu’à commenter cet article ci-dessous et à indiquer dans les commentaires de la page Facebook du rendez-vous ici lequel des articles vous avez commenté. En plus, sur cette même page Facebook, vous pourrez aussi découvrir tous les articles du mois de mes collègues (et ils sont vraiment tous sympas)! Le règlement complet se trouve ici! Bonne chance!



Si vous aimez Perpignan, vous aimerez peut-être aussi Narbonne que je vous faisais visiter par ici ou Carcassonne que vous retrouverez sans doute sur votre route juste là!

Pour lire les articles des copains sur le même thème, petit détour par ici!



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mercredi 31 juillet 2019

Safari dans les bayous du Lac Saint-Pierre


Safari dans les bayous du Lac Saint-Pierre

Domaine du Lac Saint-Pierre


La première fois que j’ai entendu parler du safari dans les bayous du Lac Saint-Pierre proposé par le Domaine du Lac Saint-Pierre, à Louiseville en Mauricie, c’était l’année dernière à mon retour de France. Tout de suite, j’ai voulu tenter l’expérience! Moi qui revenais de deux safaris en quelques mois, en Camargue mais surtout, dans les bayous de la Louisiane, j’étais agréablement surprise d’apprendre qu’il était possible, à quelques bornes de la maison, de partir en safari au milieu de bayous bien québécois. Ici, pas de crocodile mais des colonies de spécimens ailés à profusion!

C’est ce printemps que le tout est devenu plus concret, période immensément propice à l’observation des oiseaux des deux côtés du fleuve (et du lac). D’abord, l’appel de ma nièce Charlie, 6 ans, me disant qu’elle venait de se découvrir une passion pour les oiseaux, tout comme sa Matante A! Et parce que je trouvais qu’un safari sur un bateau était sans doute la meilleure façon d’alimenter ce hobby de manière ludique et intéressante, j’ai contacté l’entreprise pour organiser cette petite expédition.





Le Lac Saint-Pierre

C’est Samuel De Champlain lui-même qui donna son nom au lac lorsqu’il le parcouru, le 29 juin 1603, jour de la Saint-Pierre. Avant lui, on l’avait d’abord baptisé Lac d’Angoulême et ses eaux avaient accueilli nombre de communautés amérindiennes provenant de Sorel, Nicolet ou Trois-Rivières pratiquant pêche, chasse ou commerce. Plus tard, cette importante voie maritime favorisa le transport, la colonisation des terres l’entourant et vît l’arrivée des premiers traversiers en sols canadiens. On le sait, il connaît aussi de nos jours de nombreuses inondations dues à sa crue printanière.

Traversé en plein centre par le fleuve Saint-Laurent, d’une superficie d’environ 400 km2, le lac est reconnu depuis l’an 2000 comme réserve de biosphère par l’UNESCO. Presque entièrement préservé à son état naturel, le lac représente un écosystème unique et exceptionnel avec ses milieux humides très vivants par leur flore (27 espèces de plantes rares) et leur faune (79 espèces de poissons et 288 espèces d’oiseaux observées dont 12 étant menacées). À lui seul, le lac est le principal refuge d’oiseaux migrateurs de tout l’Est de l’Amérique, c’est vous dire comme l’endroit grouille de vie!






« …le lac est le principal refuge d’oiseaux migrateurs de tout l’Est de l’Amérique… »


Le Domaine du Lac St-Pierre

Situé directement aux abords du Lac Saint-Pierre, le long de la rivière du Loup qui s’y jette à Louiseville, entre Montréal et Québec, le Domaine du Lac St-Pierre est l’endroit idéal pour des activités de plein air. Sentiers de randonnée à proximité, pêche guidée en été ou pêche blanche en hiver (le lac est un territoire renommé pour cette activité hivernale), chasse aux canards en automne, les possibilités sont multiples. L’endroit propose aussi des forfaits pour une foule d’expéditions intéressantes : chiens de traîneaux ou motoneige pendant la saison froide, motomarine ou hydravion lorsque la température redevient plus douce.

Le Domaine du Lac St-Pierre propose aussi de l’hébergement le long de la rivière en chalet, camping ou glamping dans un décor luxueux et douillet. L’an dernier, s’y retrouvait également un resto-terrasse avec vue sur la rivière (dont j’avais entendu beaucoup de bien). Malheureusement, avec les importantes inondations du printemps que l’on a connues, les infrastructures ont été passablement amochées et le restaurant n’a pas réouvert ses portes cet été. Qu’à cela ne tienne, l’entreprise s’est relevé les manches et un nouveau projet de restauration pourrait bien se mettre en place prochainement.

Mais surtout, c’est la gentillesse du personnel et l’accueil très sympathique qu’on y reçoit qui nous donne envie d’y revenir.





L’expérience du safari

D’abord, il faut le dire, on est à la merci de la météo lorsqu’on décide d’aller voguer sur le lac Saint-Pierre. Une première tentative d’expédition a d’ailleurs échouée plus tôt en juin puisque les vents annoncés pour le lendemain étaient trop forts. Il est donc nécessaire de réserver à l’avance pour ne pas se heurter à un refus dû aux aléas de la météo. Reportée quelques semaines plus tard, on s’est finalement embarqué mais, arrivé et reparti sous le soleil, on a tout de même essuyé une grosse averse ce qui a limité nos observations (et croyez-moi, même les imperméables n’y pouvaient rien alors n’oubliez pas les vêtements de rechange)! N’oubliez pas non plus que c’est toujours plus frais sur l’eau, on pense donc à ajouter une veste de plus dans le sac à dos. Six personnes peuvent prendre place à bord. Il vous en coûtera $140 pour 4 personnes pour une durée de 2 heures et $35 pour chaque personne supplémentaire. Il y a un prix moindre pour les enfants qui doivent être âgés de 5 ans.

David, le guide, est absolument extraordinaire. Ayant grandit dans l’environnement du lac, il le connaît à la perfection, sait très bien où débusquer les colonies d’oiseaux les plus intéressantes et trouver les meilleurs endroits de pêche. D’île en île et d’un chenal à l’autre, il nous promène allègrement dans ce milieu marin d’exception. Ici, quelques mouettes flottant tranquillement. Là, un carouge à épaulette au sommet d’un érable sur la rive qui se pare déjà de ses couleurs d’automne (bon, à vrai dire, je crois qu’il est paré à l’année celui-là parce qu’il est le seul à la ronde). Là encore, un oriole de Baltimore disparu aussi vite qu’il était venu. Sans oublier ces hirondelles incroyablement nombreuses. Et tout là-haut, le vol des hérons, maîtres incontestés des lieux.




«D’île en île et d’un chenal à l’autre, il nous promène allègrement dans ce milieu marin d’exception.»


L’aventure du safari a quelque chose de très poétique et lorsqu’une petite brume se lève au détour d’une baie, quelque chose de surréelle! Facile de s’imaginer complètement ailleurs lorsqu’on se retrouve au milieu d’un marais. Et lorsqu’on approche de la Grande Île, plus grande héronnière de toute l’Amérique du Nord, on garde nos yeux bien ouverts pour ne rien manquer du spectacle qui nous est offert. Malgré la forte pluie qui s’est abattue sur nous, les paroles de Charlie au retour témoigne bien de notre expérience : « C’était cool »!



« C’était cool »!


75 Rang Lac Saint-Pierre Est
Louiseville, Québec
J5V 2L4
819-228-8819


J’ai été invitée gracieusement à participer à ce safari par le Domaine du Lac St-Pierre et je les en remercie mais le récit et les opinions émises dans cet article reflètent ma pensée.


Pour prolonger votre journée dans la région, j’ai deux suggestions pour vous en cliquant ici!



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dimanche 7 juillet 2019

L’Aude ou la découverte du Pays Cathare, entre Carcassonne et Saint-Hilaire




Aude Pays Cathare
Carcassonne et Saint-Hilaire

Entre vieilles pierres et surprises campagnardes
(ou la vie joyeuse des moines)


Lorsqu’on va dans le département de l’Aude, facilement accessible pour nous québécois, c’est avant tout pour visiter sa ville emblématique, Carcassonne et je n’ai pas fait exception. Réputée pour ses châteaux ayant servi de refuges à plusieurs cathares jugés hérétiques par l’Église catholique au Moyen-Âge, la région est riche en monuments historiques et en légendes anciennes. En plus de visiter l’illustre cité, j’ai eu la chance, l’an dernier, de m’évader à quelques bornes de son chef-lieu. Si vous songez à un séjour là-bas, quelques pistes pour vous dans cet article.

Située à moins de cent kilomètres de Toulouse, laquelle est accessible par vol direct depuis Montréal avec Air Transat, on peut facilement se rendre à Carcassonne en train, en bus ou en voiture.





Carcassonne, la cité médiévale

Je confesse avoir un faible pour l'époque médiévale et les villes qui protègent cet héritage (je crois que vous avez pu le remarquer tout au long de mon parcours en France). Pas pour sa rigidité religieuse mais pour ses histoires de chevaliers, son aura de mystères et son architecture, sévère certes, mais toujours impressionnante. Carcassonne et sa cité fortifiée n'a pas échappé à la règle. Avouons-le immédiatement, lorsqu’on vient à Carcassonne, c’est avant tout pour cette cité médiévale que l’on aperçoit au loin, fièrement installée sur son promontoire. Avec raison d’ailleurs puisque malgré son tourisme de masse, elle est superbement conservée. Avec ses remparts, ses grandes tours et ses ponts-levis, on est complètement plongé 1000 ans en arrière.

Oui, la cité est très (très) fréquentée! Le meilleur conseil est d’arriver dès l’ouverture du château (10h en été, 9h30 le reste de l’année) pour mieux profiter de la visite puisqu’à partir de midi, la foule devient plus compacte et la visite un peu moins agréable. Sachez-le pour ne pas avoir à jouer du coude sur les remparts!





Évidemment, votre visite doit passer par le Château Comtal, pièce maîtresse des lieux. Des visites guidées sont offertes et fréquentes. Du château, vous pourrez aussi accéder aux remparts pour admirer la région qui s’étend au loin. Mais vous seriez fous de rater la basilique Saint Nazaire et ses vitraux que j’ai trouvés magnifiques. La balade dans les rues de la cité est aussi une expérience en soi. Si vous me lisez du Québec, vous connaissez probablement les fêtes de la Nouvelle-France qui ont lieu chaque été dans le Vieux-Québec. Et bien, la vie dans la cité, c’est exactement ça toute l’année! Gens en costumes d’époque, boutiques pour touristes, terrasses au soleil (aux prix plutôt élevés, toutefois), je n’ai pourtant pas voulu bouder mon plaisir et j’ai embarqué allègrement dans cette ambiance surprenante et cocasse à la fois et, ma foi, j’ai bien aimé mes quelques heures sur place!





Vous remarquerez probablement sur certaines photos les lignes ou les cercles jaunes collés aux parois de pierres. C’est que l’été dernier, lors de mon passage, la cité accueillait sur ses murs cette œuvre bien moderne de l’artiste Felice Varini que nos cousins français ont aimé ou détesté mais qui n’a laissé personne indifférent!


Carcassonne, la ville

Mais Carcassonne, ce n’est pas qu’un seul site. Lorsqu’on franchit ses fortifications pour entrer de plein pied dans l’agglomération urbaine, on y découvre ses vies de quartiers sur ses petites places publiques, des monuments fort intéressants et de belles balades dans ses espaces verts.




Tout le long du fleuve l’Aude, de chaque côté de ce qu’on appelle l’Île (un grand parc fleuri et arboré), des endroits méritent un arrêt. J’ai d’abord traversé le pont Vieux, premier pont en pierre sur l’Aude ayant survécu à toutes ses crues pour m’intéresser à la Manufacture Royale, ancien haut-lieu de prospérité à l’époque où le développement de la ville passait par l’industrie du drap. Pas très loin, il y a aussi l’église Saint-Gimer, inscrite au patrimoine mondiale de l’Unesco, qui a piqué ma curiosité et l’ancien bâtiment des moteurs des fontaines de la Cité dont on peut deviner la fonction par son nom!





Sur l’autre rive, au cœur de ce qu’on appelle la Bastide, j’ai laissé mes pas me porter dans les rues de la ville pour me mener à la cathédrale Saint-Michel (devenue cathédrale sur le tard), toute simple mais ayant subie bien des modifications au cours des siècles et incorporée aux nouvelles fortifications du XIVe. J’ai aussi profité de pauses au Square Gambetta (belle grande place fleurie faisant face au musée des Beaux-Arts) pourvue d’un endroit pour se rafraîchir et à la place Carnot, endroit animé par ses nombreuses terrasses de cafés et son marché public. Le secteur de la gare est aussi sympathique avec le Canal du Midi qui le traverse. J’ai d’ailleurs une adresse à vous y recommander, où je suis débarquée tard à mon arrivée ici et qui fut parfaite dans les circonstances (voir à la fin de l’article).







Saint-Hilaire, terre de légendes et de… mousseux!

Pour cette dernière journée dans l’Aude, je n’ai eu aucun contrôle sur mon programme. C’est que Mathylde du blogue Mordue de voyages m’avait donné rendez-vous à quelques pas de chez-elle en me proposant de m’amener visiter la commune médiévale de Saint-Hilaire, à une vingtaine de kilomètres de là. Et comme elle m’avait avertie qu’une petite surprise s’y trouvait, j’ai bien sagement suivi ses consignes et je ne suis pas allée fouiner sur le net pour me préserver de toutes connaissances sur le sujet. Et j’ai été ravie de tout découvrir avec un regard absolument vierge! Le village est une très chouette destination estivale pour s’éloigner de la chaleur urbaine.


Photo: Mathylde de Mordue de Voyages 

Saint-Hilaire, nommé en l’honneur du premier évêque de Carcassonne, est reconnu pour son abbaye bénédictine vieille de 1000 ans aux innombrables particularités. Vous vous souvenez de la légende du martyr Saint-Sernin, traîné par un taureau à Toulouse (vous cliquez sur le lien si votre mémoire est défaillante parce qu’on ne voudrait pas ralentir ceux qui suivent, n’est-ce pas)??!! ;)  Et bien, en premier lieu, c’est ici même que l’on retrouve son sarcophage sculpté des grands moments de sa vie.





Il ne faut surtout pas manquer non plus le logis abbatial du monastère, soit l’appartement privé de l’abbé des lieux, pour son… plafond! Oui, oui, son plafond, remarquable en tout point et peint de multiples images différentes les unes des autres. À lui seul, ce magnifique plafond ouvragé vaut le déplacement, je vous le garantis! Nous étions littéralement époustouflées par ce travail d’autrefois si méticuleux et celui, plus récent, de restauration. Motifs floraux, animaliers ou représentations humaines, vous pourriez même y distinguer quelques scènes osées! Qui a dit que les moines moyenâgeux ne s’amusaient pas??!!






Mais la principale surprise qui m’attendait à Saint-Hilaire me fut rapidement dévoilée après avoir franchi la porte de l’abbaye. C’est ici, pour mon plus grand étonnement, dans les caves du bâtiment au XVIe siècle, qu’un moine aurait réussi la transformation du vin dit tranquille en vin effervescent bien avant Don Perignon. La blanquette de Limoux était née et allait apporter ses lettres de noblesse à toute la région. Si le terme champagne n’était pas exclusif à une autre région de la France, on pourrait dire que c’est ici que fut créé le premier champagne au monde. En fait, on peut donc dire que le village est le berceau du tout premier vin mousseux. Qui ose encore dire que les moines menaient une vie austère??!! Après la visite de l’abbaye, laissez donc vos pas vous porter de l’autre côté du petit pont, à la maison des vignerons Anne de Joyeuse, pour goûter ce petit miracle et faire quelques réserves. Avec un nom pareil, la surprise ne peut qu’être heureuse!






Bonnes adresses où manger à Carcassonne

Restaurant L’Escalier (23 boulevard Omer Sarraut) : Le restaurant dont je vous parlais face à la gare. Un décor et un menu disons éclectiques mais un accueil chaleureux, de bonnes pâtes et des prix raisonnables.

Je n’ai pas testé beaucoup d’adresses gourmandes à Carcassonne mais je vous en livre ici quelques-unes que vous recommande Mathylde qui y habite depuis longtemps déjà et qui m’ont interpellée!

Jardin en Ville (5 rue des Framboisiers) : Un superbe décor, un menu viandes ou poissons et une boutique originale.

Le Bis-Troquet (22 rue Chartran) : Un bar à tartines, ça nous parle!

Auberge des Lices (3 rue Raymond Roger) : Le meilleur cassoulet en ville, un menu végétarien et une localisation au cœur de la Cité.





Où dormir à Carcassonne

Une location Airbnb ici où j’ai résidé, située près de la gare avec une jolie terrasse donnant sur les montagnes et très abordable. Stationnement réservé, calme, pouvant accueillir jusqu’à 4 voyageurs.

En utilisant ce lien Airbnb vous aurez droit à un rabais pour une première réservation (et j’obtiendrai aussi un rabais pour un prochain voyage). Et je vous remercie si vous l’utilisez.

L’Auberge de jeunesse de Carcassonne (8 rue Raymond Roger) : À partir de 18€, petit-déjeuner compris, pour une chambre partagée. Également, chambres privées disponibles. Située directement dans la Cité.

Les deux hébergements suivants m’ont aussi été recommandés par Mathylde (merci Mathylde pour ton aide précieuse et la découverte de Saint-Hilaire)!

Le Jardin du Palais (59 rue d’Alsace) : Chambres d’hôte très classe qui incluent le petit-déjeuner.

Carcassonne Townhouse (4 rue Bellevue) : Chambres d’hôtes stylées et reposantes, excellent emplacement, stationnement gratuit, petits-déjeuners fournis et prêt de vélos.

En utilisant ce lien Booking.com vous aurez droit à un rabais pour votre réservation (et j’obtiendrai aussi le même rabais pour un prochain voyage). Et je vous remercie si vous l’utilisez.



Après Carcassonne et Saint-Hilaire, deux choix s’offrent à vous. Direction Toulouse ou Narbonne ??!!



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dimanche 30 juin 2019

Châteauneuf-du-Pape pour les nuls




Vaucluse
Châteauneuf-du-Pape


Comme pour bien d’autres endroits lors de mon voyage en France, c’est le hasard qui m’a menée à Châteauneuf-du-Pape, le hasard d’une rencontre. Je n’avais pas prévu m’y rendre au départ. Non pas par manque d’intérêt pour la ville mais seulement parce que j’estimais que je manquerais peut-être de temps, parce qu’il faut toujours faire des choix en voyage. Mais lorsque Martine du blog Mart’in Trip est venue me rejoindre à Avignon et m’a proposé de l’accompagner dans un petit circuit offert à l’office de tourisme, je n’ai pas tergiversé bien longtemps. Et c’était parti pour une journée à la découverte de la plus célèbre appellation du pays!


Cet article participe au rendez-vous interblogueurs En France Aussi. Ce rendez-vous mensuel, créé par Sylvie du blog Le Coin des Voyageurs, invite les blogueurs à faire découvrir chaque premier jour du mois les richesses du patrimoine de la France selon un thème donné. Ce mois-ci, le thème « les 7 péchés capitaux » a été choisi par Eimelle du blog Les carnets d’Eimelle. Bon, évidemment, vous vous dites que j’ai choisi le péché le plus facile à raconter, la gourmandise, mais une si belle région, foisonnante de délices et de plaisirs pour les yeux peut facilement entrer dans la catégorie «envie», non? Et puis, je suis persuadée qu’au départ, on a sûrement voulu incorporer l’ivresse parmi les péchés capitaux mais qu’on s’est sans doute révisé en se disant que ça ferait beaucoup trop d’âmes en enfer! ;)

Rendez-vous au bas de cette page pour savoir comment participer au concours (parce que oui, en plus, il y a un prix à gagner ce mois-ci)!





Châteauneuf-du-Pape représente bien souvent le chic et le savoir-faire du milieu oenologique. Elle peut même en intimider certains, moins férus de grands vins ou qui craindraient de s’y rendre par peur de paraître ignorants. Mais je vous le dis, ne vous limitez pas à vos craintes. La ville est accueillante et invitante, pas prétentieuse pour deux sous et immensément intéressante si vous aimez bien les plaisirs de la table. Quelques pistes dans cet article pour bien profiter d’une journée dans la ville.



«La ville est accueillante et invitante, pas prétentieuse pour deux sous et immensément intéressante si vous aimez bien les plaisirs de la table.»


Le meilleur conseil pour s’y retrouver, c’est sans doute de prendre part à un tour guidé. Je vous le promets, vous apprendrez beaucoup sur la culture, l’histoire, la production et la dégustation du vin en France de cette façon et reviendrez plus savants et assumés. Martine et moi avons participé à la visite d’une demi-journée de Châteauneuf-du-Pape au départ de l’office de tourisme d’Avignon avec la compagnie Avignon Prestige Tour et je vous la recommande. Notre guide, Benoît, était excellent et professionnel et maîtrisait parfaitement son sujet. Et surtout, jamais je n’ai senti de pression pour me faire acheter quoi que ce soit.

Prix pour une demi-journée au départ d’Avignon (incluant le transport, les visites, explications et dégustations) : 60€



Petite histoire de Châteauneuf-du-Pape


Située dans le département de Vaucluse, en Provence, la ville de Châteauneuf-du-Pape, fondée vers 77 après J-C, s’est véritablement développée au Moyen-Âge lorsqu’Avignon est devenue résidence des Papes. C’est alors que son terroir vinicole fut officiellement reconnu pour le plaisir, d’abord, de la papauté. Je sens d'ailleurs une pointe d'orgueil là-dessous (et hop, un autre péché capital)! Puis, au XVIIIe siècle, le marché se démocratise et s’exporte. Les « vieux vins », comme on les appelle alors, se retrouvent de plus en plus souvent sur les tables européennes. En 1893, on commence à y planter les premiers des treize cépages renommés de la région et c’est à la même époque qu’un syndicat de propriétaires voit le jour pour assurer la qualité du vin. Le nom de la commune passera de Châteauneuf, à Châteauneuf-Calcernier puis à Châteauneuf-du-Pape et son succès est définitivement établi.

L'ancien château des Papes


Tout sur le vin à Châteauneuf-du-Pape


Une bonne façon de débuter une visite à Châteauneuf-du-Pape, c’est de passer d’abord au Musée du vin Brotte. Ici, on apprend tout, tout, tout sur les secrets des vignerons de la région, l’élaboration des grands crus ou les spécificités des vins de la Vallée du Rhône. On y présente également les outils servant au métier dont certains, rares, datent du XIVe siècle. Mais aussi, on y découvre la technique de dégustation. D’ailleurs, la Maison Brotte étant une entreprise familiale reconnue et pionnière du monde viticole depuis 1931, la visite est suivie d’une dégustation de certains de leurs vins de manière pédagogique. La façon parfaite de joindre l’utile à l’agréable et, qui plus est, n’est-ce pas là la raison principale qui nous fait venir à Châteauneuf-du-Pape, pouvoir déguster ses vins??!!

Prix de la visite (si on s’y rend par ses propres moyens) : 6€ incluant 3 dégustations.





Dégustations de vins à Châteauneuf-du-Pape


Une visite que je qualifierais d’incontournable à Châteauneuf-du-Pape, c’est celle de la Cave du verger des Papes. Ici aussi, la visite est très instructive en plus d’être gourmande. Déjà, en arrivant, on découvre la beauté de la campagne environnante. Puis, on descend à la cave installée dans un lieu historique aux conditions naturelles idéales pour la conservation de ses grands crus et où se trouvent deux anciennes cuves d’origine gallo-romaine. J’y ai vraiment beaucoup appris sur le vin, il y est délicieux et présenté dans un cadre sympathique et authentique.

Différentes formules dégustations allant de 5€ à 28€ (la formule comprise dans le tour guidé a une valeur de 12€). On y trouve également un restaurant.





Saviez-vous que ?

Que les grands crus de Châteauneuf-du-Pape atteignent leur pleine saveur après 5 ans d’âge ?

Que la cuvée de 2015 est gage d’excellence ?

Que ces vins peuvent être conservés pendant 50 ans et, parfois, jusqu’à 150 ans ?

Que les plus importants cépages de la région sont le Grenache et le Syrah ?

Que le plus vieux vignoble du coin en est à sa quinzième génération et que le plus jeune a tout de même 10 générations derrière lui ?

Que le fameux mistral qui souffle jusqu’ici ses hivers pluvieux et ses étés chauds ainsi que la pierre mise aux champs contribue à la qualité des terroirs de la région en gardant les vignes bien humides ?




Autres adresses à Châteauneuf-du-Pape


Je veux terminer ce petit article en vous recommandant deux autres caves où s’arrêter le temps de quelques dégustations, que j’ai découvertes pendant ce tour guidé, situées au centre de la ville et qui complèteront à merveille une visite des vignobles de Châteauneuf-du-Pape.

Le Domaine Durieu, vignoble familial qui a créé son premier millésime en 1976.



Le Domaine de la Roncière (Canto et Fils SCEA) qui reçoit dans une belle salle lumineuse, à quelques pas de l’office de tourisme (dernier arrêt obligatoire si vous êtes venus ici par vous-mêmes, que vous ne pouvez plus conduire et qui vous trouvera un endroit où passer la nuit)!



Vous êtes maintenant fins prêts et possédez tous les atouts nécessaires pour partir explorer Châteauneuf-du-Pape, ses vignobles et ses caves prestigieuses tout en ayant l’air de vous y connaître un minimum! Partez assouvir vos désirs de gourmandise (ou d’envie) parce que finalement, les plaisirs de la table, quels qu’ils soient, nous rassemblent tous autour des mêmes péchés!

Un merci spécial à Martine sans qui je n'aurais rien vu de Châteauneuf-du-Pape si elle ne s'était pas déplacée jusqu'à moi et qui a rendu ce séjour bien agréable! 

Parce qu'il faut bien finir cet article avec les vins de Châteauneuf-du-Pape!



Ce mois-ci, le collectif En France Aussi en collaboration avec les Éditions Gallimard vous offre la chance de gagner le Géoguide Les plus beaux week-ends plein sud. Pour ce faire, vous n’avez qu’à commenter cet article ci-dessous et à indiquer dans les commentaires de la page Facebook du rendez-vous, sous la publication dédiée, lequel des articles vous avez commenté. En plus, sur cette même page Facebook, vous pourrez aussi découvrir tous les articles du mois de mes collègues (et ils sont vraiment tous sympas)! Le règlement complet se trouve ici! Bonne chance!




Pour lire tous les articles des collègues sur le même thème, suivez ce lien. (lien à venir)


Pour compléter votre séjour dans la région, pensez à vous rendre à Aix-en-Provence, à Nîmes, à Arles ou dans le Luberon en cliquant sur les liens!


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