lundi 9 juillet 2018

On va à Lille!



Ce n’était absolument pas prévu à l’itinéraire de départ avant que je ne reçoive ce message qui me proposait d’aller au nord de la France pour un week-end de «blogtrip». Moi? Au nord? À Lille et Roubaix de surcroît que je ne connaissais pas vraiment hormis par le biais de quelques articles et photos de ma copine Chacha, fille du pays, sur Twitter (organisatrice en chef de cette fin de semaine)! Et puis, l’idée s’est infiltrée doucement dans mon esprit. Moi qui vis au nord toute l’année et qui ne recherchais que le soleil et les plages du sud pour ce long voyage, pourquoi ne pas aller voir si c’est aussi gris qu’on le dit là-haut!




C’est donc grâce au collectif En France Aussi en compagnie d’autres blogueurs français que je me suis rendue d’abord à Lille, puis à Roubaix sa voisine, au début de juin où nous étions invités par l’Office de tourisme de Lille, l’organisme Lille3000 et Roubaix Tourisme pour un long week-end culturel, historique et gourmand que j’avoue d’emblée avoir adoré. Un accueil sympathique, des lieux plus grands que nature et des expériences inédites ont marqué ce séjour.




Comme moi, vous ne connaissez pas Lille et encore moins Roubaix? Vous partagez avec moi des préjugés tenaces sur le pays des Ch’tis? Vous vous demandez ce qu’on peut bien aller y faire, un peu comme dans le film? Et bien, je vous détaille tout ça à l’instant. Parions que vous ne verrez plus le nord du même œil. Allez, on va à Lille!




PRÉJUGÉ NO. 1

Il fait toujours gris à Lille

Faux, archi-faux! Tout au long de ce week-end, le soleil était au rendez-vous et on a tous sué à un moment ou à un autre en arpentant de long en large Lille et Roubaix (mais bon, je les avais prévenus que partout où je passe, il fait beau)! De la Grand-Place de Lille où il fait bon prendre la pause sur ses terrasses en admirant les façades des immeubles tout droit sortis de la Renaissance flamande, le soleil pointait son nez à tout moment. En prime, il fait habituellement quelques degrés de moins qu’au sud, ce qui n’est pas à dédaigner lorsqu’on a pour mission de visiter un maximum…

Pause-café sur la Grand'Place de Lille





PRÉJUGÉ NO. 2

Il ne doit pas y avoir grand’chose à voir à Lille

Ha ha! C’est ici qu’on se trompe monumentalement! Simplement à Lille, en 24 heures, j’ai fait les visites de pas moins de cinq bâtiments historiques qui valaient vraiment le coup pour de multiples raisons. D’abord, il vous faut traverser la Grand’Place pour entrer à la Vieille Bourse et traîner autour des étals des bouquinistes qui y ont élu domicile et, peut-être, faire quelques achats d’anciennes affiches ou d’un exemplaire des livres de notre enfance.





Les vieux sages savent...

Puis, pour prendre toute la mesure de la ville, il faut monter au sommet du Beffroi de l’Hôtel de ville qui offre une vue unique. L’arc de triomphe tout en bas nous apparaît si petit qu’on en ressort surpris de le voir si imposant! Du haut de cette tour d’architecture Art-déco nommée au patrimoine mondial de l’Unesco, vous apercevrez également l’originalité des nouveaux quartiers contemporains de la ville.






Ensuite, direction l’Hospice Comtesse, ancien hôpital fondé en 1237 par la Comtesse Jeanne de Flandre. Il abrite désormais en ses murs un musée qui fait la part belle à l’Histoire de Lille dans un décor royal mais qui reçoit aussi des collections d’art ou de photos. D’ailleurs, tout l’été, en complément de l’expo dont je vous parlerai plus bas à la Gare Saint-Sauveur, on y admire le travail de reporter du photographe Marc Riboud et du journaliste Jean Daniel lors de leur passage à Cuba en novembre 1963 et de leur nuit en compagnie de Fidel débarqué à l’improviste dans leur chambre d’hôtel, le 22 novembre de cette même année (oui, oui, le jour même de l’assassinat de Kennedy). Fascinant!







Enfin, si vous n’avez pas beaucoup plus de temps que nous, ne manquez quand même pas d’aller jeter un coup d’œil du côté de la Cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille, notamment pour sa façade non complétée selon les plans d’origine mais audacieuse et surprenante.



Certains collègues blogueurs se sont infiltrés dans ce décor... saurez-vous les repérer??!!




Je n’ai pas visité La Piscine pendant mon séjour, une ancienne piscine destinée aux familles ouvrières et reconvertie en musée d’art et d’industrie pour cause de rénovation mais je vous le suggère fortement. Vous irez voir quelques photos de l’endroit pour vous convaincre, ça semble vraiment magnifique (et vous pouvez aussi tenter d’accomplir notre mission secrète, soit celle de se photographier, en maillot, sur une licorne gonflable géante rose flottant sur ce qui y reste d’eau)!


PRÉJUGÉ NO. 3

Il n’y a pas vraiment de gastronomie typique à Lille

Quelle méprise! Vous êtes carnivores? Vous opterez alors pour la carbonade flamande, qui rappelle nos ragoûts de bœuf braisé et oignons. Amateurs de fromages? Il vous faut alors goûter au Maroilles, fromage à pâte molle que l’on apprête surtout pour en faire la flamiche au Maroilles.


Flamiche au Maroilles

Vous avez le palais sucré? Alors là, vous serez servis! En une seule journée à Lille, je me suis régalée par trois fois, rien de moins! D’abord, de merveilleux, une meringue trempée dans le chocolat (ou bien d’autres saveurs) et fabriquée devant vous chez Aux Merveilleux de Fred, le temple de cette pâtisserie.




J’ai aussi craqué pour le croustillon hollandais, une petite boule de pâte frite et sucrée que l’on vous sert dans un cornet de papier aux comptoirs d’étals gourmands de la ville et pour la confiserie Méert, fondée en 1761, au savoir-faire légendaire, où je voulais carrément tout acheter (bon, je me suis finalement contentée de leurs caramels décadents et je connais un adorable filleul qui pourra, lui aussi, s’en gaver à mon retour)!


Le croustillon hollandais

Chez Méert


PRÉJUGÉ NO. 4

La culture, qu’ossa donne à Lille et Roubaix?

L’eurométropole de Lille représente un pôle culturel à part entière. Outre la très intéressante exposition de l’Hospice Comtesse, j’ai assisté à l’expo Ola Cuba! présentée à la Gare Saint-Sauveur (recyclée en musée accueillant la crème des expos qui font le buzz) et où des artistes cubains s’exposent jusqu’au 2 septembre. Des œuvres éclatées, colorées, qui font réfléchir ou sourire et qui, pour nous québécois, nous rappellent notre belle amitié avec l’île.


Fidel vous reçoit à l'expo Ola Cuba! de la Gare Saint-Sauveur



Apportez votre brosse à dent si vous venez voir l'expo. Je ne vous en dis pas plus mais sachez que vous pourriez passer à la postérité (et on vous en donnera une toute neuve)!


Direction Roubaix maintenant, à la Condition Publique, ancien bâtiment où l’on contrôlait, à une certaine époque, la qualité du textile. Plus qu’un simple musée ou un centre d’art, il s’agit surtout d’un lieu d’expérimentation culturelle ou de laboratoire créatif vraiment pété! Lors de notre passage, on y réfléchissait sur le concept d’habitat et de ses enjeux. On y retrouve également des espaces de coworking, un potager, un marché, un lieu de rencontres, des concerts, des ateliers divers. Et qui plus est, on peut même parfois y dormir (oui, oui, vous verrez à la fin de cet article)! Vraiment, on ne peut pas faire plus original comme concept.





La salle d'exposition de la Condition Publique (et de bien d'autres choses...)

Lorsqu’on parle de Roubaix, on songe à Street-Art. Vous ne saviez pas? Et bien depuis que l’an dernier la communauté a accueilli sur ses murs l’exposition d’art urbain «Street generation(s), 40 ans d’urbain», la ville est devenue la mecque de cette forme d’expression par où sont passés toutes les grosses pointures du graffiti. En vous promenant dans le quartier autour de la Condition Publique, vous pouvez encore apercevoir des œuvres d’artistes reconnus par leurs pairs et ce, tout à fait gratuitement!







PRÉJUGÉ NO. 5

Je ne crois pas que je pourrais être étonné là-bas

Ha non? Et bien dirigez-vous pour terminer vers Croix, l’une des communes de la métropole et entrez à la Villa Cavrois. Ici, c’est toute une leçon d’architecture qui vous attend. Et lorsqu’on vous aura expliqué les coins et recoins de cette ancienne maison de Paul Cavrois, industriel du textile, conçue par l’architecte Robert Mallet-Stevens en 1929 et complètement détruite par les Allemands pendant la guerre, vous serez ébahis, je vous le garantis! Et pas seulement par l’Histoire de sa restauration. Je vous laisse la surprise mais sachez que vous ne verrez nulle part ailleurs un équipement de pointe à ce niveau, un éclairage aussi saisissant et des jardins si agréables.






Après que les Allemands eurent détruit tout le bâtiment à la Deuxième Guerre Mondiale, on a du rebâtir et rénové toute la villa qui s'était retrouvée dans cet état pour lui redonner son faste d'antan... Surprenant, n'est-ce pas?


On mange où à Lille et Roubaix?

Basilic Café : Pour manger la fameuse flamiche au Maroilles que vous avez vue en photo plus haut, c’est ici qu’il faut vous rendre, le tout dans un cadre moderne, sympathique et abordable, ce qui n’est pas à dédaigner. Mais c’est aussi leurs burgers gastronomiques qui en ont fait un rendez-vous obligatoire de Lille.

24 bis rue Esquermoise, Lille


Le Bistrot de St So : C’est le restaurant de la Gare Saint-Sauveur ouvert tous les midis et proposant des menus du jour qui vous feront voyager, culinairement parlant, à travers le monde.

17 boul. Jean Baptiste Lebas, Lille





La Buvette de la Condition Publique : Parfois, le centre de la Condition Publique, avec sa sympathique buvette, se transforme en barbecue convivial où l’on s’attable sur les longues banquettes pour y passer une chouette soirée. Le poulet fumé et ses accompagnements à seulement 12 euros vaut amplement la peine que vous surveilliez la programmation du lieu pour connaître la date du prochain événement de ce genre!

14 Place du Général Faidherbe, Roubaix





Ou dort où à Lille et Roubaix?

Auberge Gastama : Oui, c’est peut-être une auberge de jeunesse mais ce n’est pas n’importe quelle auberge de jeunesse. Dans un décor épuré inspiré de l’histoire industrielle de la ville, vous y trouverez des dortoirs mais aussi des chambres privées vraiment belles et confortables. L’auberge comprend aussi un resto-bar et sert d’excellents petits-déjeuners.

109 rue Saint-André, Lille






Yes We Camp à la Condition Publique : Camper sur les toits-terrasses d’un musée, n’est-ce pas une façon originale de s’imprégner d’un lieu? C’est ce que vous propose la Condition Publique, de mai à juillet. J’y ai très bien dormi et je peux vous assurer que tous, nous avons adoré cette expérience unique, douche écologique incluse. Vous pouvez y dormir en suite, en tente canadienne (ça ne s’invente pas!) ou en clapier.

Il ne vous reste encore que quelques jours pour tenter l’expérience mais passez donc dans le coin en juin l’an prochain et surveillez les réseaux sociaux de l’endroit pour vivre l’aventure à votre tour!



Un clapier pour la nuit?




On se déplace comment à Lille?

Grâce à Happymoov, un service de transport écologique présent dans plusieurs villes de France dont Lille. Vous téléchargez leur application, vous effectuez la réservation au moment où vous en avez besoin et on viendra rapidement vous cherchez directement où vous vous trouvez, en vélo-taxi. Et l’équipe est super gentille!





Et pour nos déplacements piétonniers, on se fie au guide Cartoville des Éditions Gallimard qui recense, quartier par quartier, les incontournables d’une visite dans la ville.





Avouez maintenant que vous aussi, vos préjugés sur le nord sont tombés? Vous êtes étonnés, n’est-ce pas? Oui, je reviens avec un peu de Lille et de Roubaix dans mon coeur qui furent de belles surprises inattendues dans ce périple français. Nous, québécois, allons souvent dans le nord du pays pour explorer la Bretagne, la Normandie ou la Picardie (racines ancestrales obligent!) mais ne nous rendons que rarement jusqu’à Lille. Grave erreur, très grave erreur! La capitale Ch’tis a beaucoup à offrir et elle est tellement conviviale. Et puis, les Ch’tis, ils ont presque le même accent que nous! ;)   Alors, on va à Lille??!!

Toute ma merveilleuse équipe En France Aussi!
crédit photo: Lille3000


Je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué à rendre ce séjour possible et surtout, si agréable. L’Office de tourisme de Lille, Lille3000 et Roubaix Tourisme, l’Auberge Gastama, la brasserie Basilic Café, le Bistrot de St So et la Gare St-Sauveur, Happymoov, Cartoville, la Condition Publique et la Villa Cavrois, partenaires fabuleux dans cette aventure, mais aussi tous mes compagnons de voyage de cette super équipe En France Aussi avec qui j’ai eu beaucoup de plaisir. Vous êtes une équipe de feu et longue vie à vous!

J’ai été invitée gracieusement pour ce séjour mais toutes les opinions émises dans cet article reflètent complètement ma pensée (si je n’avais pas aimé, je ne vous en aurais pas parlé).