vendredi 12 octobre 2018

La Montagne Noire: randonnée pour mémoire



La Montagne Noire à Saint-Donat


L’histoire du Liberator Harry

20 octobre 1943, la deuxième guerre mondiale fait rage en Europe. Dans l’Est du Canada, c’est la pluie et la brume qui s’abattent sur Terre-Neuve d’où a décollé, quelques heures plus tôt, le Liberator Harry pour un vol de routine en direction de Mont-Joli au Québec. L’avion, un bombardier B-24, a à son bord 4 membres d’équipage et 20 soldats du 10e escadron des Forces Armées Canadiennes revenant en permission au pays. Un peu avant 2h00 du matin, l’appareil contacte l’aéroport de Mont-Joli pour obtenir l’autorisation d’atterrir. Toutefois, les contrôleurs l’avise que les mauvaises conditions météo ont forcé la fermeture de la piste et on le redirige vers Ottawa ou Dorval. Ce fut le dernier contact radio de l’avion qui se retrouvera bientôt au-dessus de la ville de Saint-Donat, dans la région de Lanaudière…

La Montagne Noire à droite

«Ce fut le dernier contact radio de l’avion qui se retrouvera bientôt au-dessus de la ville de Saint-Donat, dans la région de Lanaudière…»


Dès le lendemain, les recherches se mettent en branle. Pendant tout un mois, de nombreux vols (728 pour être précis) sont effectués sur la trajectoire de l’avion pour tenter d’apercevoir des débris. Malgré les témoignages de certains résidents de Saint-Donat qui affirment avoir entendu un vol passer à basse altitude et un bruit d’écrasement, les autorités finissent plutôt par croire que l’appareil a fait naufrage dans le fleuve Saint-Laurent plus au sud et abandonnent les investigations. Sa disparition demeure un mystère pendant quelques années.

Près de trois ans plus tard, en juin 1946, suite à la disparition d’un autre avion dans la région, un reflet métallique attire l’œil de l’équipe de sauvetage presqu’au sommet de la Montagne Noire. Rapidement, une expédition est organisée pour rejoindre les lieux. À cette époque, la montagne Noire est une forêt dense et difficile d’accès et plusieurs kilomètres la séparent du lac Archambault d’où le trajet débute. Au bout de plusieurs heures de marche, les secours atteignent le site pour découvrir, consternés, les restes du fameux Liberator Harry qui avait pris feu immédiatement après le crash mais surtout, les dépouilles des 24 hommes tous morts sur le coup.

  

«À cette époque, la montagne Noire est une forêt dense et difficile d’accès et plusieurs kilomètres la séparent du lac Archambault d’où le trajet débute


La Montagne Noire

La Montagne Noire porte bien son nom, le souvenir qui lui est associé est, en effet, plutôt noir et funeste. Haute de 892 mètres, elle représente le plus haut sommet de Saint-Donat. De nos jours, on y a aménagé plusieurs kilomètres de sentier au départ du chemin Régimbald près du lac Archambault. La randonnée, spécialement en automne lorsque les couleurs sont à leur apogée, rend heureusement l’endroit beaucoup plus gai.

Du stationnement, plusieurs choix s’offrent aux randonneurs puisque les sentiers de la montagne font parties du Sentier National. Les plus expérimentés tout comme les débutants y trouveront leur compte dans un décor magnifique. À 850 mètres, on peut accéder au refuge du Mésangeai, emblème ornithologique du Canada que l’on retrouve en grand nombre sur la montagne. Elle est constituée de trois types de végétation soit la forêt mixte, la forêt de conifères et l’érablière.




«Les plus expérimentés tout comme les débutants y trouveront leur compte dans un décor magnifique.»


Le sentier Liberator

Le sentier vedette est, bien évidemment, celui du Liberator. Il est le plus difficile aussi. Mais comme j’avais envie d’un défi physique le week-end dernier et que la triste histoire de l’escadron disparu me fascinait, j’ai opté pour celui-ci. D’une longueur de près de 13 km (aller-retour), vous mettrez entre 4h30 et 6h00 pour le faire. Plusieurs points de vue méritent la pause tout au long du parcours. Le premier surplombe le lac Archambault, d’où la vue était absolument magnifique. Ma deuxième halte fut réservée au lac Lézard dans l’espoir d’observer un castor ou une famille de canards (mais sans résultat) et puis j’ai atteint le site de l’écrasement.

Premier arrêt: le belvédère donnant sur le lac Archambault

Le lac Lézard

«Plusieurs points de vue méritent la pause tout au long du parcours.»


À partir d’ici, il ne reste qu’environ un kilomètre à faire pour atteindre votre objectif mais sachez que ce sera la portion la plus difficile. Toutefois, la récompense lorsqu’on monte jusqu’à la tour d’observation au sommet vaut toutes les peines du monde! Il faut aussi savoir qu’au point culminant de la randonnée, il n’y a pas de tables ou de bancs. Alors, si vous avez prévu de luncher pendant l’excursion et que vous ne voulez pas manger par terre ou assis sur un rocher, il pourrait être préférable de le faire ici où est aménagé un endroit pour le repos et le recueillement.



«Toutefois, la récompense lorsqu’on monte jusqu’à la tour d’observation au sommet vaut toutes les peines du monde!»


Devoir de mémoire

1985, les sépultures des soldats disparus sont déplacées au cimetière de Saint-Donat. À l’époque, le transfert des corps représentait un travail ardu et les familles des victimes étaient venues se recueillir sur le site où elles avaient d’abord été enterrées. Depuis l’an 2000, l’endroit a été réaménagé en un lieu de commémoration par les gardiens du Liberator, des bénévoles qui préservent le souvenir de la tragédie. Vingt-quatre croix en l’honneur des militaires, un cénotaphe et un petit belvédère s’y retrouvent.

Dans quelques jours, ce sera le 75e anniversaire du triste événement qui fut souligné le mois dernier. On s’y arrête maintenant par devoir de mémoire de ce qui, à ce jour, demeure encore la pire tragédie de l’Aviation royale canadienne mais aussi parce qu’il s’agit d’un lieu empreint d’un fort sentiment de respect et de souvenirs racontant avant tout une page méconnue de notre Histoire.

  
«Il s’agit d’un lieu empreint d’un fort sentiment de respect et de souvenirs racontant avant tout une page méconnue de notre Histoire.»


Bonnes adresses où manger à Saint-Donat :

Le Café Ohana (361 rue Principale) un restaurant chaleureux et calme où s’arrêter le temps d’un café, d’une soupe ou d’un sandwich.

La célèbre boulangerie St-Donat (413 rue Principale) où vous pourrez casser la croûte mais où vous ne pourrez résister à l’envie de ramener quelques douceurs à la maison.



Envie de partir en randonnée ailleurs dans la région de Lanaudière, suivez les liens :










jeudi 27 septembre 2018

Saint-Élie-de-Caxton... terre de légendes (ou pas)!




Au Québec, on connaît tous le village de Saint-Élie-de-Caxton en Mauricie, devenu célèbre par les légendes du plus illustre de ses représentants, le conteur Fred Pellerin. Mais qu’on ait entendu ou pas, sur scène ou à l’écran, ses histoires de lutins, d’homme fort ou de fou du village, peu importe, la visite du village saura intéresser petits et grands puisque la balade dans les rues de l’endroit vous permettra de vous les faire raconter.

Au départ, c’était un simple prétexte pour enfin rencontrer Mel du blogue «Et si on jasait». Puis, c’est devenu notre projet de blogtrip fabriqué maison pour aller voir de plus près si tous ces mythes fabuleux tenaient (un peu) du réel. Finalement, ce fut l’occasion de découvrir le dynamisme et l’accueil incroyable de Saint-Élie et surtout, de se rendre compte que toutes ces légendes étaient bel et bien véridiques, juré craché!




«Ce fut l’occasion de découvrir le dynamisme et l’accueil incroyable de Saint-Élie»


Nous sommes bien entrées au garage de Léo Déziel, lieu de rassemblement des habitants. Nous sommes bien passées au salon de Méo, le ()coiffeur. Nous avons bien vu de nos yeux vus la maison de Esimésac dont la mère accouchait 40 fois par année (mais que dans ses bonnes années quand même). Nous avons fait une pause sur le balcon de la belle Lurette. Nous avons suivi la traverse de lutins. Et nous avons bel et bien mangé des paparmanes fraichement cueillis derrière l’église. Et toutes les preuves que personne ne fabule à Saint-Élie suivent dans ce présent article. Je soupçonne même ce coin de la région d’être ensoleillé toute l’année…


Mise en garde : toute ressemblance avec des personnes réelles existantes ou ayant existé pourrait ne pas être fortuite…




Visite guidée de Saint-Élie

Pour parcourir le village et aller à la rencontre de ses pittoresques citoyens, deux options s’offrent à vous au coût de $19. D’abord, il y a la balade en carriole tirée par un tracteur à travers les rues du village d’une durée de 2 heures. Les plus actifs, quant à eux, pourront sillonner la ville à pied ou à vélo avec l’audio-guide. Peut-être aurez-vous alors la chance de piquer un brin de jasette avec Maurice, le bizouneux bien installé sur son balcon ou Rocker qui vous racontera avec beaucoup de verve qu’il s’est récemment acheté une nouvelle scie à chaîne! Pour ce faire, il faut compter 3 à 4 heures de marche. Mais pour ces deux alternatives, vous découvrirez le Caxton légendaire avec la voix de Fred Pellerin dans les oreilles vous narrant les hauts faits des villageois.


  
«Vous découvrirez le Caxton légendaire avec la voix de Fred Pellerin dans les oreilles vous narrant les hauts faits des villageois.»


Les légendes de Saint-Élie

Partout au village, on vous démontrera, preuves à l’appui, que les légendes entendues à travers les branches (et pendant les visites guidées) sont bien réelles. Oui, vous passerez devant chez Babine, fils de la Sorcière. Vous verrez le trop grand Jésus qu’on avait peine à faire entrer dans l’église du Curé Neuf. Vous achèterez les fameux paparmanes, bonbons forts de notre enfance, qui poussent dans les arbres. Et, bien sûr, vous croiserez la traverse de lutins dûment reconnue par le Ministère des Transports. C’est dire que ça doit être vrai! Et n’ayez crainte, il est tout à fait normal de s’esclaffer bien fort sur la voie publique ici!





«On vous démontrera, preuves à l’appui, que les légendes entendues à travers les branches sont bien réelles.»



Quoi découvrir d’autre à Saint-Élie

Outre la très divertissante visite guidée, il existe d’autres lieux d’intérêt à Saint-Élie. Il faut entrer au célèbre garage reconverti en espace culturel depuis la retraite du propriétaire, jouer quelques notes sur le piano public (si vous avez un peu de talent, bien sûr) et flâner sur le sentier botanique derrière le bâtiment qui met en vedette les villages de la région. Ne manquez pas non plus de suivre le chemin de croix (installé à l’envers parce que cette histoire, on est mieux de la commencer par la fin!) sur la montagne du Calvaire. La vue sur le village tout en haut vaut le coup d’œil (surtout en automne).




Mes bonnes adresses à Saint-Élie

L’ancien salon de barbier de Méo (qu’il valait mieux, à l’époque, fréquenter en matinée) est devenu le magasin général selon l’image traditionnelle que l’on peut s’en faire. Ici, on fait un arrêt le temps d’un café et quelques emplettes. Vous pourrez même vous y procurer de la poudre de lutin.

2320 rue Principale




Derrière le presbytère se trouve la Salle des Pèlerins, ancienne écurie devenue une immense boutique gérée par la fabrique de la paroisse et offrant des produits d’artisanat fabriqués par des artisans du coin. Le choix est varié et il est plutôt difficile de ne pas repartir avec au moins un sac de paparmanes provenant directement de l’arbre juste en face.

2410 rue Principale




Vous aimez le bon pain? Vous ne pourrez résister à l’odeur alléchante qui émane de la boulangerie du village bien nommée «Du bon pain, croûte que croûte». Des créations gourmandes originales sucrées ou salées qui feront bonne figure sur votre table. Attention, vaut mieux s’y présenter tôt pour avoir plus de choix. On vient de partout pour s’approvisionner ici.

2440 rue Principale


Le potier de Saint-Élie ne fait pas que de la simple poterie. Ici, on vous propose de pures œuvres d’art colorées et pratiques. Vous y dénicherez assurément quelques cadeaux de Noël.

111 rue Boulanger




Où dormir

À Saint-Élie, on vous assure dès le départ que vous aimerez tellement votre visite que vous voudrez y rester plus longtemps!


Le Rond Coin est à la fois restaurant, salle de spectacle et lieu d’hébergement insolite. Vous pourrez choisir une yourte, une roulotte gitane, une tente prospecteur ou simplement un chalet au bord de l’eau. «Un petit coin de merveilleux» pour prolonger l’expérience surnaturelle du village.

340 rue Saint-Louis




Le Gîte Le Lutin Marmiton se retrouve dans l’ancien presbytère. Situé au coeur du village, vous pourrez y profiter d’une nuit douillette à rêver de lutins ou de sorcières à quelques pas de tous les services.

2410 rue Principale




Manque de place à Saint-Élie? Besoin de plus d’intimité? Rendez-vous à Shawinigan, à une vingtaine de minutes de là, au Comfort Inn & Suites. Typique des hôtels du même genre, il a l’avantage d’être situé à quelques pas de la Cité de l’Énergie, attrait touristique majeur en Mauricie pour allonger votre séjour.

705 Avenue du Capitaine-Veilleux




Où manger

En plus d’y dormir, le Rond Coin est l’endroit tout désigné pour casser la croûte. Leur spécialité? Le gridchise (non, non, pas le grilled-cheese mais bien le gridchise) décliné en près d’une dizaine de saveurs, fait de pain de qualité et selon la manière ancestrale («presser, tourner, répéter»)! Soupes et bières de micro-brasserie sont aussi au menu. Mention spéciale à l’excellente limonade, probablement une des meilleures que j’ai bue de ma vie (et ce n’est pas une fabulation)!

340 rue Saint-Louis




Chez Elle est à la fois une boutique-cadeaux de créations québécoises et une espèce de bistro chaleureux où mijotent de bons petits plats maison. On parle avec beaucoup d’éloges de leur club-sandwich fait avec des pains naan.

2350 rue Principale




À Shawinigan, pour un repas fin fait de produits locaux et avec beaucoup d’ambiance tout en restant dans la thématique du «mythe et légendes», on se dirige à la micro-brasserie Le Trou du Diable. Outre l’impressionnant choix de bières produites sur place, la carte est variée et succulente. La salade César est remarquable tout comme les tartares.

412 Avenue Willow




Avec la longue fin de semaine qui s’annonce bientôt, je ne peux que vous recommander de faire un saut à Saint-Élie. Petit village de seulement 2000 habitants (2002 ou 2003, selon la journée!), il étonne par sa vitalité hors du commun. Ici, tout le monde a une bonne histoire de famille plus grande que nature à raconter et personne ne se fait prier pour vous accueillir à bras ouverts. Vous vous surprendrez vous-mêmes à croire aux légendes de l’endroit après qu’on ait mis tant d’effort à vous convaincre de leur véracité. Après tout, vous pouvez même retrouver les tombes des anciens protagonistes de ces histoires fantastiques au cimetière après qu’ils eurent rencontré la mort de côté (puisque la mort ici, c’est bien connu et expliqué, ne se présente jamais de face mais bien de côté)! Et vous y passerez une journée complète (ou 2) avec le sourire figé aux lèvres, juré craché!



Saint-Élie, ça existe pour vrai et croiser le héros local est même chose courante! ;)



Pour d'autres escapades en Mauricie, jetez un coup d'oeil sur ces articles:





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lundi 17 septembre 2018

Marseille en 5 coups de coeur



Marseille
5 coups de coeur


Vous le savez probablement déjà, je suis tombée follement amoureuse de Marseille lors de mon voyage en France (si vous passez par ici pour la première fois, vous constaterez mon amour par vous-mêmes en relisant ceci)! J’ai appris à la connaître en m’y installant 3 semaines pendant lesquelles elle a su se hisser au sommet de mes villes favorites.

Je dois dire d’entrée de jeu que je n’appréhendais pas du tout Marseille malgré toutes les (presque fausses!) rumeurs que j’avais entendues à son sujet. Au contraire, j’avais très hâte de la découvrir, de prendre le pouls de la ville, de rencontrer ses multiples visages et j’étais très heureuse d’avoir autant de temps pour le faire. Ma seule crainte était d’être déçue ce qui ne fut heureusement pas le cas! J’ai plongé dans cette ville en demeurant très ouverte à toutes les possibilités et en ayant beaucoup de temps pour l’apprivoiser petit à petit ce qui m’a probablement aidé à l’aimer davantage. Toutefois je conçois bien que la plupart des voyageurs n’ont pas la chance d’y consacrer autant de jours.



Massalia, fondée par des grecs venus de Phocée en l’an 600 avant J-C (ce qui fait de Marseille la plus vieille ville de France), est une incontournable lorsqu’on se rend en Provence pour ses nombreux lieux mythiques : la Bonne Mère, le Vieux-Port, ses plages, son stade, son quartier du Panier (sur lequel je reviendrai dans un article qui lui sera entièrement consacré). Mais pour vous aider à l’aimer aussi fort que moi en quelques jours, je vous propose mes 5 endroits «coups de cœur» à explorer lors d’une première visite, ceux qui m’ont fait l’apprécier encore plus.




«J’avais très hâte de la découvrir, de prendre le pouls de la ville, de rencontrer ses multiples visages.»


1) Les îles du Frioul

C’est ici que j’ai eu mon coup de foudre pour Marseille. J’y suis débarquée par une belle journée ensoleillée, pleine de bonne volonté, mon but premier étant d’y randonner pour faire le tour des îles. Mais en passant par la calanque de Cap Frioul et son eau turquoise, je fus happée par la beauté des lieux (et surtout par le fait que je m’y retrouvais absolument seule) et je décidai de m’y installer plus longtemps que prévu. Mention spéciale à la douceur de la petite plage du Grand Soufre (où ma réelle volonté de randonner s’est aussi évaporée l’espace d’une heure ou deux)!



    «C’est ici que j’ai eu mon coup de foudre pour Marseille.»

Toutes les calanques méritent la visite et pour en savoir beaucoup plus sur ces petits paradis de la région (et notamment sur celles des îles du Frioul), il faut lire mon article pour le webzine En France Aussi par ici.

Seule façon d’accéder aux îles du Frioul, c’est par la navette Frioul Express au départ du Vieux-Port de Marseille. Plusieurs départs par jour lorsque la météo le permet pour le prix de 10,80€ aller-retour (vous pouvez aussi combiner une visite sur l’île d’If et sa célèbre prison pour 16,20€).


2) Le Mucem

J’étais pourtant bien préparée. Je connaissais déjà l’architecture particulière du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée pour l’avoir vu maintes fois en photos, tout en dentelle de béton. Pourtant, lorsque je le vis apparaître entre deux créneaux du rempart du Fort Saint-Jean, j’en ai littéralement eu le souffle coupé. Ce musée est une pure œuvre d’art contemporaine. Pour en prendre pleinement la mesure, il faut d’abord entrer par le Fort, traverser les jardins puis la passerelle qui mène à la terrasse pour y boire un café, à l’ombre de sa dentelle.

Lorsqu’on dit que Marseille, depuis quelques années, s’est enfin tournée vers la mer pour embrasser son statut de ville méditerranéenne, c’est ici qu’on le constate le mieux. Inauguré en 2013, le musée marque le renouveau de la cité. Et pour finir de l’admirer sous tous ses angles, il faut compléter sa visite en déambulant sur l’esplanade qui s’étire à ses pieds et l’admirer dans toute sa splendeur.




      «Ce musée est une pure œuvre d’art contemporaine.»


3) De la Canebière au Palais Longchamp

Vous savez d’où vient le nom de «Canebière», principale artère de Marseille??? Autrefois appelée la «Cannebis», elle doit son nom à la culture du chanvre qu’on y cultivait pour la fabrication des cordages de bateaux. Plus tard, c’est aussi ici que les gentes dames de la ville aimaient se promener le dimanche pour voir et être vues. Et la tradition se perpétue en quelque sorte puisque il s’agit encore aujourd’hui d’une longue avenue où il fait bon flâner par un bel après-midi ensoleillé.

Elle n’a peut-être plus son lustre d’antan mais on y admire encore les façades d’anciens hôtels de luxe, on fait une pause sur l’une des terrasses qui la bordent, ou on s’arrête goûter aux fameux calissons à la pâtisserie Plauchut, la plus ancienne de la cité phocéenne. Mais surtout, on poursuit la balade jusqu’au beau Palais Longchamp, château d’eau entouré de jardins et de musées qui demeure encore de nos jours un des lieux de rendez-vous privilégiés des marseillais.

Tous les derniers dimanches du mois a lieu les «dimanches de la Canebière» où s’ajoutent au paysage du boulevard artistes de rue, vendeurs ambulants, marchés fermiers ou fanfares. Une atmosphère conviviale qui m’a permis d’assister à un spectacle de flamenco, d’écouter des musiciens africains, de prendre le thé dans le salon historique de chez Plauchut, d’acheter des pâtisseries maghrébines d’un marocain installé au coin d’une rue, de photographier le Street-Art du Théâtre du Gymnase et de manger un cornet de sardines frites. Une journée de grands petits bonheurs au cours de ce voyage.




«Il s’agit encore aujourd’hui d’une longue avenue où il fait bon flâner par un bel après-midi ensoleillé.»


4) Les Anses de Malmousque et Maldormé

On passe tous par le Vallon des Auffes en longeant la corniche Kennedy lorsqu’on visite Marseille. Un lieu incontournable parmi tant d’autres. Mais pas très loin, si vous observez bien les rues que vous croiserez, vous apercevrez sans doute deux petits passages qui descendent vers la mer et qui annoncent deux endroits plus reculés, cachés du brouhaha de la ville : l’anse de Malmousque et l’anse de Maldormé.

Je les ai découvertes à ma première journée à Marseille, attirée par l’intimité colorée des ruelles et curieuse d’aller voir de plus près où pouvaient-elles bien mener. Et je suis tombée sous le charme de ces petits recoins dissimulés aux yeux des passants. On s’assied simplement sur les rochers en bord de mer pour remplir ses poumons d’air salin, livre à la main, en jetant parfois un regard sur les voiliers qui voguent au loin ou on ose la baignade, si la chaleur de l’eau le permet, entre deux bouchées de sandwich. Ces deux criques sont parfaites pour se poser un peu à l’écart de la clameur urbaine.



«On s’assied simplement sur les rochers en bord de mer pour remplir ses poumons d’air salin, livre à la main, en jetant parfois un regard sur les voiliers qui voguent au loin…»


5) Voir le coucher du soleil à la plage des Catalans

Marseille possède plusieurs plages dignes de l’âge d’or de St-Tropez, d’Acapulco à l’époque d’Elvis ou de l’Ipanema de la chanson. Alors, pourquoi avoir choisi la plage des Catalans qui n’est pas la plus jolie (celle du Prado est beaucoup plus grande et agréable)? Pour une raison bien simple: elle est la plus près du Vieux-Port donc la plus facilement accessible après une journée à Marseille (et incidemment, elle était située à quelques pas de l’appartement où je logeais)!

Je passais fréquemment devant pour rejoindre le centre ou retourner chez-moi. Je l’ai admirée sous tous ses angles, à toutes les heures du jour. Mais lorsque le soleil baisse à l’horizon, ses couleurs et sa lumière la magnifie et en font un endroit un peu magique. Il serait bien navrant de ne pas en profiter. Et puis, la Méditerranée au soleil couchant, ça procure de superbes souvenirs de voyage! Allez voir par vous-mêmes et redonnez m’en des nouvelles!



«Mais lorsque le soleil baisse à l’horizon, ses couleurs et sa lumière la magnifie et en font un endroit un peu magique.»




Face à l’Anse Maldormé, ne ratez pas l’occasion de manger la vraie bouillabaisse de Marseille comme je vous le racontais par ici!