vendredi 7 juin 2019

Les routes de Baie Saint-Paul




Charlevoix
Les routes de Baie Saint-Paul


Baie Saint-Paul, dans la belle région de Charlevoix, est une ville située entre fleuve et montagnes où se rencontre une multitude de routes toutes plus diversifiées les unes que les autres et qui plairont à tous, que vous soyez plus aventuriers ou plus mondains! Entre nature et culture, petit ou gros budget, frugal ou gastronome, on y trouve de tout, dans un décor enchanteur. Pour les lecteurs français qui ne la connaissent pas, je la comparerais à Aix-en-Provence par sa taille, son ambiance et l’attirance qu’elle provoque chez les voyageurs. J’étais déjà passé par Baie Saint-Paul mais je n’y étais jamais restée plus longtemps que quelques heures et, il y a quelques semaines, j’ai emprunté ces nombreuses routes lors d’un long week-end que je vous présente ici.




La route culture

Baie Saint-Paul est une ville d’art. En témoigne son musée d’art contemporain renommé qui trône en plein centre-ville, ses nombreuses galeries d’art parsemées un peu partout mais aussi l’art urbain qui s’affiche au détour de ses rues. Ce n’est pas pour rien que nombre de nos artistes ont choisi la région pour s’inspirer. S’il y a bien un endroit de la province où les amateurs de beaux-arts sont comblés, c’est ici!

L'art s'affiche dans les rues de Baie Saint-Paul



Mais Baie Saint-Paul, en matière de culture, c’est aussi une ville d’Histoire. On peut d’ailleurs suivre son circuit historique qui rend hommage à ses pionniers. Colonisée dès le XVIIe siècle, elle fut l’hôte, comme bien d’autres endroits du Québec, de quelques congrégations religieuses vouées à l’éducation ou à la santé des habitants. Et c’est ici que je veux vous parler d’un formidable endroit qui constituera à coup sûr le meilleur bon plan de votre séjour et j’ai nommé, l’Auberge des Balcons!



L’Auberge des Balcons est d’abord une auberge de jeunesse offrant toutes les commodités nécessaires (cuisine, chambres en dortoir ou privées simples, doubles et triples, salles de bain complètes et bien située) et surtout, à des prix imbattables. C’est ce qui m’a d’ailleurs convaincue d’aller voir de plus près (moins de $35 la nuit, taxes incluses, en chambre privée, je ne pouvais refuser plus belle offre). Installée dans l’ancien couvent des Petites Franciscaines de Marie, parfaitement conservé, on y trouve également une salle commune accueillant des spectacles sur sa scène, un café fort sympathique et ludique (dont je vous reparle plus loin), de grands balcons pour se détendre avec vue sur le fleuve et le musée des Petites Franciscaines de Marie retraçant leur parcours à travers les siècles (puisqu’elles y ont tenu école, orphelinat, hôpital, boulangerie et jardins) et dont la visite se termine dans leur magnifique chapelle blanche et dorée.





La route nature

La région de Charlevoix est traversée par deux routes «nature» qui valent toutes deux le déplacement tant leur beauté est remarquable. D’abord la route du fleuve que l’on aperçoit dès notre arrivée sur le territoire et dont la seule image a pour effet de provoquer un apaisement instantané! Pour admirer au plus près notre majestueux Saint-Laurent, vous pouvez vous rendre au Quai de Baie Saint-Paul et longer la dune ou vous balader dans les sentiers du boisé de Baie Saint-Paul (juste derrière l’auberge, après avoir croisé le cimetière des Petites Franciscaines) pour atteindre la rive et observer au passage les envolées des grandes oies blanches.





Puis, il y a aussi la route des montagnes qui vous mène directement au Parc National des Grands-Jardins (exploité par la SÉPAQ). Ici, le sentier vedette, c’est celui du Mont du Lac des Cygnes qui culmine à 980 mètres pour offrir une incroyable vue sur la chaîne des Laurentides (qui, à mon grand étonnement et selon Wikipédia, serait la plus vieille chaîne de montagnes du monde) mais surtout, sur le cratère de Charlevoix que l’on devine entre les vallées, descendant jusqu’au fleuve et issu d’un ancien météorite qui s’y était écrasé. Lors de mon passage, il restait encore de la neige au sol, bien compacte et glacée, ce qui n’a pas facilité la randonnée mais l’été qui pointe le bout de son nez (difficilement^^) devrait la rendre plus agréable et accessible. Pour les moins hardis, on y trouve tout un réseau de sentiers bien balisés et plus faciles qui atteignent aussi de beaux points de vue.







La route des saveurs

Charlevoix regorge de petits producteurs locaux et d’adresses gourmandes. La région a d’ailleurs élaboré sa route des saveurs. Ici, les foodies sont rois. Lorsque l’emblème de ce coin de pays est un illustre fromage, le Migneron de Charlevoix, ça dit tout! Au cours d’une seule fin de semaine, j’y ai déniché une bonne dizaine d’excellentes adresses et je tiens à partager mes coups de coeur avec vous. Ne me remerciez surtout pas pour ce dévouement, tout le plaisir était pour moi!



Outre le fameux Migneron, il existe un large choix de fromages par ici (et pas seulement le cheddar en grains ^^). À la Laiterie de Charlevoix, on en découvre plusieurs dont l’Origine de Charlevoix qui rappelle le Reblochon (un délice) ou le Fleurmier à pâte molle et croûte fleurie. Cette fromagerie, tenue depuis 4 générations, a même réintroduit la vache canadienne dans ses pâturages pour s’assurer d’une agriculture authentique.

1167 boulevard Mgr de Laval, Baie Saint-Paul



Le canard de Charlevoix élevé en liberté est aussi réputé. C’est à La Ferme Basque de Charlevoix dans le village voisin de Saint-Urbain (sur la route pour le parc) que je suis partie à sa rencontre. Un savoir-faire artisanal, un foie gras exquis et le souvenir d’un cassoulet toulousain furent les moments forts de cette visite.

813 rue Saint-Édouard, Saint-Urbain



S’il y a bien un élément de base en cuisine, c’est le pain mais il est souvent difficile (du moins, en région) de trouver du vrai bon pain. À la boulangerie À Chacun son Pain, j’ai trouvé mon bonheur. Une grande variété de pains artisanaux y sont offerts mais aussi viennoiseries, soupes et sandwiches aux saveurs originales, parfait pour vous accompagner en randonnée.

1006 Boulevard Mgr de Laval, Baie Saint-Paul




Passer un séjour à Baie Saint-Paul sans café représente sûrement un défi pour plusieurs d’entre vous. Ça tombe bien, j’y ai testé deux cafés fort sympathiques. D’abord le Mousse Café, coopérative de solidarité et lieu familial où l'on retrouve également une boutique et ayant pour mission d’offrir des produits de la région et un espace ludique et créatif. Attenant à l’auberge et situé lui aussi dans la Maison Mère de la congrégation, c’est l’emplacement idéal pour les déjeuners. 

63 rue Ambroise-Fafard, Baie Saint-Paul




Je me suis aussi arrêtée au Café Arômes et Saveurs, en plein centre, où de vrais maîtres barista évoluent derrière une vitrine emplie de délices charlevoisiens. Ne manquez pas de passer dans la pièce de devant, une confiserie où il est impossible de résister bien longtemps!

64 rue Saint-Jean-Baptiste, Baie Saint-Paul




Un long week-end et de la randonnée, ça donne soif! Et comme j’aime beaucoup le cidre, je ne pouvais pas passer à côté de la Cidrerie et Vergers Pedneault, un incontournable de la région et une histoire familiale qui remonte en 1918. L’entreprise de l’Isle-aux-Coudres récolte pommes mais aussi poires, prunes et cerises pour fabriquer ses nectars et elle a une boutique en plein Baie Saint-Paul. Vous essaierez leur cidre Le Pednault (80% pomme et 20% cerise) et m’en redonnerez des nouvelles!

74 rue Saint-Jean-Baptiste, Baie Saint-Paul




Qui dit boire, dit aussi bière et ça tombe bien, le restaurant Le Saint-Pub est l’endroit tout désigné pour tester les bières de la microbrasserie Charlevoix, brassées entre ses murs, que l’on accompagne souvent de leur smoked meat mariné à la bière que l’on dit remarquable. Lors de mon passage, saison oblige, j’ai eu droit au mac n’ cheese au homard et j’en salive encore!

2 rue Racine, Baie Saint-Paul




Enfin, pour goûter pleinement au terroir de Charlevoix, je vous amène à ma dernière adresse découverte lors de ce séjour : l’Orange Bistro. Un restaurant sans prétention, où l’on mange sur la grande terrasse ou sous la verrière et qui fait la part belle aux fromages et viandes biologiques d’ici. Et si l’auberge de jeunesse ce n’est pas vraiment pour vous, sachez que l’établissement offre aussi de belles chambres de style victorienne ou contemporaine.

29 rue Ambroise-Fafard, Baie Saint-Paul





On m'avait fait bien d'autres recommandations avant le départ mais le temps limité et le hasard des balades m'a empêchée de toutes les essayer. Si vous passez par Baie Saint-Paul, n'hésitez pas à me faire connaître vos découvertes!

Alors? Vous cherchez encore votre destination pour cet été? Votre cœur balance entre des vacances actives, gourmandes ou contemplatives? Ne cherchez plus puisque Baie Saint-Paul allie tout ça et comblera toutes vos attentes!





Vous pouvez également prolonger vos vacances en séjournant dans la région voisine de la Côte-de-Beaupré par ici.



VOUS AIMEZ? ÉPINGLEZ-MOI!


mercredi 29 mai 2019

Et si on sortait (vraiment) des sentiers battus



Et si on sortait (vraiment) des sentiers battus


J’écris rarement des billets qui portent à la réflexion (jamais en fait)! Je n’écrirai pas sur un sujet comme le tourisme durable si je ne crois pas le maîtriser parfaitement et plusieurs le font très bien. Ni sur le voyage en solo au féminin parce que pour moi, ç’a toujours coulé de source, je n’ai jamais eu de crainte de sauter le pas et je n’ai jamais rencontré d’obstacle à ce type de voyage (que voulez-vous, personne de mon entourage n’a jamais émis de doute sur l’un de mes voyages en solitaire et je n’en inventerai pas non plus pour faire cool)! Mais le présent sujet me tient trop à cœur pour ne pas y consacrer quelques lignes et je crois, très humblement, bien le connaître. Et c’est aussi une excuse pour vous parler de ma région.

Sortir des sentiers battus ? Impossible, diront certains. Risible, pour d’autres. Existent-ils vraiment encore des sentiers non battus à notre époque ? Je réponds par un énorme OUI! Suffit de se donner la peine!


Les vacances d’été seront là d’ici quelques semaines. Sur vos réseaux sociaux, vous publierez vos photos de Paris, Barcelone ou Bali. Plus près de nous, ce sera Québec, La Malbaie, Percé ou les grands parcs nationaux qui seront à l’honneur. Normal, je plaiderai coupable aussi! Ce n’est quand même pas pour rien si tous ces endroits de la planète sont si courus par les touristes. Ils ont un charme, une aura ou une beauté indéniable. Mais pourtant…

Pourtant, il existe des milliers de villages enchanteurs qui ne demandent pas mieux que de vous accueillir. Leur offre touristique est peut-être plus limitée, néanmoins, on y fait de formidables découvertes bien loin des foules agressantes et des instagrammeurs trop intenses. Ces petites villes, ces petits parcs, ces petits sentiers représentent bien souvent une évasion parfaite dans le calme de la nature.

Pour plusieurs de ces villages occidentaux, le tourisme représente un apport considérable à l’économie locale. Dans ces endroits plus ou moins reculés, les retombées contribuent directement à la vitalité du milieu. Lorsqu’on sort des sentiers battus, on encourage inévitablement des petites entreprises familiales, des artisans qui bossent dur pour se maintenir à flots, des initiatives citoyennes créatives et intéressantes, des organisations dévouées au développement de leur collectivité. Honni ailleurs, ce tourisme ici sert à maintenir les services, les infrastructures sociales ou commerciales, des emplois, l’environnement. Et on y opte presque toujours pour du développement durable parce qu’on reconnaît son importance.

Saint-Didace dans Lanaudière, un exemple de ces petits villages accueillants, prêt à faire la joie des touristes...

... avec son petit parc près de la rivière, ses sentiers pédestres du Mont-Marcil et ses Jardins du Grand-Portage pour amateurs d'horticulture.


Une alternative aux grands parcs

L’association des parcs régionaux du Québec est un exemple concret de ces organismes prônant ces valeurs communautaires. Loin de l’achalandage des grands parcs, ces plus petits parcs proposent des alternatives récréotouristiques exploitées par le secteur municipal et prônant le développement responsable, l’innovation et la collaboration. De nombreux bénévoles ayant simplement à cœur leur région s’occupent de ces parcs. Avec une cinquantaine de membres, offrant activités de plein air et hébergements, vous aurez l’embarras du choix pour l’organisation de vos vacances.

Le Parc Régional de la Chute à Bull à Saint-Côme

Le Parc des Chutes Monte-à-Peine-et-des-Dalles, une régie inter municipale et un autre exemple de ces petits parcs qui méritent la découverte


Une histoire de village

Laissez-moi également vous raconter l’histoire de mon village pour mieux illustrer mon propos. Saint-Gabriel dans Lanaudière fut, au cours des années ’50 jusqu’en 1976, une station balnéaire immensément courue par les touristes de l’Est de l’Amérique du Nord. On y débarquait par milliers en été, sur sa plage, dans ses restaurants, boutiques et salles de spectacle. Tous les grands noms de la chanson québécoise y séjournaient à un moment ou l’autre de leur carrière. Les plus vieux racontent souvent qu’il y avait des files d’attente, tous les jours de l’été, devant tous les bars et restaurants de la place. L’hiver, ses sentiers de ski et de motoneige étaient largement fréquentés. Et c’est tout le grand secteur Brandon qui en profitait. Puis, à l’hiver 1976, s’abat sur la ville une épidémie de fièvre typhoïde (qui, on l’apprit au printemps, fut causée par l’eau bue par les résidents). Bien sûr, on remédia alors à la situation et plus jamais le problème ne se représenta mais le mal était fait et les touristes prirent peur. Les saisons qui suivirent furent dorénavant boudés, la plage désertée, plusieurs commerces fermèrent leurs portes ou eurent bien de la difficulté à survivre pendant quelques décennies. Et conséquemment, la population s’est appauvrie et des services ont disparus.

Image d'archive tirée d'une carte postale: la plage de Ville Saint-Gabriel au cours des années '60

Image d'archive: L'arrivée des skieurs à la gare de Saint-Gabriel au début des années '40

Ici, le tourisme est véritablement primordial à l’économie locale comme bien d’autres petits coins méconnus du pays. Heureusement, depuis quelques années, les gens reviennent tranquillement. Des événements sont créés, les gens du milieu se sont relever les manches pour développer de nouvelles offres. Ici, un charmant vignoble biologique, là, une boutique gourmande de produits du terroir, ici encore, une petite galerie d’art très intéressante et partout autour, l’aménagement de sentiers de randonnée. Mais nous pourrions accueillir une bien plus forte concentration de touristes. Nous les recevons d’ailleurs à bras ouverts tout comme le font tous ces résidents fiers de leur coin du monde, qu’il soit situé au cœur des Laurentides ou au milieu de la savane africaine!

Mais il est difficile de convaincre les gens de venir jusqu’ici et il faut que les mentalités changent dans ce domaine pour qu’une vraie curiosité et l’envie réelle de contribuer au développement des régions «hors des sentiers battus» s’installent en chacun de nous. Lorsque vient le temps de planifier les vacances, Québec, Percé et La Malbaie remportent toujours la faveur. Pourtant, la région a de multiples atouts : son magnifique lac Maskinongé, ses grands espaces en forêt, d’excellentes tables proposées par une nouvelle génération de chefs, des petits producteurs locaux qui s’y installent de plus en plus nombreux. Et surtout, on n’y est pas à l’étroit, on ne bouscule personne pour se trouver un petit coin pour pique-niquer, on ne fait pas la file pour faire une photo des montagnes environnantes et je vous le jure, c’est vraiment beau par ici! Et c’est comme ça dans toutes les campagnes de la province. En prime, on découvre souvent ces régions à moindre coût.

Plage du Lac Maskinongé à Ville Saint-Gabriel

Les sentiers Brandon: pédestres du printemps à l'automne, pour les skieurs et raquetteurs en hiver


Des obstacles à vaincre et une concertation politique

Nous l’avons vu et lu cette semaine, le fédéral a finalement compris l’importance du tourisme pour ces petites communautés rurales et tentera de l’encourager (selon le discours de Mélanie Joly, ministre du tourisme au Conseil des relations internationales de Montréal et l’enveloppe budgétaire de 58,5 millions du dernier budget d'Ottawa). Ça peut paraître peu lorsque distribué à l’ensemble du territoire canadien mais c’est déjà un début.

Évidemment, des problèmes de taille surgiront. D’abord la rareté de l’hébergement pour certains de ces centres éloignés. Chez-moi, les possibilités sont limitées, il faut le dire mais ne sont pas nulles. Ça demande un peu plus de travail de recherche pour le touriste mais parfois, ça nous fait aussi découvrir de petites pépites bien accueillantes et l’expérience devient plus personnalisée. N’est-ce pas ce que toutes les études affirment, que les voyageurs désirent de plus en plus vivre des expériences? Voyager en région en devient une, assurément!

Aussi, n’oublions pas le problème du transport. Nous sommes de plus en plus conscientisés par les effets néfastes du transport sur l’environnement. Le transport en commun devient la principale solution et les gens l’utilisent de plus en plus pour voyager. Toutefois, bien des communautés ne sont pas desservies par un simple système de bus ou de train efficace. Il faut collectivement l’exiger, se convaincre les uns et les autres de sa nécessité et surtout, les adopter.

Mais restons positifs. Si l’on démontre un véritable intérêt pour ces endroits, les investisseurs suivront. Si on le demande, les intervenants se concerteront pour améliorer ces situations.

Les grands espaces des réserves et pourvoiries des régions. Ici, la Réserve faunique Mastigouche à Mandeville


Par ce petit cri du cœur, je souhaite vraiment conscientiser le plus grand nombre à l’importance de voyager en dehors des traditionnels lieux de vacances parce que partout, il y a du beau et du bon.

Et si, cet été, on consacrait une seule fin de semaine à sortir véritablement des sentiers battus, à aller rendre visite à un petit village de région pour encourager son tourisme local, pour ne pas que meurent ses infrastructures, ses productions régionales et sa communauté. On finit tous par faire une différence. Et ne vous inquiétez pas, le wi-fi y existe, vous pourrez donc publier vos magnifiques paysages sauvages et vos assiettes gourmandes sur vos réseaux sociaux!


Vous habitez, vous aussi, un village qui gagnerait à être connu? N’hésitez pas à en parler dans les commentaires ci-dessous et à nous le présenter. Vous piquerez peut-être la curiosité d’un voyageur qui cherche de la nouveauté ou qui se sent concerné par la cause!


Pour découvrir certains de ces petits coins perdus, cliquez sur les liens qui suivent!

- Ornithologie en Mauricie

- Randonnée des Dalles

- Lanaudière en hiver


VOUS AIMEZ? ÉPINGLEZ-MOI!

lundi 29 avril 2019

Balade à Narbonne



Balade à Narbonne


Narbonne fut un coup de tête dans mon parcours en France. Plus la fin approchait, plus je devais décider et réserver les dernières destinations où je m’arrêterais avant de rejoindre Toulouse où j’avais déjà prévu de terminer ce voyage (le billet de retour ayant été acheté au préalable). J’avoue avoir longtemps hésité entre plusieurs villes mais, la fatigue aidant, j’ai choisi de ne pas m’évader trop loin et d’éviter les longs déplacements. C’est ainsi que je me suis retrouvée à Narbonne dans l’historique département de l’Aude. D’autant plus que j’avais très envie de voir Gruissan, sa voisine. Pour les français, c’est un endroit bien fréquenté, reconnu pour ses plages mais pour nous, québécois, la ville demeure plutôt méconnue et surtout, elle est bien plus qu’une simple station balnéaire.

Je ne connaissais pas vraiment Narbonne et j’avais manqué de temps pour m’informer un peu plus avant mon arrivée. Je me suis donc dit que je verrais bien un coup sur place ce que je pourrais bien y faire et y voir (et à l’office de tourisme qui fut mon premier arrêt par un début d’après-midi après être débarquée à la gare, traînant ma valise derrière moi). J’avais surtout l’intention de la découvrir lentement en me baladant au hasard de ses rues. Et son charme a opéré!





«J’avais surtout l’intention de la découvrir lentement en me baladant au hasard de ses rues.»



Voyage dans le temps à Narbonne

Première découverte narbonnaise : le Palais des Archevêques et la cathédrale Saint-Just et Saint-Pasteur. Mais comme cet ensemble monumental est impressionnant! Je résidais tout à côté et je me suis extasiée maintes fois en en faisant le tour. C’est un véritable retour au Moyen-Âge gothique auquel je fus conviée. Passant d’une salle magnifiquement parée à une cour intérieure du palais, admirant les chapelles et le trésor de la cathédrale, leurs détails et leurs œuvres d’art, l’endroit est un incontournable d’un séjour à Narbonne. Il faut savoir que le Palais est le deuxième plus grand palais épiscopal du pays après Avignon alors, il avait tout pour me plaire! Et si vous êtes chanceux comme moi, en entrant dans la salle du Trésor de la cathédrale, vous aurez peut-être droit, vous aussi, à un gentil grand-papa expliquant à ses petits-enfants le phénomène acoustique qu’on peut y constater et vous saurez donc tout sur cette particularité!






Je suis aussi montée dans la tour du donjon du palais, haute de 42 mètres et qui offre une vue imprenable sur la ville depuis sa terrasse. En m’y présentant dès l’ouverture (10h00, ce qui n’est pas si tôt que ça), j’ai pu faire la visite complètement seule, sans touriste gênant s’incrustant partout ou désirant à tout prix garnir leur compte Instagram des plus improbables poses! Et en sortant, faire une pause-café sur l’une des terrasses de la place de l’hôtel de ville tout en bas nous donne une autre perspective sur ces bâtiments.





Qu’est ce qui m’a menée jusqu’à la basilique Saint-Paul? Du temps devant moi, du soleil plein le ciel, une photo de son architecture intrigante sur la petite brochure de l’office de tourisme et cette phrase «son bénitier à la grenouille est célèbre»! Pourquoi ne pas marcher un peu pour aller voir cette fameuse grenouille! En fait, après avoir mis les pieds dans l’enceinte de l’église, j’ai bien failli la rater cette grenouille de bénitier (oui, il y aurait un certain lien entre elle et l’expression)! C’est qu’elle est passablement intéressante cette basilique reposant sur les vestiges de son ancien cimetière paléochrétien que l’on peut aussi visiter.




La grenouille de Saint-Paul ou l'histoire d'une grenouille qui sauva Saint-Paul du naufrage puis qui dérangea les offices de l'église par son coassement et qui fut donc pétrifiée pour qu'elle se taise à tout jamais!



Voyage en Italie à Narbonne

Avec son long canal de la Robine qui traverse la ville et ses promenades bordées de grands arbres des deux côtés, soit le Cours Mirabeau et la Promenade des Barques, j’avais l’impression de me retrouver en Italie en plein Narbonne. Et lorsque j’ai aperçu le Pont des Marchands qui enjambe le cours d’eau, un des rares pont habités de France, l’illusion fut complète! Fleuri et parfait pour une balade fraîcheur, le longer à partir du Pont de la Liberté et jusque du côté du Quai Dillon en s’arrêtant manger une glace face au bureau de l’office de tourisme était parfaitement dans le ton!





Il est aussi possible de s’immerger complètement dans la Rome antique à Narbonne en visitant le Musée de l’Horreum. Bon, ici, je l’avoue, c’est surtout le nom qui a piqué ma curiosité (mon latin étant loin derrière) et j’imaginais bien d’autres choses de ces galeries souterraines. Construites au 1er siècle avant notre ère, il s’agit en fait d’un possible ancien entrepôt creusé à 5 mètres sous la terre et dont les nombreuses ramifications sont encore, pour la plupart, inconnues des archéologues. L’ensemble actuellement ouvert au public est très bien préservé et a réussi à assouvir cette curiosité d’historienne!





Saveurs méditerranéennes à Narbonne

Je n’ai pas testé beaucoup d’adresses gourmandes à Narbonne. Néanmoins, j’ai quand même fait le plein de victuailles pour mon séjour à la meilleure d’entre toutes, aux Halles de Narbonne, certainement un des plus chouettes marchés couverts que j’ai pu visiter. Ici, c’est toutes les saveurs de la Méditerranée qui m’étaient offertes dans un écrin architectural digne de mention, ce qui n’est pas à dédaigner. Des arancinis, des charcuteries françaises, des tapas espagnols, du melon frais, des salades de saison et des pâtisseries décadentes ont fait mon bonheur l’espace de quelques repas.





Sans être dans mes plans de départ, je suis bien heureuse d’avoir finalement mis Narbonne à mon itinéraire. Elle s’est facilement hissée bien haut dans mes coups de cœur de la région. Du Québec, si vous devez atterrir (ou décoller) de Toulouse (offert en vol direct par Air Transat), je vous conseille fortement d’y faire le détour pour quelques jours. Je crois que vous vous y plairez bien…


«Elle s’est facilement hissée bien haut dans mes coups de cœur de la région.»

J’ai combiné ces deux jours à Narbonne à une escapade à Gruissan, en une journée (départ le matin de la gare routière et retour en fin de journée). Je vous la racontais d’ailleurs par ici.

Quelques jours plus tard (après Perpignan, Argelès, Carcassonne et Saint-Hilaire qui viendront bientôt sur le blogue, promis!), j’arrivais à Toulouse que je vous présentais en deux parties, ici et ici!


VOUS AIMEZ? ÉPINGLEZ-MOI!