mercredi 7 novembre 2018

La Ciotat et Cassis : Quoi voir, quoi faire, où manger




La Ciotat, la cool et Cassis, la chic!

Quoi voir, quoi faire, où manger


En juin dernier, pendant toute une semaine, je me suis installée à La Ciotat sur le bord de la Méditerranée, à une trentaine de kilomètres de Marseille (juste après Cassis). Pourquoi La Ciotat? D’abord parce qu’après mon séjour à Marseille et un petit détour dans le nord du pays, j’avais encore envie de soleil, de plages et de calanques. Ensuite, parce qu’on m’avait vanté les beautés de Cassis (salut cousine!) mais puisque l’hébergement y était plus cher, j’ai plutôt opté pour sa voisine La Ciotat (il faut savoir que le coût de la vie est plus élevé dans cette région. Les frais d’hébergement sont sans doute les plus élevés que j’ai connus pendant ces 3 mois en France. Je me suis reprise ailleurs).



J’y suis demeurée une semaine (parce que j’avais beaucoup de temps devant moi) mais il peut aussi s’agir d’une destination idéale pour un long week-end. Mais surtout, si vous aimez autant que moi les séjours en bord de mer où on peut passer des heures à se prélasser sur une terrasse ou à flâner dans les rues d’une ville, je crois que vous adorerez La Ciotat. Ce fut le cas pour moi parce que la vie est trrrrès douce à La Ciotat! Pour nous québécois qui rêvons des plages du sud de la France, cette station balnéaire méconnue (du moins, pour nous, si on compare à ses voisines) représente un bon compromis entre la vie plus dispendieuse de la Côte d’Azur et la proximité de la belle Provence.

Mais entre deux cafés (ou 2 mojitos!), qu’est-ce qu’on fait, qu’est-ce qu’on voit, où on va à La Ciotat? La réponse dès maintenant et tout ça est possible sans voiture!



«Si vous aimez autant que moi les séjours en bord de mer où on peut passer des heures à se prélasser sur une terrasse ou à flâner dans les rues d’une ville, je crois que vous adorerez La Ciotat.»


Comment s’y rendre sans voiture : De Montréal, Air Transat offre des vols directs jusqu’à Marseille. De la gare St-Charles de Marseille, plusieurs trains chaque jour rejoignent la gare SNCF de La Ciotat (à l’écart de la ville, vous devrez donc prendre le bus pour vous rendre au centre-ville) pour environ 20$ CAD. En bus, à partir de la Halte routière Sud de Marseille, vous rejoindrez la gare routière de La Ciotat, directement au centre-ville, pour moins de 10$ CAD. C’est ce dernier moyen de transport que j’ai privilégié, grève oblige lorsque j’y étais!


Vieux La Ciotat

Il fait bon se balader dans le centre ancien qui se concentre autour de l’église Notre-Dame de L’Assomption, des places Sadi Carnot et Émile Zola et le long du Vieux-Port. On peut passer des heures à musarder dans ses petites rues qui finissent toujours par se rendre jusqu’à la mer ou sur une de ses terrasses à observer la faune locale ou le chantier maritime qui domine le paysage de l’autre côté de la baie. Plusieurs marchés ont aussi lieu ici dont celui très couru du dimanche matin ou des soirées musicales fort sympathiques sur les places de la ville (pour la petite anecdote, j’ai même pu entendre, par un beau vendredi soir, un groupe de musiciens jouer, entre autres, mon cher Zachary Richard sur la place Sadi Carnot).



«On peut passer des heures à musarder dans ses petites rues qui finissent toujours par se rendre jusqu’à la mer ou sur une de ses terrasses à observer la faune locale…»


Face au bureau de l’office de tourisme se trouve le musée Ciotaden présentant des expos portant principalement sur l’histoire de la ville et les grandes inventions qui font la fierté des habitants dont la pétanque (appelée alors, en 1910, le jeu de Pied-Tanqué) et rien de moins que le cinéma des frères Lumière. Parce que oui, La Ciotat a vu naître deux institutions : la pétanque et le cinéma! Des amateurs pour un petit pèlerinage dans la salle??!! D’ailleurs, un peu plus loin sur le boulevard longeant la Méditerranée, se trouve le cinéma Eden sacré «plus vieux cinéma du monde».

Le cinéma Eden


«…La Ciotat a vu naître deux institutions : la pétanque et le cinéma!»

  

En 1891, Antoine Lumière s’installe à La Ciotat. C’est donc ici que se retrouvent ses fils, Louis et Auguste Lumière, qui travaillent alors sur un mécanisme qui allait faire leur renommée : le cinématographe. En 1895, le duo fait le lancement de leur première projection officielle à Paris puis, quelques semaines plus tard, au cinéma Eden où ils présentent leur premier film d’une durée de 50 secondes devant un public choisi : L’arrivée d’un train en gare à La Ciotat. La suite de l’histoire est passée à la postérité…



Le Parc du Mugel

Du Vieux-Port, vous mettrez une vingtaine de minutes à pied pour vous rendre d’abord à la calanque du Mugel (dont je vous ai déjà parlée sur le webzine En France Aussi) puis, au Parc du Mugel, jardin botanique classé «jardin remarquable» et créé en 1923 à l’ombre du Bec de l’Aigle. Profitant d’un microclimat, de nombreuses variétés de plantes, souvent rares pour la région (notamment une bambouseraie), s’y développent protégées du mistral.




Vous pouvez aussi poursuivre la randonnée sur le massif (jusqu’à Marseille si vous le désirez!) et montez jusqu’au belvédère. La montée est un peu raide mais je ne peux que vous le recommander parce que tout là haut, la vue vaut amplement le coup!




               «…tout là haut, la vue vaut amplement le coup!»


L’Île Verte

On va à l’Île Verte, porte d’entrée de la baie de La Ciotat, parce qu’elle est étonnante sous bien des aspects. D’abord, c’est la seule île du département des Bouches-du-Rhône à être boisée. Puis, sa géologie particulière appelée poudingue, identique à celle du Bec de l’Aigle, formée par une accumulation de galets et de sable provenant des multiples mouvements du sol à travers les siècles, est étonnante. Enfin, on y retrouve une colonie de lièvres qui fut jadis plus importante mais qui conserve encore aujourd’hui plusieurs spécimens. Malheureusement pour moi, ils se cachaient tous lors de mon passage (les lapins n’ont définitivement pas le sens de l’hospitalité) contrairement aux goélands et aux lézards (eux, savent reconnaître les touristes sympathiques)!


Bienvenue à l'Île Verte!



On y accoste 15 minutes après le départ du Vieux-Port et en ayant l’opportunité d’observer dans sa totalité la physionomie du massif d’en face qui lui a donné son nom de Bec de l’Aigle. Un sentier de 2 km fait le tour de l’île et nous amène au sommet de la Grande Calanque, à l’ancien fort St-Pierre ou aux plages Seynerolles et Plageolle.  Il y a un bon restaurant au débarcadère (qui reste quand même un peu cher) mais si vous préférez apporter votre pique-nique, sachez qu’il n’y a pas de poubelles sur l’île et que vous devrez ramener vos déchets (prévoyez le sac). Bref, de quoi meubler agréablement plusieurs heures de votre séjour!

Vous le voyez le bec de l'aigle tout là-haut???


«Bref, de quoi meubler agréablement plusieurs heures de votre séjour!»


Pour accéder à l’Île Verte, une navette part du Vieux-Port plusieurs fois par jour d’avril à octobre, dès 10h00. Le dernier retour, selon la période, se fait entre 17h et 18h. Tarif adulte : 13€ (environ 20$ CAD).


Les plages

Que ce soit à La Ciotat ou Cassis, ici les plages sont longues, sablonneuses et proposent plusieurs activités nautiques pour les plus sportifs. Il y a d’abord la Grande Plage de La Ciotat, en plein centre, rendez-vous des familles en été. La plage Lumière quant à elle est aménagée pour les personnes handicapées. La plus près du Vieux La Ciotat, la plage des Capucins, est plus petite mais néanmoins très séduisante pour se poser quelques heures au soleil, croyez la grande testeuse de plages que je suis!


«…la plage des Capucins, est plus petite mais néanmoins très séduisante pour se poser quelques heures au soleil…»


À Cassis, la plage du Bestouan est très fréquentée mais la vue donnant sur le Cap Canaille au loin en vaut largement la peine. Arrivez tôt en saison pour réserver votre petit coin. En plein centre-ville, vous pouvez aussi vous dirigez vers la plage Grande Mer, là où j’ai connu l’eau la plus chaude du sud du pays en juin.



On va se le dire de suite : Oui, Cassis est très courue en été. Si vous êtes allergiques au tourisme, préférez le printemps et l’automne pour la visiter. Lorsque j’y suis passée à la mi-juin, les restaurants et les bus étaient bondés et la saison n’était pas encore officiellement commencée alors imaginez lorsque c’est les grandes vacances. Vous prévoyez une croisière au départ du port de Cassis pour voir les calanques? Réservez à l’avance et arrivez tôt pour mieux profiter de la ville et évitez les longs retards dans les horaires des bus. Votre escapade à Cassis n’en sera que plus agréable!


Cassis

J’ai fait la découverte de la chic Cassis lors d’une escapade journalière au départ de La Ciotat. Petit port de pêche niché entre de majestueux massifs, Cassis attire des touristes renommés depuis des lustres. Le matin, j’ai suivi les rives de la Méditerranée pour rejoindre la Presqu’Île et pique-niquer à la calanque de Port-Miou (plus de détails et la meilleure façon de rejoindre Cassis sans voiture dans cet article pour En France Aussi).




En après-midi, je me suis baladée dans le quartier historique du village et prélassée sur les plages de l’endroit. Vous pourrez y admirer le château de Cassis (propriété privée) ou découvrir l’hôtel de ville (ancien hôtel particulier du XVIIe siècle). À son entrée, j’ai pu voir une très intéressante expo du photographe Brice Portolano sur le travail du plongeur Lionel Franc dans les calanques de la région et son rapport avec cet environnement sauvage et préservé. Ne manquez pas aussi de faire une pause sur la Place Baragnon, au pied de sa fontaine, le temps d’un verre de pastis.



   «Qui a vu Paris, s’il n’a pas vu Cassis, n’a rien vu.»             - Frédéric Mistral, Nobel de littérature


Bonnes adresses gourmandes à La Ciotat

Je ne sais pas si c’est généralisé à toute la ville ou si j’ai été particulièrement chanceuse à La Ciotat mais partout où je suis sortie manger, souvent dans des restaurants choisis au hasard, j’ai été agréablement surprise par chacune des tables. Quelques adresses pour ne pas se tromper :

L’Oustaou : Je suis arrivée tard à La Ciotat à mon retour de Lille et je n’avais pas envie de chercher très loin pour souper. Je me suis rendue au coin de la rue, je me suis attablée à L’Oustaou, l’un des premiers restaurants rencontrés et j’ai finalement très bien mangé dans un contexte adorable. Mention spéciale à la gentille serveuse qui m’a recommandé plusieurs endroits mentionnés dans cet article parce que je ne connaissais rien à la ville à mon arrivée!

12 Boulevard Anatole France

Le Sloop : Faisant face au Vieux-Port, ce qui est bien souvent gage d’attrape-touriste, le Sloop a fait démentir ce cliché. Le midi, une table d’hôte abordable, simple mais exquise.

3 Quai François Mitterand

Comme en Italie : Parce que c’était mon anniversaire, parce que j’avais envie de manger italien et parce que c’était tout près de mon appartement, Comme en Italie a répondu parfaitement à tous les critères de base pour une chouette et délicieuse soirée.

6 Place Sadi Carnot

Café de l’Horloge : Pour bien déjeuner dans la plus pure tradition des cafés français, pour prendre un café tout en observant les passants ou simplement pour un verre de rinquinquin à l’apéro (vous connaissez le rinquinquin?), le Café de l’Horloge est une excellente adresse, ambiance garantie. C’est aussi ici que j’ai regardé le premier match de cette coupe du monde mémorable qui allait jalonner le reste de mon parcours français!

7 rue Albert et Georges Arnoux




L’Écume des glaces : Un excellent glacier où les sorbets sont rois mais qui sert aussi quelques pâtisseries, salades et sandwichs. Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas bu un bon milkshake et celui de l’Écume des glaces était parfait!

8 Place Sadi Carnot





Hébergement

Si vous voyagez seul ou en couple, je vous suggère fortement l’appartement que j’ai loué via la plate-forme Airbnb et que vous pouvez voir ici. Idéalement situé au cœur du quartier historique, à quelques mètres du Vieux-Port et de toutes les commodités, la mer au bout de la rue, j’y ai été très bien reçue. Tout équipé, il possède en bonus une jolie terrasse et, dans sa catégorie, est l’un des moins chers trouvés dans la région.

Pour une première réservation sur Airbnb, n’hésitez pas à utiliser ce lien :


Vous obtiendrez 45$ CAD de rabais sur votre première location et j’aurai aussi droit à un petit crédit qui m’aidera pour un prochain voyage. Et je vous en remercie.


Vous connaissez La Ciotat? N’hésitez pas à me dire si vous aimez cette ville tout autant que moi. La ville arrive bien haute dans la liste de mes coups de cœur français. J’y ai peut-être souligné mon anniversaire loin des miens mais profiter d’un environnement si agréable, à l’ambiance si cool, sous le chaud soleil de la Provence, restera toujours un excellent souvenir…


Parce que si on va jusqu’à La Ciotat, on passe forcément par Marseille, il faut donc lire (ou relire) mes articles à son sujet :





dimanche 21 octobre 2018

Bruxelles : petit city-guide incomplet



Bruxelles pour un court séjour


Bruxelles est l’un de ces beaux hasards qui arrivent parfois dans une vie. Si on m’avait demandé, il y a quelques mois à peine, de dresser une liste des 50 (peut-être même des 100!) destinations qui me faisaient le plus rêver, je ne crois pas que cette ville y aurait figuré. Mais puisqu’en juin dernier, je devais quitter le sud de la France pour rejoindre toute l’équipe d’En France Aussi à Lille (séjour dont je vous parlais ici), tout au nord du pays, je me suis dit que je pourrais en profiter pour aller découvrir une ville voisine de la France. Puisque j’aime beaucoup explorer les grandes capitales historiques et parce que la ville se retrouvait à moins de deux heures de bus de Lille (mais aussi, je l’avoue, parce que les vols à rabais pour cette destination sur les ailes de Brussel Airlines affichaient de très bons prix), Bruxelles s’est imposée d’elle-même. 

J’ai donc quitté le soleil de Marseille pour me rendre en Belgique, sans attente particulière, avec pour seul objectif de flâner dans la ville pendant 2 jours et demi, sans le désir de tout voir à tout prix et je crois que c’était, inconsciemment, l’attitude parfaite à adopter pour me faire véritablement aimer l’endroit. Je dois également vous avouer qu’une collègue blogueuse y a aussi largement contribué. Mélissa, la plus grande des blogueuses belges (en talent, pas en hauteur!) du blogue Mel’s loves travel a eu la gentillesse de me balader pendant quelques heures dans ses lieux favoris et ce fut une des très belles soirées de ce long voyage en Europe.

Tout ça pour dire que voici finalement mon petit guide bien personnel sur Bruxelles, mes découvertes, mes moments coups de cœur, quelques incontournables (ça va de soi lorsqu’on débarque dans une ville pour la première fois), mes bonnes adresses, le tout en pur mode «slow-travel»…



  
«Bruxelles est l’un de ces beaux hasards qui arrivent parfois dans une vie.»



Quartier Royal

Je commence ma découverte de Bruxelles tout doucement, en déambulant simplement du côté du Palais Royal. Lorsqu’un pays est représenté par un monarque, difficile de ne pas aller voir de plus près sa résidence officielle (pour être précise, il s’agit des bureaux administratifs du roi). Je vois le drapeau belge qui flotte au sommet indiquant ainsi la présence royale au pays mais étant arrivée trop tard pour la visite, je décide de poursuivre vers le Parc de Bruxelles. Et là, premier coup de cœur pour la Guinguette Royale et les longues tables de sa terrasse conviviale qui m’appelle pour un premier arrêt apéro!


  
        «Premier coup de cœur pour la Guinguette Royale»



Moules-frites made in Bruxelles aux Galeries Royales!

Je continue ma promenade au hasard d’une rue et j’aperçois un attroupement de touristes autour d’un bus tout au bout, signe qu’il doit bien y avoir quelque chose à voir! Je me retrouve devant la Cathédrale Saints-Michel-et-Gudule et sa superbe façade gothique et ça tombe bien, les bancs du parc en face semblent invitants. Quelques photos et je repars pour me retrouver à l’entrée des Galeries Royales Saint-Hubert. Deuxième coup de cœur pour l’architecture d’inspiration italienne de ce passage couvert lumineux toute de verre et de métal.



«Deuxième coup de cœur pour l’architecture d’inspiration italienne de ce passage couvert lumineux toute de verre et de métal.»


Ici, je me rends bien compte qu’en Belgique, le chocolat c’est du sérieux puisqu’il est même mis en valeur dans les vitrines comme un bijou précieux. En ressortant un peu plus loin, l’odeur d’une cuisine me fait saliver et me rappelle que mon dernier repas remonte à ce matin. Ça tombe bien, le restaurant Le Marmiton a justement une table libre sur le trottoir. C’est l’heure de mes premières moules-frites belges et elles étaient excellentes! Une adresse à retenir.

Le Marmiton : Galerie de la Reine 38, Bruxelles




«C’est l’heure de mes premières moules-frites belges et elles étaient excellentes!»



L’art qui s’affiche à Bruxelles

Le repas terminé, je décide de retourner à l’appartement à pied en trainant dans les quartiers traversés, soit ceux du Sablon et des Marolles, deux anciens quartiers historiques de la capitale. Ce qui m’interpelle surtout dans ces quartiers c’est la présence de toutes ces installations artistiques au coin des rues. Même la Bibliothèque royale y contribue en installant ses drapeaux. J’aime beaucoup aussi ce que je vois sur la façade du chocolatier Pierre Marcolini (qui modifie l’habillage de sa boutique chaque année) ou au pied du Palais de Justice où l’artiste finlandaise Kaarina Kaikkonen expose ses t-shirts recyclés pour provoquer le dialogue entre les habitants du quartier.




«Ce qui m’interpelle surtout dans ces quartiers c’est la présence de toutes ces installations artistiques au coin des rues.»



Bruxelles au rythme de Jacques Brel

Quoi de mieux que de découvrir une ville en se glissant dans les souvenirs de l’enfant du pays. C’est ce qui m’attend en ce deuxième jour sur place. C’est Pascale du blogue Scouich, grande amoureuse de la Belgique, qui m’a mise sur la piste de cette visite et puisque je suis aussi fan du grand Jacques Brel depuis l’adolescence, je me dis que ce doit être la plus merveilleuse façon de découvrir la ville quand le temps nous est compté. Je ne me suis pas trompée. Armée d’une carte et d’un audio-guide, je parcours le centre de Bruxelles et de ses plus célèbres endroits qui ont jalonné la vie et la carrière du chanteur. Des incontournables terrasses de la Grand’Place où il avait ses habitudes au Palais des Beaux-Arts où il donna d’importants spectacles, déambuler dans la ville en écoutant les témoignages ou les entrevues de ses proches et de lui-même est absolument passionnant. Et grimper le Mont des Arts avec La valse à mille temps dans les oreilles est le plus gros coup de cœur de ce séjour.

Fondation Jacques Brel (pour la location de l’audio-guide à 10 €) : Place de la Vieille Halle aux Blés 11, Bruxelles.








«Grimper le Mont des Arts avec La valse à mille temps dans les oreilles est le plus gros coup de cœur de ce séjour.»


Les plus alertes d'entre vous auront remarqué qu’il manque un grand incontournable des monuments bruxellois et j’ai nommé le Manneken-Pis! Tout bon visiteur qui se respecte ne manque pas d’aller saluer le petit bonhomme qui fait pipi. Bon, il y a souvent bien du monde et il est plutôt décevant le garçon tout compte fait mais j’ai quand même eu la chance de le voir vêtu de l’un de ses 983 costumes (celui de la Hongrie dont c’était la fête nationale ce jour-là). Disons qu’on n’y passe pas des heures! Il a aussi son pendant féminin dans la ville (la Jeanneke-Pis) et canin (le Zinneke-Pis) mais j’avais bien d’autres choses à voir, n’en déplaise aux puristes!


  

Bières et Molenbeek avec la grande petite Mel

Rendez-vous avait été pris quelques jours plus tôt. Il est maintenant l’heure de retrouver Mélissa dans son quartier d’adoption qui m’a promis une balade surprise. Et quelle belle surprise! Grâce à elle, je franchis le canal Charleroi pour découvrir un quartier à la (presque fausse) mauvaise réputation où je n’aurais pas osé m’aventurer par moi-même (haaaa ces préjugés nord-américains) mais qui s’avère charmant (oui, oui, vraiment)! À Molenbeek (parce qu’il faut bien le nommer), je reçois des sourires chaleureux, j’y constate une vie de banlieue enjouée sur la place de l’église, je me faufile dans des ruelles colorées et fleuries, je me fais préparer des frites avec entrain, à des milles de ce qu’on peut s’imaginer. J’ai l’impression que la commune s’embourgeoise et j’ai presque envie de dire que cet ancien quartier industriel ressemble beaucoup plus à notre Ho-Ma national qu’à un triste ghetto. Le poids de la religion, je l’ai bien plus observé ailleurs dans la ville qu’ici-même.





«Je reçois des sourires chaleureux, j’y constate une vie de banlieue enjouée sur la place de l’église, je me faufile dans des ruelles colorées et fleuries, je me fais préparer des frites avec entrain, à des milles de ce qu’on peut s’imaginer.»


Pour la suite de cette soirée géniale (et, avouons-le, arrosée mais une rencontre entre blogueuses, ça s’arrose!), je me laisse guider par ma nouvelle amie qui s’avère être une réelle connaisseuse de la boisson emblématique du pays. Tous les amateurs de bières de la planète peuvent aller se rhabiller, cette fille est une mine d’informations brassicoles qui me mène bien loin des lieux clichés que fréquentent les touristes de passage. De Chez Bobonne jusqu’au bar Monk, nous partons sur la piste de la Tripel Karmeliet dont la recette date de 1679. Elle réussit même à convaincre la piètre buveuse de bière que je suis! Et avant de se quitter, on opte pour un dernier caïpirinha (ce qui est bien plus dans mes cordes!) au sympathique Dona Flor, petite camionnette rouge qui fait office de bar à cocktails.

Chez Bobonne : Quai aux barques 4, Bruxelles

Monk : Rue Sainte-Catherine 42, Bruxelles

Dona Flor La Camionnette Rouge : Place Sainte-Catherine, Bruxelles





«Cette fille est une mine d’informations brassicoles qui me mène bien loin des lieux clichés que fréquentent les touristes de passage.»



Bruxelles, ville du 9e art

Évidemment, qui dit Bruxelles dit bandes dessinées et on ne peut passer à côté des Hergé et Peyo de ce monde lorsqu’on est ici. Le réveil est légèrement embué (ouin…!!!) mais pour cette dernière journée à Bruxelles, j’ai rendez-vous avec les héros de mon enfance et je ne le raterais pour rien au monde.

Pour ceux qui ne savent pas, plusieurs murs du centre de la ville sont parés d’immenses fresques représentant les plus célèbres personnages des planches à dessins. Ne sachant trop par où commencer et parce que certaines se fondent plutôt bien dans le décor, je me rends à l’office de tourisme pour prendre quelques informations où on me propose (moyennant 1€) une carte indiquant l’emplacement de toutes les murales. Bon, je sais bien que je ne pourrai toutes les voir mais au moins, j’ai en main un petit guide pour mieux me diriger vers celles qui sont les plus près. Et devinez quoi? La première qui croise mon chemin affiche ma BD fétiche du plus grand des aventuriers, celui-là même qui m’a donné envie (à 8 ans!) de parcourir le monde et dont je connais toutes les histoires (la preuve que Bruxelles et moi, on devait se rencontrer)!



«J’ai rendez-vous avec les héros de mon enfance et je ne le raterais pour rien au monde.»


J’ai suffisamment arpenté le centre de Bruxelles ces derniers jours, il ne me reste plus qu’un arrêt essentiel, le Centre belge de la Bande dessinée. D’abord, petit lunch en passant devant la vitrine invitante du restaurant Quel pain (à proximité du musée). À lire la longue liste de sandwichs originaux qui y sont proposés, tout me fait envie!

Quel pain : Boulevard du Jardin botanique 37, 1000 Bruxelles


Le bâtiment qui abrite le musée est magnifique. Il s’agit d’un ancien grand magasin de tissus de style art-nouveau qui connut une seconde vie (sous les auspices d’Hergé) pour devenir le centre que l’on connaît en 1989. La lumière, l’architecture, le décor, tout ici met en valeur les grands noms de la bédé belge, leur œuvre, leur histoire, leurs dessins. Petit bémol cependant, je trouve que l’exposition est plutôt pointue à certains moments et ne s’adresse pas toujours au grand public. Mais si vous êtes vraiment amateurs, vous serez servis!



  
«La lumière, l’architecture, le décor, tout ici met en valeur les grands noms de la bédé belge, leur œuvre, leur histoire, leurs dessins.»



Autour du quartier Saint-Gilles

Il me reste quelques heures avant l’arrivée de mon invitée surprise! Assez de temps pour traverser le parc de la Porte de Hal à la sortie du métro du même nom, prendre une pause pour admirer l’édifice (vestige de l’ancienne enceinte médiévale) et s’étonner de voir toutes ces perruches en liberté qui s’égosillent gaiement. Il faut savoir que depuis que le zoo local en a relâchés quelques spécimens en 1974, elles se sont multipliées pour atteindre une population estimée à 12000 représentantes!




Puisque le logement que j’ai loué dans le quartier Saint-Gilles est loin d’être très agréable (je ne vous donnerai donc pas la référence mais c’est vrai qu’il n’était vraiment pas cher) et que le wi-fi est quasi-inexistant (sauf si je reste sagement assise sur la quatrième marche de l’escalier qui mène au deuxième étage!), je décide de me rendre dans un petit café internet déniché plus tôt sur le web (sur la fameuse quatrième marche!) pour faire connaître à mes proches (et mes abonnés) mes premières impressions bruxelloises. Le Workshop Café est une belle adresse. Calme, sympathique et lumineux, on y sert de bons cafés et des viennoiseries fraîches. Un bel endroit pour travailler et déjeuner.

Workshop Café : Avenue Louise 146, Bruxelles



Pour cette dernière soirée à Bruxelles, j’arpente lentement ce quartier, ancien faubourg agricole devenu à la mode depuis. Et c’est la délicieuse Mitchka (elle aimera beaucoup ce qualificatif!) du blog Fish & Child, venue me rejoindre avant de poursuivre vers Lille, qui m’accompagne pour ces dernières heures ici! Une première rencontre (qui ne sera pas la dernière de ce voyage) que nous consacrons à flâner dans les rues de Saint-Gilles, à photographier ses belles façades et à partager d’excellents mezzés libanais sur la terrasse du Meze Bar du Parvis Saint-Gilles face à l’église Saint-Gilles de Bruxelles. Un autre coup de cœur de ce (trop) court séjour à Bruxelles.

Meze Bar : 14 Sint-Gillisvoorplein, Saint-Gilles



  
«Une première rencontre que nous consacrons à flâner dans les rues de Saint-Gilles, à photographier ses belles façades et à partager d’excellents mezzés libanais…»


Il existe un autre incontournable touristique à Bruxelles : l’Atomium. Malheureusement, puisque situé un peu à l’extérieur de la ville et par manque de temps, je ne m’y suis pas rendue (souvenez-vous que mon objectif n’était pas de tout voir). Monument construit pour l’expo universelle de 1958, il s’agit d’une version géante d’un cristal de fer dotée de neuf sphères et symbolisant la force de la science.


Bruxelles fut définitivement trop court à ma plus grande surprise (et pour mon plus grand plaisir)! Ce fut un avant-goût de la Belgique qui a vraiment provoqué le désir profond d’aller découvrir le reste du pays dans un futur prochain. Si vous connaissez déjà, n’hésitez pas à me dire si vous êtes d’accord avec moi mais j’y ai surtout découvert que l’accueil belge est des plus chaleureux et les bruxellois, en ce sens, ont beaucoup d’affinités avec les québécois.


Un énorme merci à Mélissa sans qui ce séjour aurait été bien moins agréable et surprenant. Je te promets de revenir te faire un petit coucou un de ces jours! D’ailleurs, si vous prévoyez un voyage à Bruxelles, il faut vous procurer le guide coécrit par Mélissa, « Aimer Bruxelles, 200 adresses à partager » aux Éditions Mardaga (2018), disponible par ici.




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