mercredi 30 mai 2018

MANGER DE LA BOUILLABAISSE À MARSEILLE : MODE D’EMPLOI



Manger de la bouillabaisse à Marseille :
Mode d’emploi



L’un de mes plus grands plaisirs en voyage est de découvrir les plats typiques de mon pays d’accueil. Et à Marseille, le met traditionnel c’est la BOUILLABAISSE qui est devenue l’emblème culinaire de la ville et qui porte, en un seul mot, toutes les saveurs de la Provence. Mais attention, cette célèbre soupe de poisson est souvent vendue aux touristes dans plusieurs restaurants de la région sous le nom de bouillabaisse mais en ne respectant aucunement la tradition de ce plat et en trompant donc le visiteur méconnaissant. Pour vous éviter de dépenser pour un attrape-touriste de moindre qualité, j’ai fait toutes les recherches qui s’imposent, allant jusqu’à me sacrifier pour vous devant un bol fumant de véritable bouillabaisse!

Port du Vallon des Auffes

Historique

Intimement liée à l’histoire de Marseille, la bouillabaisse serait aussi vieille que la ville (600 ans avant J.-C.) puisqu’elle proviendrait directement des Grecs antiques ayant fondé la cité. À l’origine, il s’agissait d’un plat de pauvres, de pêcheurs, simple et familial qui était composé des poissons invendus au marché soit, habituellement, les poissons de roche.





Le nom aurait plusieurs étymologies différentes. La plus commune viendrait tout simplement, comme son nom le dit si bien, de la méthode de cuisson où lorsque ça bouille, on baisse l’intensité du feu!

Au fil des ans, la recette fut perfectionnée et en 1980, certains chefs se regroupent pour créer la charte officielle de la bouillabaisse marseillaise afin de contrer le service de ces restaurants ne respectant pas la coutume.

La barque marseillaise reconnaissable à sa coque symétrique et pointue


Ingrédients et préparation

On ne cuisine pas n’importe quel poisson pour faire la bouillabaisse. Oh que non! La charte prévoit les espèces utilisées. Elle doit comprendre un minimum de quatre spécimens de poissons de roche (poissons vivant dans les fonds rocheux de la Méditerranée) parmi les suivants : rascasse, rascasse blanche, fielas (anguille de mer), vive-araignée, chapon scorpène ou galinette. Facultativement, on peut y ajouter du Saint-Pierre, de la cigale de mer, de la baudroie ou de la langouste et la servir surmontée d’un petit crabe. Évidemment, les restaurateurs consciencieux insistent beaucoup sur la fraîcheur du poisson.

Vieux-port de Marseille sur lequel veille la basilique Notre-Dame de la Garde (la "Bonne Mère") dédiée aux marins et réputée pour protéger les Marseillais

Le bouillon est concocté à base d’un fond de poisson auquel on y ajoute du safran, de l’ail, de l’huile d’olive, de la tomate, quelques fines herbes et des morceaux de pomme de terre. Cette soupe est accompagnée de la rouille, sauce traditionnelle faite d’aïoli (espèce de mayonnaise à l’ail), de safran et de piments forts, très goûteuse, qui se marie parfaitement avec le bouillon.

Un peu de rouille avec votre bouillabaisse??!!



C’est tout un cérémonial auquel on a droit lorsqu’on choisit la bouillabaisse sur la carte d’un restaurant. D’abord, on vous présentera les poissons qui seront apprêtés par le serveur avant de vous les amener dans une assiette d’un côté avec le bouillon dans un bol à part. On ajoute à notre rythme les morceaux du repas dans le bol de bouillon qu’on agrémente de rouille. Évidemment, le tout est aussi servi avec du pain que l’on retrouve de toute façon sur toutes les tables françaises. N’hésitez pas à avertir votre serveur s’il s’agit de votre toute première bouillabaisse. Il effectuera le découpage et le mélange devant vous pour que vous puissiez profiter du spectacle!





Où manger la bouillabaisse

À Marseille, trois restaurants sont membres fondateurs de la charte de la bouillabaisse (vous trouverez les adresses complètes à la fin de cet article) : le Miramar, le Caribou et le Rhul. De la véritable bouillabaisse est aussi offerte chez Fonfon et chez Michel, des institutions à Marseille.

Le Rhul

Chez Fonfon

C’est au Rhul que j’ai dégusté la mienne. Un restaurant chic, merveilleusement situé sur un sommet de la corniche Kennedy donnant sur la mer et à une table de laquelle j’ai pu assister au superbe coucher de soleil ce soir-là! Ici, les petits détails font toute la différence. La terrasse pour prendre l’apéro est très agréable, on vous y reçoit avec toute la déférence qu’il se doit et la carte des vins présente un bel éventail de vins régionaux pour toutes les bourses. En entrée, j’ai goûté à l’un des meilleurs foies gras qu’il m’ait été donné de manger dans cette vie accompagné de homard… du Canada! Hé oui, moi qui me désolais de rater la saison au Québec, quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que le homard du Rhul provenait de la maison (que voulez-vous, il semble que le homard français se raréfie à cause d’une surpêche mais rassurez-vous amis français, le Rhul se fait tout de même un point d’honneur à servir des produits régionaux lorsque c’est possible)!

La terrasse du Rhul

Le pain d'épice qui accompagne le foie gras: exemple d'un petit détail qui fait toute la différence!


Mon verdict

Puisqu’il s’agit d’un met fin, sachez que la bouillabaisse a un prix. Il faut compter entre 55 et 90 euros pour cette soupe (soit entre 80$ et 150$ canadiens). Est-ce que ce prix en vaut la peine? Tout dépend de votre perception de la chose et de l’importance que vous accordez à vos repas en voyage. Je conçois bien que j’aurais pu nourrir une famille entière avec ce montant! Personnellement, je n’ai aucun problème à m’offrir ce genre de luxe, de temps en temps, lorsque je voyage. Ça fait partie de mon plaisir de la découverte et que voulez-vous, il était hors de question que je passe à côté de la bouillabaisse.

Mon verdict: Oui à la bouillabaisse!

Mais il faut savoir que ce n’est pas qu’une simple soupe de poisson. C’est une spécialité légendaire, une incursion gastronomique au cœur même des grandes traditions culinaires françaises et c’est aussi une expérimentation en soit, une fusion entre le folklore et le faste, que j’aurai vécue au moins une fois dans ma vie! Et je ne regrette rien puisque tout était délicieux, copieux, un plaisir pour mes papilles curieuses!

Ne ratez pas l’expérience et prévoyez le budget si je vous ai donné envie de la tenter. Oui, elle en vaut la peine si, comme moi, vous êtes désireux de ce type de découvertes! Quant à moi, mon prochain arrêt gourmand, digne de cet important héritage gastronomique, ce sera… le cassoulet!
Coucher de soleil vu du Rhul

Adresses

Le Rhul: 269 Corniche J.F. Kennedy

Le Miramar: 12, Quai du Port

Le Caribou: 38, Place Thiars

Chez Fonfon: 140, rue du Vallon des Auffes

Chez Michel: 6, rue des Catalans





Pour prolonger votre lecture et découvrir d'autres adresses gourmandes en Provence, c'est par ici


dimanche 27 mai 2018

SUR LE PONT D’AVIGNON… MAIS BIEN PLUS ENCORE!



Ou tout ce que j’ai eu le temps de voir et de manger à Avignon!



Avignon, cité des papes… et du célèbre pont mondialement connu! Évidemment, vous connaissez l’expression «comme un enfant dans un magasin de bonbons» et bien pour moi, Avignon, c’était mon magasin de bonbons. Mieux encore, c’était mon Saint-Graal, mon eldorado!

Le palais des papes

En fait, comme le serait une abonnée assidue à la chronique mondaine du Paris Match, je me suis toujours passionnée pour les histoires d’alcôve royales et les intrigues papales dignes des plus grandes épopées historiques. Et ma lecture des «Rois Maudits» de Maurice Druon, il y a plus de 25 ans, a définitivement confirmé ce fol désir de voir Avignon.

Entrez avec moi dans la cité des papes...


Avignon, la médiévale


Un peu d’Histoire

En 1309, Avignon est déjà résidence de la Papauté puisque le Pape Clément V s’y réfugie suite aux magouilles du roi de France Philippe Le Bel mais aussi suite à un conflit existant à Rome et afin de se rapprocher de Vienne où a alors lieu le concile visant la destruction de l’Ordre des Templiers. Sept Papes y siégeront jusqu’en 1377 avant leur retour au Vatican.

En 1378, un schisme éclate entre cardinaux français et italiens. Les Français quittent Rome pour revenir installer, pendant une quarantaine d’années, leur siège pontifical à Avignon. Deux papes dirigent alors les destinées de l’Église catholique.


C'est ici, dans ce palais des papes, que s'écrivit toute une page de l'Histoire catholique en Occident


C’est donc avec beaucoup de hâte et d’anticipation que j’attendais mon rendez-vous avec la ville que j’ai découverte belle, historique, sympathique et ouverte. Je m’y suis régalée, au propre comme au figuré, en compagnie de Martine du blogue Mart’in Trip qui était, elle aussi, de passage à Avignon en même temps que moi. On ne pouvait pas laisser passer cette occasion de rencontre dans cet endroit remarquable qui nous a procuré, entre autres, un formidable éclat de rire lors de notre visite du musée Lapidaire (qui consiste surtout en une exposition d’antiquités romaines ou étrusques un peu pêle-mêle!). Je vous mentionnerai seulement pour l’anecdote que dans tout ce fouilli, une antiquité romaine aurait bien pu être détruite (mais en même temps, comme l’a si bien dit Martine, on n’est pas vraiment certaine que c’était une véritable antiquité)! Je nous entends encore rire! Mais avis à tous ici, ce n’est absolument pas une expérience à reproduire à Avignon! ;)


Note

L’entrée pour plusieurs musées de la ville est gratuite ce qui vous permet donc de voir certaines expositions dont vous n’auriez peut-être pas profité autrement. Soyez ouverts et entrez voir, vous pourriez être surpris! Plus d’informations ici.

Église Saint-Didier

Les façades des immeubles d'Avignon sont magnifiques



 Le palais des papes

Grâce à l’Office de tourisme d’Avignon, j’ai pu effectuer la visite du palais des papes, monument imposant s’il en est un, chargé d’Histoire, classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO et dont la visite a comblé mes attentes. C’est le plus important palais gothique du monde et j’ai arpenté ses fabuleux décors avec joie.






Depuis cet automne, la tournée des appartements du palais se fait par l’intermédiaire du nouveau Histopad, une tablette offrant une expérience virtuelle qui nous plonge au cœur du XIVe siècle. La visite prend vraiment une toute autre dimension, nous permettant principalement de voir l’état des lieux selon leur apparence exacte à cette époque, du plancher jusqu’au plafond. Des compléments d’informations ou même une chasse au trésor y sont aussi disponibles mais toujours de manière immersive et très intéressante. On apprend beaucoup sur cette période historique par le biais de cette excellente idée.


L'histopad qui permet notamment de voir chaque pièce dans son état d'origine






Le rocher des Doms et la basilique Notre-Dame

Adjacent au palais, se trouve la basilique métropolitaine Notre-Dame des Doms et le jardin des Doms perché sur le rocher du même nom. L’église, construite au XIIe siècle, porte en son sommet une vierge dorée qui surplombe toute la vallée du Rhône. Sa nef et les fresques murales qu’elle contient sont vraiment dignes de mention.

La basilique Notre-Dame des Doms adjacente au palais




Le jardin, quant à lui, est un lieu de promenade qui permet d’avoir des points de vue incroyables sur toute la région. Aménagé sur un cap rocheux qui fut à la base de la fondation de la ville, c’est un endroit de détente très agréable.

Jardin des Doms

Rocher des Doms sur lequel s'est érigé Avignon

Vue du rocher des Doms


Le pont d’Avignon


Bien sûr, impossible de venir à Avignon sans passer par son fameux pont. Mais saviez-vous que le vrai nom du pont est le Pont Saint-Bénezet? Et saviez-vous qu’on ne dansait pas sur le pont mais bien sous le pont puisque les buvettes et guinguettes de la ville où se réunissaient ses habitants pour festoyer se trouvaient bien au pied du pont? L’histoire ne nous dit cependant pas si on y dansait vraiment en rond!

Le Pont St-Bénezet

Sur le pont d'Avignon...

Vue du pont d'Avignon sur le fleuve Rhône

Sa construction remonterait au XIIe siècle et il était alors composé de 22 arches s’étendant jusqu’à la rive opposée du Rhône. Mais ayant été fréquemment endommagé par les guerres et les inondations au cours des siècles, on cessa les éternels travaux de rénovation dès le XVIIe siècle. Il ne possède plus que quatre arches mais la visite permet d’en apprendre bien plus sur ce monument légendaire.


Un peu d’Histoire (ou de légende!)

En 1177, un jeune berger du nom de Bénezet débarque à Avignon supposément chargé par Dieu d’y construire un pont. Le prenant pour un fou, on le met au défi de lever une énorme pierre sur ses épaules pour la jeter dans le fleuve et établir ainsi la base de sa construction ce qu’il aurait parfaitement réussi à faire, aidé par une puissance divine. Dans les faits, il aurait surtout contribué à lever des fonds pour la construction.

 
Sous le pont d'Avignon!

L'une des chapelles du pont St-Bénezet


Musée Calvet des beaux-arts et d’archéologie

Ce musée présente des collections très diversifiées de beaux-arts (notamment d’artistes renommés de la région), d’arts décoratifs et d’archéologie. D’ailleurs, les salles consacrées à l’archéologie égyptienne présentent un très bel éventail de cette période. J’ai été bien impressionnée par les œuvres marines du peintre Joseph Vernet (que je ne connaissais pas). Endroit parfait pour faire des découvertes intéressantes.

65 rue Joseph-Vernet






Mes bonnes adresses

Puisque la découverte d’une ville passe indéniablement par nos papilles, je vous laisse avec une liste de bonnes adresses gourmandes testées et approuvées (et par moi et par Martine)!



Haaa la pâtisserie Vernet! Juste le nom me fait encore saliver. Je la classe sans aucun doute parmi les meilleures du monde (d’ailleurs son chef a déjà remporté le championnat du monde de pâtisserie)! Nous y sommes passées deux fois mais y serions retournées encore si on avait eu plus de temps! Vous pouvez aussi y dîner et boire et même les repas y sont délicieux.

77 rue Joseph-Vernet


Tellement bonnes et tellement légères les pâtisseries de chez Vernet que j'en aurais mangées trois!

Même le lunch du midi et cette gaspacho était excellent!


Marché de la ville réunissant 40 commerçants ouverts tous les matins pour faire l’achat de produits frais et de plats à emporter. Les fromages, les olives et les anchois que je m’y suis procurés étaient excellents!


Place Pie




Situé sur l’agréable Place des Corps Saints, il s’agit d’un bistro à tartines très abordable. Le seul endroit, jusqu’à présent, où j’ai eu une vraie soupe (je suis amateur de soupes!) et pas une gaspacho! Et la tartine brie et miel était délicieuse.


25-27 Place des Corps Saints

La place des Corps Saints et l'agréable terrasse de chez Ginette et Marcel


Voisin de chez Ginette et Marcel. Crêperie et glacier également très abordable. Les crêpes, à base de sarrasin, sont un régal à prix tout doux!


23 Place des Corps Saints





Salon de thé où les chats règnent en maîtres incontestés! Vous pouvez même en adopter un. Attention, il y a des règles à suivre. Je n’y ai pris qu’un thé mais la carte était simple, sympathique, abordable et les assiettes semblaient copieuses. Si, comme moi, vous êtes loin de la maison et que votre minou adoré vous manque!

19 rue des Lices







Je remercie sincèrement Avignon Tourisme pour m’avoir reçue gracieusement au palais des papes et sur le pont d’Avignon. Ces visites furent véritablement à la hauteur de mes attentes!




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