mardi 13 octobre 2020

La Haute-Gaspésie, de village en village


La Haute-Gaspésie, de village en village 


La Haute-Gaspésie, c’est une enfilade de villages nichés au creux des anses, qui sentent bon l’air du large et qui se dévoilent au détour des lacets de la fameuse route 132. C’est un territoire de caps vertigineux qui semblent se perdre dans la mer. C’est le cri des goélands, le souffle des baleines à l’horizon. Des plages de sable noir parsemées de galets où on ne se lasse jamais de se balader. Le goût du saumon frais et fondant sous la langue. C’est aussi de grands trésors naturels bien cachés au sein des forêts surprenantes de l’arrière-pays.  

La Haute-Gaspésie, on y passe chaque fois qu’on se rend au bout de la péninsule, en s’extasiant sur son décor plus grand que nature. Mais on ne s’y pose rarement plus longtemps qu’une halte, préférant bien souvent les voisins que sont Forillon ou Percé. Cette fois-ci, j’avais décidé de la découvrir d’un bout à l’autre, de village en village, dans un roadtrip en solo. Ces municipalités, au nombre de huit, bordent la côte nord de la région, offrent des panoramas magnifiques (et pas seulement maritimes comme vous le verrez ici) mais surtout, elles ont confirmé ce que j’affirme depuis tant d’années : la Gaspésie est sans doute le plus bel endroit du monde! J’espère donc que vous aurez autant de plaisir que moi à les découvrir…

 

Dans le contexte actuel de cette deuxième vague Covid, je crois important de rappeler que les déplacements entre région ne sont pas recommandés mais j’espère quand même que cet article vous servira d’inspiration pour le futur!

 

 

 



Saint-Maxime-du-Mont-Louis

 

Les plages de la Haute-Gaspésie

Qui dit Gaspésie, dit nécessairement mer et plages! C’est toujours ce qui m’attire le plus dans la région, son accès privilégié avec la mer (ce qui n’est quand même pas courant au Québec). Il faut savoir qu’ici, les plages sont de sable noir et de galets ce qui ajoute irrémédiablement un air exotique à celles-ci. S’y promener à marée basse le matin ou en fin de journée, c’est la promesse d’un moment de paix à observer les oiseaux marins, à tenter de dénicher un crabe entre deux rochers ou à s’extasier sur la beauté d’un coucher de soleil. Ici, on refait le monde ou on reprend des forces pour les prochains mois (et je crois qu’on en aura tous bien besoin)! D’ailleurs, tous les villages de la Haute-Gaspésie possèdent des haltes en bord de mer, ne reste plus qu’à choisir où s’arrêter.

Mes préférées? Celle de Saint-Maxime-du-Mont-Louis où l’on se pose sur les tables colorées qui la bordent, un livre à la main ou un pique-nique sur le siège arrière de la voiture. Ou celle de Mont Saint-Pierre avec sa vue spectaculaire sur son mont emblématique d’où se lancent les parapentistes. Et celle de Marsoui qui nous plonge dans l’histoire de la région avec son petit parcours photos.

 



Marsoui

  

La rando en Haute-Gaspésie 

La Haute-Gaspésie, c’est le paradis québécois de la randonnée! Sur ce seul territoire de plus de 5000 kilomètres carrés, on y retrouve 6 des 10 plus hauts sommets de la province, tous situés dans le Parc national de la Gaspésie (géré par la Sépaq). Ce parc d’ailleurs, il faut en parler. C’était la toute première fois que j’y mettais les pieds malgré mon intérêt pour la randonnée (mieux vaut tard que jamais). Dès que j’y suis entrée, j’en ai eu carrément le souffle coupé! Ici, c’est le massif des Chic-Chocs (qui signifie en langue micmac «barrière impénétrable») qui se déploie à perte de vue. 

Le décor est grandiose, fait de montagnes aux vallées escarpées sillonnées par la rivière Sainte-Anne, qui peut paraître rude aux premiers abords avec la présence de la toundra alpine mais qui se révèle aussi très accessible. Si vous désirez vous dépasser par une rando exigeante, c’est l’endroit parfait. Les monts Albert, Jacques-Cartier et Xalibu sont de grands chouchous des randonneurs. Sur ses plus hauts sommets, vous risquez même d’y observer des spécimens de la seule population de caribous au sud du fleuve. Mais si vous préférez simplement profiter de la beauté des lieux, vous y trouverez également votre compte. Le Mont Ernest-Laforce, avec son petit dénivelé, son sentier qui se fait en moins de deux heures (incluant les pauses photos et lunch) et sa vue à 360o, a sans nul doute le meilleur rapport effort/vue du monde! On m’a soufflé à l’oreille que le Mont Olivine est aussi du même calibre. J’y retournerai assurément pour tenter d’autres randonnées, ce parc est un de mes plus gros coups de cœur cette année.

 



Sainte-Anne-des-Monts et le Parc national de la Gaspésie

  

Si je ne me suis pas lancée dans la quête des plus hauts sommets du territoire, c’est que j’avais mis mes mollets à l’épreuve deux jours plus tôt! Petite confession : je rêve de descendre le Mont Saint-Pierre en parapente ou en deltaplane depuis des années mais je n’ai pas encore trouvé le courage de le faire! Pour ceux qui ne le sauraient pas, le village de Mont Saint-Pierre est reconnu comme la capitale de ces sports aériens au Québec. Mais plutôt que de le descendre de façon extrême, j’ai grimpé ses 430 mètres de dénivelé sur un petit 5 km (aller-retour). Oui, ça monte raide mais au sommet, ce qui m’a le plus impressionnée (outre mon exploit personnel de ne pas avoir rebroussé chemin), c’est d’admirer toutes les teintes de la baie vues de là-haut. Un camaïeu de bleus et de verts dont le seul souvenir réchauffera assurément l’hiver qui vient.



Mont Saint-Pierre

 

 Plusieurs autres secteurs de la Haute-Gaspésie proposent également des randonnées intéressantes. Le secteur de la Baie des Capucins à Cap-Chat offre 11 km en bord de mer où il est possible de partir à la découverte d’un marais d’eau salée et de ses habitants ailés. La réserve faunique des Chics-Chocs complète bien une grande tournée des sommets notamment avec ses monts Hog’s-Back et Vallières-de-Saint-Réal, moins fréquentés des touristes. Et la Vallée des Pins Blancs à Saint-Maxime-du-Mont-Louis, c’est 5 km dans l’arrière-pays qui longent la rivière Mont-Louis.

 

  

Apprendre en voyageant en Haute-Gaspésie 

Ce n’est pas parce qu’on passe des vacances au bord de la mer que l’on doit faire l’impasse sur l’enseignement que peuvent nous apporter les lieux que l’on traverse. Surtout lorsqu’on va à leur rencontre de façon si originale! 

À La Martre, on m’a raconté le fonctionnement du phare et l’histoire de ses gardiens pendant que je le gravissais jusqu’à son dernier palier. La construction de ce phare remonte à 1906. Il est toujours fonctionnel et a conservé son système d'origine fait d'un câble et de poids pour permettre la rotation de la lampe que le gardien devait activer, nuit et jour, à toutes les... 3 heures! Et comme il habitait la belle maison voisine, vous pouvez l'imaginer sortir de celle-ci, plusieurs fois par nuit en plein hiver, pour actionner l'éclairage et peut-être aider un navigateur en détresse…




La Martre

  

Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine possède peut-être un nom un peu surprenant à la redondance improbable mais le village recèle de petits trésors touristiques qu’on serait bien mal avisé de ne pas découvrir. Ici, votre premier réflexe sera sans doute de prolonger la route des phares pour vous arrêter au phare du Cap-de-la-Madeleine. Il n’est plus actif mais sa vue surplombant le barachois et son café gourmand méritent la pause. Mais il vous faut aussi poursuivre votre chemin juste un peu plus loin… 

La rumeur courait sur le site où j’étais hébergée (que je vous fais découvrir plus bas). Les voisins se passaient le mot entre eux, discrètement, comme un secret qu’on n’ose éventer : « On vous a parlé de la passe migratoire de la Zec ? Vous devriez aller y faire un tour »… Quand ça fait trois fois dans la même semaine qu’on te mentionne l’endroit à demi-mots, ta curiosité demande vite à être assouvie! Après avoir roulé lentement pendant une trentaine de minutes sur un chemin forestier spectaculaire, j’ai atteint le site de la passe migratoire de Grand-Sault sur la rivière Madeleine. Là où les saumons font le... grand saut! Située sur le territoire de la Zec de la Rivière-Madeleine, il s'agit d'une rare passe souterraine (et la plus longue au monde) érigée sur le site d'un ancien moulin de pâtes et papiers. Cette année, ce sont plus de 1600 saumons qui ont pu remonter la chute par un système de couloirs et de trappes actionné par le gardien des lieux : un record! La visite est très intéressante et le chemin pour y accéder longe le tracé de l’ancienne voie ferrée qui menait alors à l’usine en place. Les voisins avaient raison de recommander l'endroit, ce fut un de mes coups de coeur! 

 

 Il est possible d’assister au décompte et au passage des saumons, deux fois par jour en été. Le site est aussi riche en histoires et en vestiges du passé industriel de l’endroit (6$ par adulte et 3$ par enfant de moins de 12 ans pour accéder à la visite).

 

 



Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine

 

 À Sainte-Anne-des-Monts, Exploramer nous invite aussi à découvrir les mystères naturels, scientifiques et culinaires du Saint-Laurent de manière interactive et vivante par le biais de diverses expositions et activités ludiques. Une belle façon d’initier petits et grands à un périple gaspésien!

 

  

Roadtrip en solo en Haute-Gaspésie 

Il n’y a aucune crainte à avoir d’un roadtrip en solo en Gaspésie que vous soyez néophytes ou pas. Vous ne serez jamais dans le trouble, vous trouverez toujours de l’aide si nécessaire et ne serez jamais bien loin de la civilisation (je le dis surtout pour ceux qui ne connaissent rien de la région, hein). Bien sûr, il ne faut pas avoir peur de la solitude comme pour tout voyage en solo mais les gens du coin sont tous très accueillants, sympathiques et fiers de leur région et partageront avec vous avec bonheur un repas au comptoir d’un resto local ou leurs conseils sur leurs lieux préférés. N’oubliez pas aussi de traîner un peu de lecture si vous craignez les moments seuls. 

Et puis, le grand plaisir du roadtrip en solo, c’est de pouvoir s’arrêter où bon nous semble, sans avoir à obtenir l’autorisation d’une tierce personne pour virer à bâbord toute lorsqu’on aperçoit une petite halte routière tentante au bord du fleuve (et ils sont légion par ici). C’est aussi pouvoir écouter la musique qui nous plaît sans se faire dire que c’est un peu kétaine (ça prend absolument un peu de musique kétaine des années ‘80 en roadtrip) ou même écouter la radio de région en parcourant la route! J’adore écouter ce qui se fait ailleurs en matière radiophonique lorsque je voyage au Québec, connaître leurs goûts musicaux qui souvent diffèrent d’une région à l’autre ou apprendre sur l’actualité régionale parce que les enjeux économiques, sociaux ou touristiques sont bien différents entre Montréal et Gaspé.

En bonus, le roadtrip en solo permet, comme ce fut le cas pour moi, de pouvoir prolonger le voyage d’une journée ou deux parce qu’il n’y a aucune obligation à rentrer à la maison avant plusieurs jours et parce qu’on n’en a pas encore assez de la Haute-Gaspésie!

 



Rivière-à-Claude

  

La Haute-Gaspésie en septembre 

Cet été bien particulier a amené, on le sait tous, son lot de touristes sur toute la Gaspésie. Choisir de la visiter en septembre, pour ceux qui préfèrent le calme et se tenir loin de l’affluence des foules, est l’alternative idéale. Bien souvent, je me suis retrouvée à être la seule visiteuse des endroits rencontrés au fil de mes haltes improvisées et à profiter de visites guidées, de terrasses ou de plages pour moi toute seule. 

Toutefois, il ne faut pas oublier le facteur météo dans l’équation. Le vent du large peut être bien froid en soirée et il faut être bien habillé pour profiter au mieux du café du matin sur la terrasse. Je n’ai pas eu besoin de sortir tuque et foulard mais il s’en est fallu de peu! Quelques jours plus tard et ça y était, particulièrement sur les hauts plateaux des montagnes ou si j’avais préféré le camping. Ne jamais partir sans vêtement chaud pour ne pas être pris de court (et ce conseil tient aussi, bien souvent, en été).

 

J’ai quitté la région en me promettant, comme toutes les fois où je m’y suis rendue, de revenir me poser tout à l’est de la province. Plus je découvre cette Gaspésie chouchou des québécois, plus je la trouve belle, inspirante, poétique et réconfortante. Le jour du départ, il ne me manquait plus qu’un seul village à ajouter à ce roadtrip. Reconnaissable de loin par ses moulins à vent des temps modernes, fiers symboles de la municipalité, je ne pouvais faire autrement que de m’approcher d’eux. Cap-Chat fut, sans aucun doute, le parfait au revoir à ce territoire plus que parfait!



Cap-Chat

 

 Chez Éole Cap-Chat, vous êtes invités, tout l’été, à vivre une expérience particulière : pénétrer à l’intérieur de la plus haute éolienne à axe vertical au monde. De quoi impressionner la galerie!

15$ par adulte / 8$ par enfant de 6 à 15 ans.

 

  

Où dormir en Haute-Gaspésie 

Si je dois ne nommer qu’un seul endroit ayant fortement contribué à exacerber mon amour pour cette région, c’est bien le lieu où je me suis installée pour la majeure partie de ce séjour. Chez Camping Chalets Mer et Montagne à Sainte-Madeleine, on peut camper en roulotte ou en tente directement sur la plage, dormir en gîte mais surtout, réserver une cabine douillette et toute équipée avec balcon donnant sur la mer pour profiter encore plus et mieux de votre séjour. J’ai eu un véritable coup de foudre pour le site et ma cabine que je ne vous conseillerai jamais assez!  

Cabine pour deux : 75$ / Cabine pour 4 : 90$ / Roulotte : à partir de 75$ / Emplacements de camping pour roulotte : à partir de 36$ (les terrains pour tente avec accès au bloc sanitaire et les chambres en gîte ne sont pas disponibles cette année, mesures sanitaires obligent).




 
 

Motel à la Brunante (Sainte-Anne-des-Monts) : Un motel tout ce qu’il y a de plus conventionnel mais aux chambres confortables, calmes et propres. Bien situé au centre de la ville, permettant de rejoindre facilement la route du Parc de la Gaspésie et à distance de marche de quelques restaurants et commerces de proximité. 

125$ / la nuit (en haute saison pour une chambre standard de 2 lits doubles).

 


Auberge Sea Shack (Sainte-Anne-des-Monts) : L’auberge de jeunesse typique selon l’idée que l’on peut s’en faire (si on n’est pas des habitués des auberges de jeunesse) et bien connue des voyageurs de tout le Canada. Un lieu de rencontres festif et unique proposant chalets, maisons pour groupes, sites de camping sur la plage, bar, cantine et spectacles sur place. Un arrêt obligé pour tous les routards du monde! 

Vu les mesures sanitaires actuelles, les tarifs et durée minimale des séjours ont été revus et ne reflètent pas nécessairement les services habituels. Portez attention à leur site web pour plus d’informations.

  

Quelques adresses gourmandes

La Capitainerie des Deux Sœurs (Sainte-Madeleine) : Restaurant proposant un menu du terroir gaspésien mais aussi, de restauration rapide.

Atkins & Frères (Saint-Maxime-du-Mont-Louis) : Une boutique de produits fins de la mer fumés dans leur atelier et récipiendaires de nombreux prix. 

L’Eau à la Bouche (Saint-Maxime-du-Mont-Louis) : Restaurant de fine cuisine régionale qui fait aussi office d’auberge et où fruits de mer et pizzas sont à l’honneur. 

Auberge L’Amarré (Saint-Maxime-du-Mont-Louis) : Café-bistro (mais aussi auberge) avec un menu prêt-à-manger, une sélection de bières locales et une boutique d’artisanat qui se veut écologique et équitable.

Mont-Café (Cap-au-Renard à La Martre) : Un large choix de cafés de qualité du monde entier mais transformés localement. Également une boutique d’artisanat sur place. 

Marie 4 Poches (Sainte-Anne-des-Monts) : Pâtisserie-boulangerie-confiserie où l’on voudrait tout goûter! 

Restaurant L’Express (Sainte-Anne-des-Monts) : À Sainte-Anne-des-Monts, on vous conseillera sans doute une foule d’autres restaurants mais celui-ci, sans prétention, m’a offert l’un des meilleurs repas de mon séjour (pâtes, pizzas, burgers, menus du jour).

 

Vous poursuivez votre roadtrip jusqu’à Percé ? Ne manquez pas la chance de faire le plein de bonnes adresses dans cet article de l’an dernier!  

Incontournable Percé par ici.


 Encore plus d’informations sur les sites de Vacances Haute-Gaspésie ou de Tourisme Gaspésie.



 

VOUS AIMEZ ? ÉPINGLEZ-MOI!


lundi 10 août 2020

Du côté de Thetford Mines

 

Du côté de Thetford Mines

Une région à découvrir!

 

Il y a quelques semaines, à la dernière minute, j’ai décidé de m’évader pour un long weekend. En cette période de pandémie, sur un coup de tête, c’est un peu plus difficile de trouver de l’hébergement à 2 jours du départ. Mais comme j’aime beaucoup aller là où on ne va pas assez souvent, les petits coins du monde un peu délaissés par les touristes, j’ai parfaitement trouvé mon bonheur dans cette région qui m’a agréablement surprise. Vous croyez encore que Thetford Mines n’est qu’une ville strictement liée à son lourd passé minier ? Je vous démontre tout le contraire dans les lignes qui suivent!

 

Le patrimoine minier de Thetford Mines

On ne peut faire l’impasse sur le passé de la ville. L’industrie de l’amiante a d’ailleurs façonné le paysage de toute la région. Que ce soit par ses montagnes de résidus miniers dispersées sur le territoire, par cette ancienne carrière de Black Lake inondée sous des eaux turquoise ou ces vieux puits qui se dressent au-dessus de la ville.

L’ancienne carrière de Black Lake, premier arrêt du weekend, où on pompa le lac et détourna le lit de la rivière Bécancour pour faire place à un immense puits minier (accès gratuit).


La légende raconte qu’en 1876, des hommes, partis à la cueillette de bleuets, tombèrent sur un étrange rocher verdâtre et que ce fut la découverte des premiers gisements. La région se révéla rapidement comme l’une des sources du minerai les plus importantes du monde.

La mine Flintkote, en opération de 1945 jusqu’à l’épuisement du minerai en 1971. On retirait de sa terre 2000 tonnes d’amiante par jour! Aujourd’hui, on peut y faire de la plongée sous-marine.

 

On se croit parfois dans les Alpes. À d’autres moments, je me suis retrouvée directement devant les terrils de Lens que j’avais découverts en février. Paysages et patrimoine minier s’entremêlent merveilleusement par ici. Ne ratez pas d’ailleurs la visite du Musée minéralogique et minier pour en apprendre encore plus sur la grande Histoire de l’amiante dans la région.


La cour-arrière de la région de Thetford

La nature constitue l’arrière-cour de Thetford Mines. Si vous êtes amateurs de randonnées, c’est un endroit rêvé et bien moins couru que plusieurs autres. La région est, entre autres, desservie par un de nos grands parcs, le Parc National de Frontenac. Ce parc connût jadis la colonisation et l'industrie forestière. Mais on y trouve aussi une grande tourbière où on peut randonner tout en admirant sa flore particulière (oui, c’est la rando que j’ai fait par un magnifique samedi matin). Arbres rabougris et bien moins grands qu'il n'y paraît, orchidées sauvages et mousse colorée. Et tout ça à quelques kilomètres de la ville.

J’étais partie avec toutes les bonnes intentions du monde en planifiant une deuxième rando dans le parc ce jour-là. Mais après m’être arrêtée pour une pause rafraichissante au bord du grand Lac Saint-François qui traverse le parc, j’ai plus voulu repartir du reste de la journée!

 

Il n’y a pas qu’un parc dans la région pour s’activer. Pour n’en citer que quelques-uns, vous aurez le choix entre la randonnée ou l’hébertisme aux 3 monts de Coleraine, une vue à 360o du haut du mont Adstock, l’observation de la faune au sentier de l’Étang Madore (j’avoue un petit penchant pour celui-là la prochaine fois) ou même essayer le vélorail au bord du lac Aylmer!

Le Mont Adstock vu du Parc National de Frontenac.


Et puis il y a la campagne de Thetford Mines qui est aussi tellement belle! S’y évader le temps d’une soirée d’été nous amène à la rencontre de ses paysages...

  

Balade au centre-ville de Thetford Mines

Un de mes grands plaisirs de ce (trop court) weekend fut de me balader en ville. Au détour des rues, on croise des pans complets de l’histoire de la ville sous bien des formes, son architecture d’époque mais aussi son âme artistique et d’agréables terrasses où faire une pause. Une belle surprise que ce centre-ville où il fait bon s'y promener!


Ne manquez pas de vous arrêter à la Place des pionniers, un lieu de mémoire aménagé pour rendre hommage aux premiers habitants et qui raconte leur rôle dans la fondation de la ville. Vous y découvrirez, comme moi, l’ancien métier de gobeuse et la place des femmes dans l’industrie de l’amiante ou les conditions de vie des mineurs d’autrefois.

L’ancienne gare de Thetford Mines, lieu de naissance du développement économique de la région, est devenue la Station des arts. L’endroit a dorénavant pour mission de promouvoir la culture et le patrimoine de la ville.



Des adresses gourmandes à Thetford Mines 

Honnêtement, je ne croyais pas au départ faire d’aussi bonnes récoltes d’adresses gourmandes en si peu de temps (mes excuses aux gens de Thetford Mines, vous m’avez réellement bluffée)! J’irais même jusqu’à dire que j’ai fait la découverte d’une des meilleures tables du Québec, rien de moins et je débute par celle-ci… 


M – l’Artisan Culinaire

56 rue Bennett Est 

De l’entrée au dessert en passant par la belle carte des vins, tout était absolument exquis chez M - l’Artisan Culinaire (oui, j’abuse volontairement des superlatifs ici, sans aucune honte)! Le canard décliné de deux façons était un délice. Le restaurant, ouvert il y a un an à peine, est tenu par un chef de la région qui a fait ses classes chez d’autres adresses réputées du Québec et ça paraît. Mention spéciale pour le service aussi. Tsé quand la serveuse connaît bien le menu, la provenance des produits et la préparation des plats, l’expérience ne peut qu’être meilleure! Et un menu très abordable vu la qualité offerte. Ai-je besoin d’ajouter que je vous le recommande fortement ?!?

  

Microbrasserie La Porte d’à Côté

68 rue Notre-Dame Ouest 

Dans un style plus décontracté, la microbrasserie La Porte d’à Côté est aussi une adresse à retenir. Une carte très intéressante de bières brassées par la maison à partir de produits locaux aux noms qu’on voudrait tous essayer, des cocktails rafraichissants, une belle terrasse et un mac n’ cheese réussi, quoi demander de mieux pour un vendredi soir convivial ?!?

Fromagerie La Bourgade

818 boul. Frontenac Est 

Parce que toute escapade au Québec qui se respecte doit passer par une poutine locale, on s’arrête à la Fromagerie La Bourgade mais on s'y arrête aussi pour faire le plein de produits régionaux au comptoir marché de cette friterie. Le bourgadet en grains, le cheddar au chili ou les terrines régionales, vous en ramènerez certainement à la maison.

  

Kiosque Choco-Latté

4 rue Bennett Est 

Pour un dîner rapide mais sans lésiner sur la qualité, pour un sandwich à apporter en rando ou pour une crème-glacée décadente à savourer sur la terrasse, c’est le Kiosque Choco-Latté du centre-ville qu’il faut fréquenter. Le grand choix de salades ou de condiments à ajouter à votre panini vous fera hésiter longtemps, croyez-moi!


 

OÙ DORMIR À THETFORD MINES ? 

Le Gîte Ambrelane

Un cocon calme et abordable dans la belle campagne thetfordoise qui sert de copieux petits-déjeuners inclus et tenu par une aubergiste sympathique d’origine suisse qui nous fait sentir comme à la maison. La déco des chambres est plutôt lourde mais on y dort bien et on y trouve toutes les commodités.

 

Le Comfort Inn Thetford Mines

Un hôtel standard et pas trop cher situé tout près du centre-ville. On sait à quoi s’attendre de cette chaîne et parfois, c’est ce qu’on cherche aussi!

 

  

Non, la région de Thetford Mines ne se définit plus que par l’amiante qui l’a vue naître. Parfaitement située entre nature et urbanité, elle a su se réinventer tout en mettant en valeur son patrimoine minier. Oubliez vos idées préconçues! Elle est loin d’être morte et bel et bien vivante. Et je vous confirme qu’un seul weekend, c’est vraiment pas assez pour tout voir! 

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à consulter le site touristique de la région de Thetford.

 

Pour découvrir d’autres escapades nature au Québec, vous pouvez vous diriger vers mes articles sur mes séjours en hébergements insolites dans Lanaudière ou en Outaouais. Pour une balade plus urbaine, pourquoi ne pas jeter son dévolu sur Baie-Saint-Paul ?!? Et pour un combo rando et gastronomie, on se tourne vers la région du Mont-Ham!

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