jeudi 28 février 2019

Poursuivre les gabians aux îles du Frioul



Ornithologie aux îles du Frioul
À la poursuite des gabians


Comme bien souvent en ce premier du mois, je me joins à l’équipe #EnFranceAussi dont le but est de faire découvrir les beautés de la France pour ce rendez-vous mensuel initié par Sylvie du blog Le Coin des Voyageurs. Toutefois, cette fois-ci, le rendez-vous est un peu spécial puisque I’m the boss! Et oui, j’ai eu l’honneur de choisir le thème du mois et parce qu’il n’avait encore jamais été abordé, c’est tout naturellement que j’ai proposé comme sujet : ornithologie! Mais attention, j’avais bien averti mes collègues blogueurs qu’il n’était aucunement nécessaire d’être un ornithologue amateur averti pour participer. La simple découverte d’un parc de quartier où se poser pour entendre chanter les oiseaux remplirait parfaitement la mission. 

Alors, prêts pour découvrir les plus beaux coins de France où admirer différents spécimens ailés??? Ça commence ici!



Je n’aurais jamais cru aimer autant les goélands avant de débarquer sur les îles du Frioul, un peu au large de Marseille. Je vous avais déjà parlé sommairement de l’endroit sur le webzine En France Aussi et ici, sur le blogue mais aujourd’hui, c’est un grand tour de ces îles que je vous propose à la poursuite des gabians. Mais qu’est-ce qu’un gabian me direz-vous? En fait, c’est le surnom, en langue occitane, que donnent les provençaux à ces oiseaux mal-aimés mais qui sont devenus, pour moi, symbole de poésie lors de ce passage à Marseille.



Avant d’y être, je ne connaissais de ces îles que le nom du château d’If, mondialement célèbre puisque étant devenu l’illustre prison du comte de Monte-Cristo dans le classique d’Alexandre Dumas, un de mes auteurs fétiches. Mais redonnons à César ce qui lui revient, c’est suite à la lecture de Benoît du blogue Des yeux plus grands que le monde que j’ai eu envie d’explorer ces îles (oui, il le sait déjà mais je le fais plus officiellement ici). Merci Benoît, tu as largement contribué à mon amour pour Marseille puisque c’est ici que j’ai eu véritablement le coup de foudre pour cette région du monde!
  

Seule façon d’accéder aux îles du Frioul, c’est par la navette Frioul Express au départ du Vieux-Port de Marseille. Plusieurs départs par jour lorsque la météo le permet pour le prix de 10,80€ aller-retour (vous pouvez aussi combiner une visite sur l’île d’If et sa prison pour 16,20€).



«…c’est ici que j’ai eu véritablement le coup de foudre pour cette région du monde!»


J’y suis débarquée par une magnifique journée de mai (mais y a-t-il des journées qui ne soient pas magnifiques dans cette ville)??!! Je tombais en plein dans la période de nidification de ces oiseaux. Il faut savoir que cet archipel est un site important pour la reproduction de ces petites bêtes méditerranéennes. Pour être précise, il s’agit de goélands leucophées qui nichent sur les flans de ces falaises de calcaire. De les entendre piailler et les voir voler au-dessus de la mer par milliers nous envoie directement dans une autre dimension. Malgré leur mauvaise réputation, c’est un spectacle fabuleux qui nous y attend! Et observer les bébés faire leurs premiers pas sur ce sol, à quelques mètres de soi, alors qu’on est simplement allongé près de l’eau pour un brin de bronzette, est une expérience passablement intéressante.
  


«De les entendre piailler et les voir voler au-dessus de la mer par milliers nous envoie directement dans une autre dimension. Malgré leur mauvaise réputation, c’est un spectacle fabuleux qui nous y attend!»








Plusieurs autres espèces ornithologiques peuvent aussi être observées aux îles du Frioul. On parle d’espèces marines comme le cormoran ou d’espèces rupestres comme le faucon pèlerin ou le grand-duc d’Europe ou même d’espèces des garrigues telles que le rouge-queue noir ou la fauvette. Mais le gabian reste le principal emblème des îles. Saviez-vous que l’envergure de ses ailes peut atteindre près de un mètre? Qu’il se distingue des autres types de mouettes par ses pattes jaunes? Que le point rouge sur le bec des adultes au printemps est causé par leur progéniture qui y frappe de leur petit bec pour réclamer la nourriture? Qu’il fut une espèce en voie de disparition pas plus tard qu’au début du XXe siècle? Avouez que même si on ne l’apprécie pas particulièrement, son extinction complète rendrait bien plus triste les ports de Provence! En vieillissant, les petits blanchissent pour atteindre leur maturité autour de 4 ans.



«Observer les bébés faire leurs premiers pas sur ce sol, à quelques mètres de soi, alors qu’on est simplement allongé près de l’eau pour un brin de bronzette, est une expérience passablement intéressante.»


Pour profiter de la journée (parce que je crois qu’il faut prévoir toute une journée pour mieux découvrir lentement les îles), je suis arrivée au port du Frioul dès le premier trajet du matin. L’archipel des îles du Frioul est composée de quatre îles : l’île d’If (où se trouve l’ancienne forteresse construite en 1516 devenue rapidement prison puis lieu touristique en 1890), l’îlot Tiboulen, l’île Ratonneau (où se situe les bâtiments historiques mais aussi la principale plage de l’endroit) et l’île Pomègues (parfaite pour la randonnée et plus sauvage). Les deux dernières îles sont reliées entre elles par la digue Berry érigée en 1822 sous Louis XVIII et le port se trouve en plein centre. Bordé de petits cafés, c’est ici que j’ai débuté cette journée, attablée à une terrasse avant de partir en randonnée. Vous pourrez aussi y manger mais je conseille largement de prévoir le pique-nique!

Île d'If et sa célèbre prison



Les deux plus grandes îles ont un passé militaire puisque l’archipel possède une localisation stratégique à l’entrée du port de Marseille et on y voit encore les forts de l’époque tout comme l’hôpital Caroline qui accueillit jusqu’en 1941 les voyageurs mis en quarantaine avant d’atteindre la ville. Elles regorgent aussi de sentiers et de petites calanques, criques ou plages que j’ai pris grand plaisir à traverser, à m’y poser ou à photographier.





D’abord, il y a la calanque de Frioul où je me suis prélassée bien plus longtemps que prévu, complètement seule au monde, puis la plage du Grand Soufre où je me suis assise en laissant mon regard voguer vers l’horizon. Ensuite, la calanque de Morgiret où semblait se rassembler la jeunesse chic de Marseille en sirotant leurs cocktails sur le pont de leur yacht. Enfin, j’ai terminé la journée doucement sur la jolie plage de la calanque de Saint-Estève, lieu familial s’il en est un le week-end. Et partout, si vous êtes un peu trop curieux, les amis gabians vous le feront savoir et tenteront de vous éloigner. C’est qu’ils peuvent être protecteurs de leurs petits ces oiseaux et lorsqu’ils foncent droit sur vous au détour d’un sentier, ça craint!




Et maintenant, j’espère que vous éprouvez vous aussi un nouvel attachement pour les goélands. Ils sont quand même mignons, non??!! Mais surtout, je souhaite vous avoir convaincus d’aller voir les îles du Frioul de plus près. Ça changera peut-être votre vie de voyageur à vous aussi, qui sait…





Pour découvrir tous les autres articles des collègues blogueurs sur le même thème, c’est par ici :

#EnFranceAussi sur le thème « ornithologie » (tous les liens à venir au cours des prochains jours).


Pour d’autres rendez-vous ornithologiques au Québec ou en France, suffit de suivre les liens ci-dessous!






VOUS AIMEZ? ÉPINGLEZ-MOI!

vendredi 8 février 2019

Bâton-Rouge, on y va ou pas ?




Bâton-Rouge
Petits plaisirs touristiques pour apprécier la ville


Un an après être revenue de la Louisiane et vous avoir abondamment parlé de la mythique Nouvelle-Orléans (tous les liens se trouvent à la fin de l’article), je termine enfin le récit de ce petit séjour américain ici! Vous ne vous en rappelez peut-être pas mais avant de déposer mon sac dans cette ville du sud de l’état, j’avais débuté mon escapade cajun par la capitale, Bâton-Rouge, où j’avais d’abord atterri avec plusieurs heures de retard. En débarquant trop tard dans la ville, je n’ai pu passer qu’une seule journée à Bâton-Rouge alors que j’avais prévu d’y passer presque 2 jours. Mais finalement, ce fut suffisant.

On m’avait prévenue avant le départ, Bâton-Rouge est loin d’être un incontournable en Louisiane mais je tenais quand même à aller voir par moi-même. Même s’il s’agit d’une capitale américaine, la ville est très tranquille (surtout en janvier) et beaucoup plus industrialisée que je ne me l’imaginais. Toutefois, elle est très accueillante et chargée d’histoire et possède quelques petits trésors touristiques que j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir malgré tout. Et elle possède véritablement sa propre personnalité. Voici donc ce que j’y ai repéré de plus intéressant en une journée et quelques heures (avec quelques bonnes adresses où bien manger à petit prix)…

Avertissement : le système de transports en commun n’est pas très développé à Bâton-Rouge (les bus sont peu fréquents, j’en sais quelque chose) et il est quasi-impossible de héler un taxi au coin d’une rue (même en plein centre-ville, je n’en ai pas vu un seul passer, il a fallu que je téléphone à la compagnie pour en avoir un). Ici, on est en plein dans la culture de l’automobile où tout le monde roule en ville par ses propres moyens, chacun dans sa voiture! Préparez-vous donc à marcher. Et petit conseil, prévoyez votre hébergement bien centralisé pour éviter les longs déplacements inutiles (surtout si vous voyagez sans voiture).



«…elle est très accueillante et chargée d’histoire et possède quelques petits trésors touristiques que j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir malgré tout. »


Quartier Ardenwood

Arrivée en fin de journée (plutôt qu’en début d’après-midi tel que prévu au départ), je suis allée directement m’installer au logement que j’avais réservé, un peu à l’écart du centre (ce qui me fait dire que j’aurais perdu moins de temps et d’argent en taxi si j’avais été mieux placée) et j’ai profité des dernières heures de la journée pour explorer le quartier, soit celui de Ardenwood. Quartier plutôt résidentiel, traversé par la longue Government Street, j’y ai surtout déniché de jolies œuvres de street-art et un petit café sympathique où me ravitailler avant d’aller dormir (voir l’adresse à la fin de l’article)!






La riverfront du Mississippi

Ce fut mon premier contact avec ce fleuve légendaire des États-Unis, le Mississippi. La promenade qui le longe est vraiment belle, parsemée de sculptures d’un artiste islandais se voulant une réflexion sur la diversité sociale et culturelle. Entre docks et bateaux à aubes, y flâner pour observer simplement les cormorans plongeants ou se recueillir au mémorial des anciens combattants du Vietnam sous un ancien avion de chasse de la Navy fut mon premier petit plaisir de ce séjour.

On y retrouve aussi le USS Kidd Museum, un ancien destroyer américain amarré le long des quais et ayant servi pendant la deuxième guerre mondiale. Je ne l’ai pas visité mais on dit que les enfants adorent.

Le riverfront et le USS Kidd




Old State Capitol et le New State Capitol

Étant capitale de la Louisiane, Bâton-Rouge héberge bien évidemment le siège du gouvernement d’état, l’ancien et le nouveau. Malheureusement pour moi, l’Old State Capitol était fermé lors de mon passage pour rénovations mais l’architecture extérieure m’a bien impressionnée le temps de quelques photos. En temps normal, il s’agit d’un musée d’Histoire politique.




Le Capitole actuel est le plus grand siège d’état du pays, haut de 34 étages et construit tout au bout d’un joli parc. Les touristes s’y rendent surtout pour atteindre l’observatoire du 27e étage mais personnellement, j’ai eu bien plus de plaisir à admirer les chambres des représentants ou du Sénat. Se retrouver dans l’antre de la politique américaine, entourée de sculptures, de riches tapisseries ou de gravures remarquables valait tout à fait la visite!






Pentagon buildings

Situé au coin de State Capitol Drive et de la River Road, je suis tombée tout à fait par hasard sur Pentagon buildings (aussi appelé Pentagon barracks). C’est son architecture caractéristique toute de briques rouges qui m’a fait traverser la rue pour aller voir de plus près. J’ai senti de loin que tout un pan de l’Histoire américaine s’était déroulé ici. Ayant longtemps servis de garnisons pour les troupes américaines, les bâtiments semblent sortir tout droit de la guerre de Sécession. On imagine aisément la vie quotidienne des soldats en ces lieux entre deux entraînements militaires. De nos jours, les locaux sont utilisés par les politiciens de passage. Une belle découverte dans cette tournée rapide de la ville.



«J’ai senti de loin que tout un pan de l’Histoire américaine s’était déroulé ici.»


Louisiana State University

J’ai terminé cette journée à Bâton-Rouge par une balade sur le campus de la Louisiana State University (LSU pour les intimes). Typique des grands campus universitaires américains, ce n’est pas Harvard mais l’atmosphère y est bien semblable. Entre anciennes facultés datant de 1860 et allées gazonnées, on finit tous par aller saluer la mascotte de l’école, Mike, septième du nom. Parce qu’évidemment, qui dit université américaine, dit équipe de football et ici, c’est les Tigers qui sont les héros du coin!






Quelques adresses pas chères testées et approuvées

Brew Ha-ha! (711 Jefferson Highway): Le petit café sympathique mentionné au tout début. Déjeuners, sandwichs et viennoiseries.

Poor Boy Lloyd’s (201 Florida Street) : Le temple du fameux sandwich Po’Boys! On commande au comptoir en entrant, on vient vous servir à table lorsque c’est prêt et on paie en ressortant par l’autre porte. C’est bon, c’est convivial et tout le monde se connaît ici.

Louie’s Cafe (3322 Lake Street, sur le campus) : Un «diner» dans la plus pure tradition américaine tant dans le menu que la déco et une institution à Bâton-Rouge.

The Big Squeezy (327 North Blvd) : Des jus détox, des smoothies frais ou des soupes santé, l’endroit parfait pour une pause. Plusieurs succursales dans la ville.




Si je n’y étais pas allée, j’aurais regretté de ne pas avoir découvert la capitale en me demandant si je n’avais pas raté quelque chose. C’est vrai que ce n’est pas nécessairement un incontournable mais elle mérite tout de même un arrêt si on passe par là. Elle reste une ville agréable et intéressante qui se visite bien en une journée si on est bien installé au centre-ville (pour éviter la perte de temps et d’argent en déplacements). Alors, Baton Rouge, on y va ou pas? Bien sûr! On s’y arrête, on prend le pouls de la ville, on n’en attend rien de particulier et finalement, on s’y plaît bien!


Pour compléter votre voyage en Louisiane, suivez les liens ci-dessous!