mercredi 4 avril 2018

NOUVELLE-ORLÉANS : ON MANGE QUOI… ET OÙ!



Petit guide pratique et bien personnel


Vous le savez peut-être déjà, la Nouvelle-Orléans  est reconnue comme une des meilleures destinations américaines (et même internationales) en matière de gastronomie. Ce fut même un peu (beaucoup!) pour cette raison que je l’ai choisie cet hiver. Mélangeant des influences américaines, créoles, cajuns, françaises et espagnoles, sa cuisine se découvre à coup de mets parfaitement épicés, de saveurs marines, de viandes surprenantes et de gourmandises sucrées. Pour ce dernier opus qui clôt ma série sur cette ville unique, je vous dresse une liste de tous ces délices qui se sont retrouvés sur mon chemin et les endroits où je les ai dégustés. Et on peut dire que le dicton de la ville est de circonstance pour cet article : « Laissons les bons temps rouler »!




Petit guide de la gastronomie Néo-Orléanaise

Les plats typiques de la ville sont multiples et légendaires! Dans plusieurs établissements, vous pourrez tenter les expériences culinaires suivantes :

Le po’boy : sandwich garni de viandes froides, de bœuf rôti ou de fruits de mer frits servis dans un pain baguette. Le nom vient de la contraction des mots « poor boy » (pauvre garçon). Plat qui s’adressait d’abord à une classe plus pauvre, il est devenu un riche représentant de la tradition louisianaise.

Le jambalaya : spécialité culinaire à base de riz créole épicé auquel on ajoute de la saucisse, des crustacés ou des huîtres. Plat tellement reconnu mondialement que même Hank Williams en a fait une chanson!

Les muffulettas : sandwich typique de la ville créé par ses immigrants italiens et garni de viandes froides italiennes, de fromage et parfois, d’olives. Les plus célèbres sont vendus au Central Grocery (923 Decatur Street), lieu original de leur création mais attention, la demi-portion est souvent suffisante pour 2 personnes.

Le gumbo : ragoût tirant ses racines de la Louisiane française composé habituellement de tomate, de volaille ou de crustacés et servi sur du riz dans un bouillon épicé. J’y avais goûté lors de mon passage à Bâton-Rouge, quelques jours plus tôt (article sur cette ville à suivre bientôt!) et je m’excuse à l’avance, mais je n’ai pas été tout à fait emballée (ça arrive!).

Les beignets : Gourmandise par excellence de la Nouvelle-Orléans! Pâte soufflée et frite sur laquelle on saupoudre du sucre à glacer. Le Café du monde (800 Decatur Street, French Market) est l’endroit reconnu mondialement pour les déguster. La file d’attente étant toujours très (trop!) longue, j’ai une autre adresse ci-dessous à vous proposer.





Mes adresses gourmandes testées et approuvées 
(ou petit complément aux guides de voyage!)

Je vous les livre pêle-mêle, selon les quartiers visités aux quatre coins de la ville. Les prix indiqués pour les restaurants sont approximatifs d’un repas simple (entrée et plat principal) pour une personne sans alcool et en dollars américains. À mentionner : plusieurs cartes proposent des plats végétariens (j’ai même été très surprise d’y voir un aussi grand nombre d’établissements en proposant!).


801 Royal : Mon premier repas à la Nouvelle-Orléans fut dans un petit pub croisé par hasard sur Royal Street, au numéro 801 et j’ai su immédiatement que la gourmande que je suis serait choyée dans cette ville. Portant le nom de son adresse, le 801 Royal, j’ai dégusté du poulet frit digne de mention. Il faut savoir que le poulet frit à la Nouvelle-Orléans est une institution offert dans la plupart des fast-foods mais celui-ci était particulièrement bon et juteux. J’y ai aussi découvert que dans cette ville, les bloody caesars sont excellents et garnis bien différemment de chez-nous! Environ $30

801 Royal Street, Vieux Carré Français





Sucré : Pâtisserie du quartier français également rencontrée au hasard d’une promenade matinale alors que j’avais un petit creux. Ça tombait bien, la vitrine où s’affichaient aux regards les macarons colorés de la boutique m’a tentée instantanément! J’ai opté pour une dégustation de chocolats aux couleurs du carnaval et d’un thé réconfortant en cet avant-midi frisquet mais tout me faisait envie. On y vend aussi des glaces, des gâteaux et des guimauves faites maison.

622 Conti Street, Vieux Carré Français







Café Amélie : Parce que j’avais envie d’un repas plus chic et de découvrir une belle adresse de la ville, j’ai soupé un soir au Café Amélie. À l’arrivée, on remarque sa magnifique terrasse où il doit être très agréable d’étirer l’heure du lunch lors des beaux jours. Ce fut un excellent choix. On y trouve quelques plats traditionnels mais on y mange surtout une cuisine européenne. La soupe de lentilles était délicieuse et les pâtes du jour étaient exactement ce dont j’avais envie ce soir-là! Juste à côté, vous trouverez la Petite Amélie, petite sœur du restaurant au menu plus abordable. Environ $40

912 Royal Street, Vieux Carré Français





Royal Praline Company : Boutique où sont vendues les fameuses pralines, ces bonbons représentatifs de la Nouvelle-Orléans faits de crème, de sucre et de pacanes. Vous en trouverez partout dans cette ville mais mes pas m’ont portée jusqu’ici pour y goûter. C’est le cadeau idéal à ramener à la maison!


300 Royal Street, Vieux Carré Français





Café Maspero : C’est en revenant des bayous, alors que j’étais légèrement frigorifiée, que je suis entrée dans le premier restaurant rencontré et ce fut le Café Maspero. Le restaurant propose des classiques de la cuisine créole et cajun à petits prix. C’est un endroit animé et couru dans un décor rappelant les anciennes grandes brasseries parisiennes. La soupe à l’oignon gratinée que j’ai choisie pour me réchauffer était épatante. Mention spéciale à la très sympathique serveuse qui m’a gentiment recommandé de me contenter de la petite portion de jambalaya et m’a ainsi fait épargner quelques dollars! Environ $15

601 Decatur Street, Vieux Carré Français





Magazine Po’boy Shop : Après un avant-midi à sillonner Garden District, alors que je finissais ma tournée du chic quartier par la rue Magazine, je suis tombée sur cet endroit parfait pour un lunch abordable et sans chichi que l’on commande directement au comptoir. Ici, vous êtes véritablement dans l’antre du po’boy décliné sous toutes ses formes. Ma salade d’huîtres frites n’était pas piquée des vers non plus! Environ $12


2368 Magazine Street, Garden District





Morning Call Coffee Stand : Une belle terrasse au cœur du City Park, une institution vieille de près de 150 ans, les fameux beignets au sucre offerts 24 heures sur 24 et sans file d’attente, il ne m’en fallait pas plus pour que je m’y attable par une magnifique journée de janvier! Tous les grands classiques de la cuisine louisianaise y sont également proposés. Attention, on n’y accepte que l’argent comptant. Environ $10


56 Dreyfous Drive, City Park





Buffa’s : Établi depuis 1939 sur la belle avenue Esplanade, ce sympathique resto-bar présente un menu caractéristique de la cuisine américaine composé d’une longue liste de burgers gourmands. J’y suis entrée alors que l’équipe locale de football jouait un match crucial de séries diffusé sur les écrans du restaurant. Résultat : une ambiance survoltée et conviviale! L’endroit reçoit aussi presque quotidiennement des groupes musicaux. J’y ai testé l’alligator à l’étouffée sur les conseils du chef qui qualifiait sa plus récente création de carrément géniale et il avait bien raison! Environ $15

1001 Esplanade Avenue, À la limite du Vieux Carré Français et du Quartier Marigny



Marigny Brasserie : J’y ai passé ma toute dernière soirée à NOLA et en suis repartie bien peinée de devoir quitter. Un de mes coups de cœur dans cette ville sur la festive Frenchmen Street! Un décor élégant, une cuisine d’inspiration européenne à laquelle se marie à merveille les saveurs sud-américaines, des cafés Baileys pour terminer la soirée accoudée au bar accompagnée d’un talentueux groupe de jazz et vous comprendrez mon bonheur éphémère! Et puisque j’allais repartir sans avoir encore dégusté l’écrevisse emblématique, j’ai plongé tête première dans les plats mettant ce petit crustacé en vedette! Environ $35

640 Frenchmen Street, Quartier Marigny






Pour plus d'articles sur la Nouvelle-Orléans, c'est par ici:

Sensations à Nola

Ma Nouvelle-Orléans
Dans les bayous

Le jour où je me suis prise pour Scarlett O'Hara




samedi 10 mars 2018

LE JOUR OÙ JE ME SUIS PRISE POUR SCARLETT O’HARA




Si vous me suivez régulièrement (comment pourriez-vous faire autrement, non??!!), vous savez déjà que la visite d’anciennes plantations sudistes était un incontournable de mon voyage en Louisiane. Je ne pouvais absolument pas passer à côté. Depuis mon adolescence (en fait, depuis que j’avais vu le magnifique «Autant en emporte le vent» vers l’âge de 14 ou 15 ans), je rêvais de voir de près l’une de ces plantations typiques du Sud des États-Unis où trône en reine au milieu des champs l’une de ces immenses demeures aux colonnades blanches sorties directement d’un épisode de la guerre de Sécession. Haaa ce que peut engendrer chez une fille l’imaginaire hollywoodien!




Puisque je voulais que cette journée reste gravée dans ma mémoire, j’avais fait beaucoup de recherches au préalable sur les différents circuits proposés par les tour-opérateurs de la Nouvelle-Orléans puisque j’allais voyager sans voiture. Comme je vous l’ai déjà expliqué ICI et ICI, il en existe plusieurs qui offrent diverses excursions combinant habituellement deux plantations situées dans la région de Vacherie, à quelques kilomètres au Nord de NOLA (certains proposent aussi le combo plantation-bayous en une journée). Si vous louez une voiture sur place, vous pourrez visiter toutes celles que vous désirez en suivant la route des plantations longeant le Mississippi.


J’ai choisi de faire affaire avec Louisiana Tour Company pour un tarif de 82$ US. Pourquoi? D’abord parce que je voulais absolument mettre les pieds à Oak Alley Plantation, la plus connue (oui, c’est aussi la plus touristique mais que voulez-vous, c’était non négociable et j’étais hors-saison après tout!) mais surtout, celle qui répondait exactement aux idées que je me faisais d’une plantation : majestueuse, toute blanche et, avec sa longue allée de grands chênes, ultra photogénique!

L'imposante demeure de Oak Alley Plantation impressionne dès le premier regard

Autre point très important pour moi, la compagnie nous laissait plus d’une heure libre sur place avant la visite guidée. De quoi m’en mettre plein la vue (et l’appareil-photo! J’ai d’ailleurs mitraillé le domaine sous tous ses angles pendant ce temps libre).  C’est par curiosité que j’ai choisi comme deuxième visite celle de Laura Plantation. Aux accents créoles et tout à fait différente de l’idée que l’on se fait des luxueuses demeures de planteurs, j’étais intriguée de la voir de plus près. Et je vous le dis d’emblée : ce fut un excellent choix!

L'invitant balcon de Laura Plantation


Oak Alley Plantation


Avant même d'y être, je voulais absolument immortaliser cet endroit. Cette photo a été prise des milliers de fois mais c'est toujours spécial quand c'est toi qui la prends!

Le mini-bus de la compagnie qui offrait cette excursion est venu me chercher à la porte de l’auberge à l’heure prévue pour nous mener d’abord vers Oak Alley Plantation. L’heure du midi approchant, j’ai choisi de me restaurer à la cafétéria de l’endroit (il existe aussi un vrai restaurant sur les lieux mais je voulais profiter au maximum du temps qui m’était alloué avant la visite guidée et on nous avait prévenus que le service pouvait être un peu long) et le sandwich était très bon. Nous y avons même débarqué plus tôt que prévu et j’avais donc du temps devant moi pour faire le tour de la propriété. Et je n’ai pas été déçue, loin de là! Entourée de champs de cannes à sucre (ha oui, j’ai oublié de vous mentionner qu’en Louisiane, c’était la canne à sucre qu’on y cultivait!), je me suis promenée entre les anciens bâtiments réservés aux esclaves jusqu’au manoir.


Quartier des esclaves à Oak Alley Plantation. Chaque case comprenait deux pièces séparées qui étaient chacune occupée par une famille différente de 6 à 15 personnes.



Et ce manoir, photographié maintes fois, avec sa longue allée de 28 grands chênes plantés dès le début du XVIIIe siècle est encore plus beau et majestueux en vrai. J’ai aussi pris le temps de déambuler dans les jardins attenants en m’imaginant maîtresse des lieux. J’ai même cru que la dure mais passionnée Scarlett du film sommeillait en moi! Tout semble carrément magnifié ici.



Les jardins de Oak Alley Plantation aménagés par Josephine Stewart, dernière maîtresse des lieux

Au-delà de la propriété se dressent les champs de cannes à sucre



La visite guidée de l’intérieur est aussi fort intéressante. On nous raconte principalement l’Histoire des familles françaises et américaines qui ont exploité les lieux depuis 1837, date de sa fondation, de leur mode de vie et de leurs petits et grands secrets.



L'inventaire des domestiques de la maison.
Ligne 91: Antoinette âgée de 34 ans estimée douze cents piastres
Ligne 92: Simon (fils d'Antoinette) âgé de 18 ans estimé mille piastres
Ligne 93: Marianna mûlatresse couturière âgée de 30 ans, cinq enfants, Charles de 10 ans, Raphaël de 7 ans, Rosalie de 5 ans, Elizabeth de 2 ans, Geneviève de 10 mois, estimés ensemble quinze cents piastres
Ligne 94: Anna négresse blanchisseuse de 45 ans estimée neuf cents piastres
Ligne 95: Rose mûlatresse créole âgée de 36 ans, deux enfants Nicholas de 3 ans, Céleste de 10 mois, estimés ensemble mille piastres...


Lorsque les portes à l’étage s’ouvrent et que je m’avance sur le grand balcon principal, la fameuse allée de chênes s’élevant devant moi, je vous jure que j’ai entendu à mon oreille la célèbre : «Ma chère, I don’t give a damn!» Non Rhett Butler, c’est trop beau, trop parfait ici, je ne peux pas m’en ficher!





Laura Plantation




Un de mes grands plaisirs lorsque je voyage, c’est de découvrir un endroit inattendu qui devient un coup de cœur et ce fut le cas à Laura Plantation. Peut-être parce que je n’avais pas d’attente particulière, j’ai vraiment été charmée par cette plantation colorée. Charmée oui, mais surtout émue. Malgré mon grand intérêt pour l’Histoire de la guerre civile américaine et même si ma formation d’historienne m’a appris beaucoup sur le passé esclavagiste des grandes plantations, voir de près les lieux et les conditions de vie de ces esclaves de la Louisiane m’a profondément touchée. Parce qu’ici, on vous montre et vous raconte surtout ce triste pan de l’Histoire des noirs en Amérique.

Habitation du contremaître de Laura Plantation

La canne à sucre

Ancienne maison de Henriette, une des femmes de la famille, qu'elle se fit construire sur le domaine

La visite de Laura Plantation débute avec la riche histoire de la famille Duparc qui fit construire la maison dès 1804 et de plusieurs générations de femmes qui s’y succédèrent au fil des siècles. De Nanette à la fameuse et moderne Laura, en passant par Elizabeth, toutes ont laissé leur marque sur cette propriété qui fut exploitée jusqu’en 1984. À la mort de Laura (née en 1861 sous Lincoln et décédée en 1963 sous Kennedy), on imagine bien que c’est toute une facette de l’histoire du sud des États-Unis qui disparaît.


Laura, de l'âge de 18 ans jusqu'à ses derniers jours

Les jardins de Laura Plantation

La deuxième partie de la visite nous amène dans les quartiers des esclaves. C’est alors qu’on prend toute la mesure de leur pauvre vie, entassés à plusieurs dans de minuscules cases d’une seule pièce, non chauffées. Et comme il faisait froid quand j’y suis passée, je pouvais imaginer la misère qu’on pu éprouver ces hommes, ces femmes, ces enfants lors de certaines nuits d’hiver. L’émotion y est vraiment palpable.

L’esclavage avait bien été aboli après la guerre de Sécession en 1865 mais la plupart des esclaves, sans argent et n’ayant pas d’autres endroits où poursuivre leur vie d’hommes libres, demeurèrent sur les plantations. Pour la quitter définitivement, les familles devaient alors rembourser leurs frais de subsistance (vêtements, nourriture) à leurs anciens maîtres. C’est ainsi que j’ai appris avec stupéfaction que la toute dernière famille noire à avoir quitté Laura Plantation le fit en… 1977! Bouleversant, n’est-ce pas ???

Case où habita la toute dernière famille d'esclaves de Laura Plantation


Toute une famille d'esclaves s'entassait dans une unique pièce dépouillée, modeste et non chauffée. On installait des hamacs au plafond pour dormir. Les familles cuisinaient à l'extérieur. Dans les dernières années d'exploitation, on construisit enfin des cheminées et on ajouta une pièce de rangement.

À la fin de la journée, en nous ramenant vers la Nouvelle-Orléans, notre chauffeur nous propose de faire un petit arrêt photo à Evergreen Plantation et tout le monde à bord acquiescèrent rapidement pour une seule raison. Tout aussi typique que sa grande sœur, Oak Alley Plantation, Evergreen et l’interminable allée d’arbres qui la jouxte vous dira peut-être quelque chose puisque son principal intérêt est d’avoir été le lieu de tournage de Django Unchained, chef-d’œuvre du cinéaste Quentin Tarantino!


Evergreen Plantation


J’attendais beaucoup de cette journée qui s’avéra forte en émotions et je n’ai, en aucun moment, été déçue. Ce fut réellement à la hauteur de mes attentes. J’ai beaucoup appris, les guides rencontrés étaient intéressants, je me suis extasiée devant la beauté des lieux, j’ai été remuée et impressionnée. Que demander de plus??!! Je ne peux donc que vous recommander ce passage lors d’un séjour en Louisiane et je crois que peu importe les plantations visitées, vous en reviendrez agréablement surpris.

Non, ce sourire n'est pas feint!

Dites-moi, si vous avez déjà fait la visite d’une ancienne plantation, avez-vous aimé l’expérience autant que moi??? Et sinon, est-ce un rêve que vous caressez?